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Les dix meilleurs juniors

L’Année 2017 touche à sa fin. Il est grand temps pour moi de procéder à une série de rétrospectives pour vous faire revivre les grands moments de la saison, vous présenter ceux qui l’ont animée et ceux qui marqueront sans doute 2018. Deuxième étape : présentation en six parties des joueurs ayant marqué 2017. Sixième partie : les 10 meilleur(e)s juniors en 2017.

Hommes :

Corentin Moutet (FRA, né le 19 avril 99, meilleur classement ITF : 7e, ATP : 154e) :

La France a connu une génération dorée qui a atteint des sommets inédits ces 10 dernières années. En effet, Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils et Richard Gasquet, tous nés entre fin 84 et mi-86, ont chacun atteint le Top 10 et disputés des finales et demi-finales des plus grands tournois du circuit. Mais ces joueurs sont sur le déclin et, pour les remplacer, nos voisins comptent bien sûr sur Lucas Pouille mais surtout sur le jeune et talentueux Corentin Moutet.

Le Parisien est suivi par sa fédération depuis très longtemps. Vainqueur des championnats de France dans toutes les catégories d'âges, fait unique, il a également terminé la saison 2013 à la première place européenne des U14 et était encore 10e chez les U16 l'année suivante. Il s'est alors tourné vers le circuit junior où il a atteint une première demi-finale en Grade A à Osaka en 2014. Finaliste des Championnats d'Europe en 2016 (il avait dû abandonner contre Stefanos Tsitsipas), il s'est consacré sur les plus gros tournois cette saison. Il a ainsi remporté un Grade 1 en Australie, de nouveau perdu en finale des Championnats d'Europe et en demi à l'Open d'Australie et à Wimbledon. Avec Geoffrey Blancaneaux, un autre bon espoir français, il a également survolé la Summer Cup (Coupe Galéa), le championnat d'Europe par équipe des U18. Ces résultats lui ont permis d'atteindre la 7e place mondiale en août.

Mais c'est chez les pros qu'il s'est montré le plus performant, ce qui lui vaut, de par son classement ATP, la première place de ce Top 5. Il atteint son premier quart de finale en Future fin 2014 à 15 ans et demi et sa première finale, en Italie, six mois plus tard. Il va chercher son premier succès professionnel en Ukraine en septembre 2016 et celui-ci est directement suivi d'un deuxième en Croatie. Classé 533e en débutant cette saison, il atteint son tout premier quart de finale en Challenger à Cherbourg alos qu'il sortait des qualifications. Au début du printemps, il dispute les demi-finales de celui de St-Brieuc puis retourne en Futures pour s'imposer à Grasse. A Bordeaux, il bat Jaziri, son premier Top 100. Après avoir consacré son été au tournoi junior, il revient en force pour atteindre deux demis en Challenger (Côme et Séville) puis remporter deux nouveaux Futures. Son premier titre Challenger tombe à Brest fin octobre, l'un des tournois les plus relevé de ce circuit. En deux mois, il gagne près de 200 places et grimpe de la 342e position aux environs du Top 150.

Joueur au caractère assez bouillant, Moutet tente d'apprendre à se contenir d'où ses récents progrès certainement. C'est un gaucher qui possède un toucher de balle et un sens du terrain incontestables et dont l'arme principale est le revers. Il a évidemment encore une belle marge de progression, notamment au service où sa petite taille (1m75) ne lui permet pas encore de développer beaucoup de puissance. On parlera certainement de lui en 2018 et peut-être dès l'Open d'Australie où il devrait recevoir une wild-card.

Félix Auger-Aliassime (CAN, né le 8 août 2000, meilleur classement ITF : 2e, ATP : 159e) :

Attention, talent ! Nation secondaire du tennis jusqu'ici, le Canada connait un boom assez incroyable depuis plusieurs années, d'abord avec Milos Raonic et Eugénie Bourchard puis, ces derniers mois, avec le très prometteur Denis Shapovalov que nous vous présentions déjà l'an dernier (cf Top 10 juniors 2016) et qui a explosé en 2017. Il pourrait bien être rejoint l'an prochain par son copain Félix Auger-Aliassime, l'un des joueurs les plus précoces de ces dernières années.

En junior, Félix a en effet débuté en avril 2014 soit quatre mois avant son 14e anniversaire, lors d'un Grade 5 dans son pays. Six mois plus tard, dans la même ville de Burlington, il dispute une première finale. Début 2015, il réalise une belle tournée au Mexique où il gagne deux titres (Grade 3 et Grade 4). Son premier gros résultat, il le réalise fin août, lorsqu'il gagne le Grade 1 de Collège Park à tout juste 15 ans. Il enchaine avec une finale à Repentigny (G1) et un titre en double à l'Us Open, avec Shapovalov. Côtes à côtes, ils remportent également la Junior Davis Cup, le championnats du monde par équipe des U16. Il termine la saison par un nouveau titre en Grade 1 au Eddie Herr. Mais c'est 2016 qui est de loin sa meilleure année chez les juniors. Il s'incline en finale de Roland-Garros, malgré trois balles de matchs galvaudées. Ensuite il atteint un quart en simple et une finale en double à Wimbledon. Il termine sa carrière chez les juniors alors qu'il vient seulement de fêter ses 16 ans en remportant l'US Open. En double, il échoue à nouveau en finale aux côtés de Benjamin Sigouin, un autre bon jeune Canadien.

Sur le grand circuit, Félix obtient son premier résultat au Challenger de Granby en 2015 où il sort des qualifs et se hisse en quart de finale. Plus concentré sur les juniors en 2016, ses résultats sont un peu moins bon. Mais à la fin de cette année, il remporte son premier titre Future aux Etats-Unis. Début 2017, il remporte un deuxième titre chez lui, à Sherbrooke, avant de se hisser en demi du Challenger de Drummondville où il est stoppé par Shapovalov. C'est sur la terre-battue de Lyon qu'il remporte un premier titre à ce niveau, en battant notamment Casper Ruud, un autre jeune talent. Une blessure au poignet le force au repos durant tout l'été mais il revient fort pour gagner un second Challenger à Séville.

Avec cette victoire, il devient le deuxième plus jeune joueur après Richard Gasquet à compter deux titres Challenger à son palmarès. Elle lui permet également d'entrée dans le Top 200 et il est le plus jeune à y parvenir (à 17 ans et 1e mois) depuis Rafael Nadal. Très athlétique (1m91), son jeu est basé sur un coup droit et un service très puissant. Sa seine rivalité avec Denis Shapovalov pourrait offrir au Canada une équipe de Coupe Davis redoutable dans le futur.

Miomir Kecmanovic (SER, né le 31 août 99, meilleur classement ITF : 1e, ATP : 209e) :  

Après l'année désastreuse réalisée par le héros national Novak Djokovic, la Serbie doit sérieusement se pencher sur sa succession. Il y a bien sûr la récente progression de Filip Krajinovic ou l'entrée dans le Top 100 du talentueux Laslo Djere. Mais c'est évidemment vers le jeune Miomir Kecmanovic, champion du monde junior en 2016 et déjà classé aux alentours de la 200e place un an plus tard.

Comme Corentin Moutet, Kecmanovic a toujours été dans les meilleurs européens de sa génération (4e des U14 fin 2013). Ses premiers pas chez les juniors ont été assez exceptionnels puisqu'il remportait son premier titre dès son deuxième tournoi, au Guatemala en mars 2014. Il ne s'arrêtait pas en si bon chemin puisqu'il remportait 31 matchs sur 32 durant la première moitié de cette année-là et décrochait 5 victoires en 6 tournois (Grades 4). Avant son 15e anniversaire, il avait donc déjà le classement pour disputer les plus gros tournois du circuit. Début 2015, il atteignait sa première finale en Grade 1 au Costa Rica puis les demi-finales de l'Open d'Australie en double. C'est d'ailleurs dans cette catégorie qu'il réalise ses meilleures performances pendant une bonne partie de l'année avant de remporter le Grade A de l'Orange Bowl en fin de saison. Son début d'année 2016 n'est pas exceptionnel mais il termine très bien avec une finale à l'US Open et au Grade A d'Osaka puis un titre au même niveau à Mexico avant de défendre son titre à l'Orange Bowl avec succès. Cette belle série lui offre la première place mondiale à seulement 17 ans et le lance définitivement vers la carrière pro.

Ses premiers pas chez les adultes sont assez timides et il faut attendre avril 2016 pour le voir en finale d'un Future, en Floride. C'est dans ce même Etat américain, à Sunrise très exactement, qu'il remporte son premier titre début 2017, alors qu'il n'est que 801e mondial. En avril, il atteint une première demi-finale en Challenger, à San Luis Potosi (Mexique) avant de remporter un nouveau Future en Turquie un mois plus tard. Les spectateurs belges ont eu la chance de le voir disputer deux tournois chez nous à Havré, où il s'est imposé, et à Arlon. En octobre, il passe un cap en remportant son premier Challenger à Suzhou, en Chine. En finale, il domine le Moldave Albot, 113e mondial ce qui constitue sa meilleure perf à ce jour.

Surnommé « Mischa », Miomir s'entraine à la prestigieuse Académie IMG de Nick Bolettieri à Bradenton depuis ses 14 ans. Ce départ loin de ses parents à un si jeune âge fut une épreuve qui a forgé son caractère. Sa maturité sur le court et son solide mental en sont probablement les conséquences positives. Elles luis sont probablement inspirées aussi par son idole Novak Djokovic avec qui il a déjà eu l'occasion de frapper la balle à plusieurs reprises.

Nicola Kuhn (ESP, né le 20 mars 2000, meilleur classement ITF : 5e, ATP : 238e) :

Encore un nouveau petit prodige que ce quatrième joueur de notre sélection. Né en Autriche, de père Allemand et de mère Russe, Nicola Kuhn déménage avec toute sa famille à Torrevieja, non loin d'Alicante, lorsqu'il a trois mois. S'il commence à disputer des tournois pour le compte de son pays d'adoption, la fédération allemande le repère et lui propose de financer ses entrainements et ses voyages s'il joue pour le pays de son père.

C'est donc avec l'équipe allemande qu'il remporte la Winter Cup des U14 en 2014. Cette année là, il s'impose également au très côté tournoi de Bolton et atteint la finale des petits As. Il termine la saison par une victoire au Masters de cette catégorie d'âge ce qui le pousse à se lancer directement sur le circuit U18 l'année suivante. Dès le mois de février, il remporte deux épreuves (G4 et G5) en Chine. Plus tard cette année-là, il dispute sa première demi-finale en Grade 1 à Offenbach et un premier quart en Grade A à Offenbach. Il est aussi élu « meilleur joueur » lors de la Coupe Davis Junior (championnats du monde par équipe) où il emmène l'Allemagne jusqu'en finale. Malgré la défaite, il remporte tous ses matchs de simple, y compris contre Auger-Aliassime. En 2016, il remporte le Grade 1 de Villena et atteint les demi-finales à Roland-Garros et les quarts à l'US Open. Cette saison, il se consacre essentiellement à sa carrière pro et ne dispute que le Grand-Chelem parisien où il se hisse cette fois en finale en simple avant de remporter le double.

C'est entre ses deux pays qu'il fait ses premiers pas sur le grand circuit en 2015. En Mai, il remporte son premier point ATP lors d'un Future à Leida. Il devient, à cette occasion, le premier joueur né après l'an 2000 à obtenir un classement. En 2016, il dispute deux demi-finales en Futures et franchit un tour au Challenger de Meerbusch. Au printemps de cette année, il obtient des invitations pour les qualifications de quelques gros tournois ATP, à Miami, Barcelone et Madrid. Dans la capitale espagnole, il s'offre le scalp du Géorgien Basilashvili, 61e mondial. Il enchaine avec une première finale en Future et, en juillet, il passe un cap important en s'imposant au Challenger de Braunschweig après être sorti des qualifs. Il atteint une autre demi-finale le mois suivant à Meerbusch.

Même si ses dernières sorties ont été moins fructueuses, Nicola Kuhn a prouvé cette année qu'il avait un des plus gros potentiels des juniors actuels. Jouant à nouveau pour l'Espagne depuis début 2016, l'élève de Juan Carlos Ferrero à Valence est un vrai terrien mais possède une belle marge de progression sur les autres surfaces. Il représente en tout cas le futur du tennis espagnol, aux côtés d'Alejandro Davidovich Fokina, un autre blondinet (lui d'origine russo-suédoise) qui s'est imposé à Wimbledon junior cette année.

Yibing Wu (CHN, né le 14 octobre 99, meilleur classement ITF : 1e, ATP : 303e) :

Si la Chine a déjà connu quelques grands moments tennistiques, c'est essentiellement du côté féminin. Grâce à Na Li surtout, gagnante de deux Grand-Chelems à Roland-Garros 2011 et à l'Open d'Australie 2014. Il y a d'ailleurs encore cinq joueuses Chinoises dans le Top 100 actuellement dont Shuai Peng, 27e. Mais chez les garçons, le meilleur Chinois de tous les temps au classement ATP est Di Wu qui a été 140e mondial l'an dernier. Son Homonyme Yibing Wu (pas de lien de parenté) pourrait toutefois être le premier champion issu de l'Empire du Milieu.

Comme les autres joueurs de ce classement, Yibing débute chez les juniors très précocemment. Il signe son premier succès, lors d'un Grade 5 en Chine, avant ses 15 ans. Six mois plus tard, il remporte son premier Grade 3 et peu participer à l'Open d'Australie où il est battu d'entrée. Fin 2015, il remporte un Grade 2 et atteint une première finale en Grade 1. C'est en février 2016 qu'il perce vraiment avec deux titres en Grade 1 coup sur coup en Thaïlande et en Malaisie. En fin de saison, il remporte encore deux Grades 2 ainsi que les Championnats d'Asie/Océanie avant de se hisser en finale à l'Orange Bowl, battu par Kecmanovic. Cette année, il ne dispute qu'une poignée de tournois importants. Demi-finaliste de l'Open d'Australie et quart de finaliste à Wimbledon, il s'impose à l'US Open et devient donc le premier homme de son pays à remporter un titre du Grand-Chelem. Il s'y impose également en double avec le Taïwanias Hsu Yu-Hsiou.

Yibing fait sa première apparition dans un tournoi pro lors d'un Future en Chine en avril 2015. Il ne quitte d'ailleurs pas son pays avant cette saison et ne réussit que très peu de bons résultats. Au mieux, il n'atteint qu'un quart en Future et franchit un tour au Challenger de Ningbo. Ca ne l'empêche pas d'être sélectionné pour la rencontre de Coupe Davis contre Taipei en février 2017 et d'y remporter son premier match (après abandon de son adversaire au cinquième set). En mars, il remporte enfin son premier Future (à Anning). Il n'est encore que 683e début août lorsqu'il atteint les demi-finales du Challenger de Chengdu, seulement battu en trois sets par le Taiwanais Lu, ancien 33e mondial. Un mois plus tard, il se hisse en finale du Challenger de Shanghai où il doit à nouveau affronter Lu. Wu remport le premier set au tie-break avant que son adversaire ne jette l'éponge et lui offre son premier titre à ce niveau. Il se hisse encore en quart à Shenzhen ce qui lui permet de faire un bond de 380 places en trois mois.

Malgré sa précocité, Yibing Wu garde les pieds sur terre. Lorsqu'on lui dit qu'il pourrait être le premier citoyen d'un pays asiatique à remporter un Grand-Chelem masculin, il répond que son objectif est, pour l'instant, d'atteindre le Top 100. Il est en tout cas la preuve que les investissements de la Chine dans le tennis, avec notamment un Masters 1000, trois autres tournois ATP et de très nombreux Challengers, commencent à payer.

Femmes :

Destanee Aiava (AUS, née le 10 mai 2000, meilleur classement ITF : 49e, WTA : 155e) :

La première joueuse de notre sélection, Destanee Aiava, est entrée dans l'histoire au début de l'année en devenant la première joueuse née après 2000 à remporter un match sur le grand circuit, puis à disputer un tournoi du Grand-Chelem. Cette Australienne aux parents samoans a battu de nombreux records de précocité dans son pays.

Dès son premier tournoi junior, alors qu'elle n'avait que treize ans et deux mois, Destanee atteint les quarts de finale d'un Grade 4. Six mois plus tard, elle reçoit une invitation pour le Grade 1 de Traralgon et se hisse en demi-finale. Cette performance lui offre une « special exempt » pour l'Open d'Australie la semaine suivante et elle y franchit deux tours. Elle enchaine ensuite 22 victoires consécutives et décroche quatre titres (Grades 4 et 3) et remporte encore un Grade 2 plus tard cette année-là. Malgré ces débuts en fanfare, elle peine à s'affirmer au plus haut niveau chez les juniors où elle n'atteindra pas mieux que le 49e rang. Après un Wimbledon 2016 où elle s'incline en qualifications, elle préfère se concentrer sur le circuit pro.

Elle reçoit des invitations pour disputer des ITF importants ($50.000) en Australie en février 2015 et elle remporte d'ailleurs un match. Ses premières tentatives en qualifications de tournois du grand circuit en janvier 2016, à Hobart et à l'Open d'Australie, s'avèrent infructueuses. Mais elle atteint une première finale en $25.000 à Canberra deux mois plus tard. Elle réalise la même performance à Tweed Heads à la fin de l'été. Mais c'est donc début 2017 qu'elle se fait réellement connaître. A seulement 16 ans, elle sort des qualifications du tournoi WTA de Brisbane et bat Bethanie Mattek-Sands dans le tableau final. Elle dispute ensuite l'Open d'Australie où elle est battue en deux sets serrés par Mona Barthel. De retour en ITF, elle remporte un $25.000 à Perth en février puis un autre à Mornington en mars. Après une demi au $60.000 de Saint-Gaudens, elle dispute les qualifications des trois autres Grand-Chelems et atteint le dernier tour à Wimbledon. Fin octobre, elle se hisse pour la première fois en finale d'un $60.000 à Canberra.

Dotée d'un gros service, Destanee rêve de marcher sur les traces de Serena Williams, son idole. Elle est pour ça coachée par sa mère, ancienne joueuse de rugby qui ne connaissait rien au tennis avant que sa fille ne s'y intéresse. C'est son père, professeur d'arts martiaux, qui s'occupe de sa condition physique. C'est avec cette structure restreinte et pour le moins inédite qu'elle a réussi à progresser jusqu'ici. Il lui reste toutefois beaucoup de chose à prouver en dehors d'Australie où elle a réalisé ses meilleurs résultats pour l'instant.

Amanda Anisimova (USA, née le 31 août 2001, meilleur classement ITF : 2e, WTA : 197e) :

Depuis dix ans, le tennis féminin américain se limitait à Serena Williams et, dans une moindre mesure, de sa sœur. La saison 2017 marque un tournant avec, d'une part, le pas de côté de Serena (l'avenir nous dira s'il est définitif) et, d'autre part, de nombreux résultats formidables d'autres joueuses. On pense évidemment à la finale de l'US Open entre Sloane Stephens et Madison Keys où encore à la belle saison de Coco Vandeweghe qui a ramené la Fed Cup au pays de l'Oncle Sam. Dans cette lignée, la progression de la jeune Amanda Anisimova, 16 ans, permet aussi aux Américains de croire en un avenir radieux.

C'est au Texas qu'elle débute sa carrière junior alors qu'elle vient à peine de fêter ses 13 ans. Elle y atteint un quart de finale en Grade 4 à son deuxième tournoi. Les spectateurs du Club Justine Hénin ont pu admirer son talent durant le Grade 4 organisé au club durant l'été 2015. Elle s'y hisse en demi avant d'être battue par Juliette Bastin. Un mois plus tard, elle se hisse en quart d'un Grade 1 aux Etats-Unis et franchit les qualifications de l'US Open junior. Elle se révèle vraiment à la fin de cette année là en remportant le Grade A de Mexico à 14 ans et deux mois seulement. Elle débute 2016 par une victoire en Grade 1 au Costa Rica puis par une finale en Grade A à Porto Allegre. Elle atteint sa première finale en Grand-Chelem à Roland-Garros et termine l'année par un nouveau titre en Grade 1. En 2017, elle ne dispute que trois épreuves. Elle s'impose à Porto Alegre, s'incline en quart à Roland-Garros mais remporte l'US Open. C'est par cette victoire qu'elle met fin à sa carrière junior alors qu'elle vient tout juste de fêter ses 15 ans.

C'est qu'après seulement un an sur le circuit pro, elle a déjà obtenu de très bons résultats. Elle commence donc sa carrière chez les adultes lors des qualifications de l'US Open 2016 où elle reçoit une wild-card et franchit un tour. On la retrouve en 2017 pour le $25.000 de Curitiba où elle sort des qualifs et poursuit sa route jusqu'en finale après une première victoire sur une Top 100 : Khromacheva. Invitée au tournoi WTA de Miami, elle perd d'entrée mais dispute deux nouvelles finales ITF au $80.000 d'Indian Harbour Beach puis au $60.000 de Dothan. Cette double performance lui permet de recevoir la wild-card attribuée à une Américaine pour le grand tableau de Roland-Garros. Elle n'y est battue qu'en trois sets par la 90e mondiale, Kurumi Nara. Elle remporte son premier ITF au $60.000 de Sacramento en juillet mais la fin de sa saison est moins brillante avec, entre autre, une défaite d'entrée en qualifications de l'US Open.

Entrainée par son père Konstantin, Anisimova n'a jamais connu la Russie puisqu'elle est née dans le New Jersey (mais vit en Floride depuis qu'elle est toute petite). Il y a des ressemblance dans son parcours avec Destanee Aiava puisque toutes deux sont nées de parents immigrés qui ont choisi de devenir coach de leur fille alors qu'ils ne connaissaient rien au tennis. Mais Anisimova est très soutenue par sa fédération ce qui devrait l'aider à franchir les dernières étapes vers le Top 100.

Anastasia Potapova (RUS, née le 30 mars 2001, meilleur classement ITF : 1e, WTA : 240e) :

Difficile de faire un top des espoirs féminins sans parler d'une jeune Russe tant la Russie parvient à placer de jeunes pépites chaque année. En fait, depuis le début de la publication de ces retrospectives annuelles en 2003, Anastasia Potapova est la dixième joueuse de son pays dont nous avons signaler le potentiel. Toutes n'ont pas confirmé au plus haut niveau mais ça devrait etre le cas de Pivovarova dont le talent a été remarqué très tôt.

Sur le circuit tenniseurope des U14, elle remporte 4 titres de Catégorie 1 dont les Petits As 2015, deux fois le Championnats d'Europe (2013 et 2014) et le Masters en 2014. Elle termine cette saison là à la première place. Alors qu'elle n'a que 13 ans, elle participe à son premier tournoi U18, un Grade 4 en Israël où elle s'impose. Un an plus tard, elle en remporte un second en Autriche puis enchaine avec un Grade 3 en Ouzbekistan, puis un Grade 2 en Bulgarie. Un peu plus tard dans la saison, elle se hisse en quart de finale de Wimbledon en simple et en finale de l'US Open en double. Elle débute 2016 par un quart à l'Open d'Australie puis atteint les demis au Grade A de Milan et à Roland-Garros (où elle atteint encore la finale en double). Mais c'est sur gazon qu'elle va vraiment exploser en alignant des victoires au Grade 1 de Roehampton et surtout à Wimbledon à seulement 15 ans. Un quart à l'US Open, une victoire au Grade A d'Osaka et une finale à celui de l'Orange Bowl la sacre comme championne du monde. En 2017, elle ne se déplace qu'à Roland-Garros où elle déçoit en simple mais atteint encore la finale en double.

Fort prise par ses résultats chez les juniors, Anastasia ne réussit aucun résultat valable chez les adultes avant le mois de mai 2016 où elle dispute les quarts d'un $10.000 en Russie. Mais ce n'est vraiment que cette année que sa progression au classement WTA commence. Elle remporte le $25.000 de Curitiba en mars puis atteint la demi-finale du $100.000 de Trnava. Son titre à Wimbledon junior douze mois plus tôt lui offre une wild-card pour le tableau qualificatif de l'édition 2017. Elle parvient à en sortir mais est contrainte à l'abandon dans le tableau final suite à une glissade contre Tatjana Maria. Sa fin de saison est moins bonne malgré un titre en double au $80.000 de Prague. En simple, elle n'atteint plus qu'un quart dans un $60.000 en Turquie.

Joueuse à la fois très offensive et très émotive sur un court, Anastasia Potapova assure le show à chacune de ses sorties. Une attitude qui devrait en faire une joueuse très populaire mais qui peut aussi lui jouer des tours. Ca aurait pu être le cas lors de la fin assez incroyable de sa finale à Wimbledon junior où elle a cru avoir remporter le match deux fois, avant que la décision ne soit invalidée par le Hawk Eye.

Claire Liu (USA, née le 25 mai 2000, meilleur classement ITF : 1e, WTA : 266e) :

Comme nous l'avons écrit plus haut, le tennis américain est en plein boom. Anastasia Anisimova a déjà pris ses marques chez les pros mais le circuit U18 a clairement été dominé par les joueuses de l'Oncle Sam cette année. On peut citer Whitney Osuigwe, vainqueur à Roland-Garros ou la très jeune Cori Gauff, battue par Anisimova en finale de l'US Open mais dont on n'a pas fini de parler. Mais c'est incontestablement Claire Liu, n°1 mondiale en juillet après son dernier tournoi junior qui a connu les meilleurs résultats.

C'est à l'US Open que Claire débute sa carrière en 2013. A seulement 13 ans, elle reçoit une invitation pour les qualifications, en sort et passe un tour dans le tableau final. Six mois plus tard, elle remporte son premier Grade 4 à Claremont et termine 2014 par une finale aux championnats panaméricains. Vainqueur des « championnats américain de Pâques » en avril 2015, elle fait partite de l'équipe qui atteint la finale de la « Fed Cup junior ». L'année suivante, elle atteint les quarts à Wimbledon et réalise de très bons résultats dans de nombreux Grades 1. A College Park par exemple où elle s'impose en simple et en double. A l'Astrid Bowl de Marcinelle, elle est battue en quart. Cette année, après un nouveau titre aux « championnats américain de Pâques », elle se hisse en finale à Roland-Garros où elle s'incline donc contre Osuigwe dans un match très serré. Très à l'aise sur herbe, elle enchaine des victoire à Roehampton et à Wimbledon (comme Potapova un an plus tôt). Ces deux victoires à Londres marquent la fin de sa carrière chez les juniors.

Car Claire est déjà active chez les pros depuis début 2015. Elle remporte son premier titre, un $10.000 à Orlando, en mars de cette année là. En 2016, elle ne réussit pas de gros résultats mais prend de l'expérience en affrontant quelques références du circuit comme Donna Vekic ou Taylor Townsend. Son classement ne décolle pourtant réellement qu'au printemps après un quart et une demi en $60.000. Elle remporte alors coup sur coup les $25.000 de Naples (en Floride) et de Caserta. A l'US Open, elle parvient à sortir des qualifications après notamment une très belle victoire sur Karatancheva. Dans le tableau final, elle est battue en deux tie-breaks par la Chinoise Duan.

Première américaine à s'imposer à Wimbledon junior depuis Chanda Rubin il y a 25 ans, plus jeune gagnante d'un ITF (à 14 ans et 10 mois) depuis Anna Kournikova en 1996, Claire Liu a depuis longtemps marqué les esprits par sa précocité. Elle possède un jeu très complet avec un gros service. Son parcours est assez différent des autres espoirs américains puisqu'elle n'a jamais intégré d'Académie privée et est restée vivre chez ses parents, venus de Chine avant sa naissance. Elle n'a pas encore décidé si elle se lancerait dans une carrière pro ou si elle passerait par le circuit universitaire après la fin de ses études en juin.

Katie Swan (GBR, née le 24 mars 99, ITF : meilleur classement 2e, WTA : 301e) :

La dernière joueuse de notre sélection, la Britannique Katie Swan, a déjà 18 ans et vient seulement de faire son entrée dans le Top 300. Mais elle aurait pu être aussi précoce que les autres joueuses de cet article si une série de blessure n'avait pas freiné sa progression. Son arrivée sur le grand circuit prouve en tout cas que le tennis féminin est en plein progrès en Grande-Bretagne.

Plutôt discrète dans les catégories d'âge inférieure, Katie a fait ses débuts chez les U18 la semaine de ses 14 ans lors d'un Grade 4 dans les Caraïbes. Elle revenait en Amérique centrale quelques mois plus tard pour disputer sa première finale à ce niveau au Guatemala. Elle termine la saison par une nouvelle demi puis une finale en Grade 3. Dès février 2014, elle remporte son premier Grade 4 à Copenhague. Peu après, elle dispute deux premières demi-finales en Grade 2 en Afrique du Sud ainsi que la finale des Championnats américains de Pâques. Elle prend part à son premier Grand-Chelem à Wimbledon mais est battue d'entrée. Après une première finale en Grade1 au Canada, elle atteint un quart au Grade A d'Osaka. Elle devient le centre de l'attention des amateurs de tennisbritanniques lorsqu'elle se hisse en finale de l'Open d'Australie 2015. A Wimbledon, elle se hisse également en quart et elle atteint la finale du Grade A de Mexico en fin d'année. Finaliste des Masters junior en avril 2016, elle ne dispute alors plus qu'une poignée de tournois U18 sans parvenir à y briller en raison de ses blessures.

Alors que ses premiers pas chez les adultes sont peu convaincants, elle parvient à remporter son premier titre $10.000 à Sharm El Sheikh, la semaine de ses 16 ans. Elle en remporte un autre à Madrid en fin d'année avant de passer à des épreuves supérieures. En 2016, elle passe à un niveau de tournoi supérieur et notamment à quelques tournois WTA. Elle reçoit une invitation pour Wimbledon mais est largement battue au premier tour. Cette année là, elle devient surtout la plus jeune britannique a disputer une rencontre en Fed Cup. Elle remporte deux matchs de poules en zone euro-africaine avant de perdre en trois sets contre Ysaline Bonaventure. En fin de saison, elle parvient en quart de finale à Lubbock ($25.000) et à Tampico ($50.000). Elle décide de repasser par deux $15.000 à Sharm El Sheikh début 2017 et elle les remporte tous les deux. Ses résultats lors des épreuves WTA sur gazon sont assez médiocres mais elle termine bien la saison dans plusieurs $25.000. Elle atteint une demi et trois quarts à ce niveau mais surtout, elle s'impose à celui d'Obidos.

Née à Bristol, Katie a déménagé à 15 ans vers Tulsa, en Arizona, pour les besoins professionnels de son père. C'est lors d'un voyage au Portugal, alors qu'elle n'a que 7 ans, qu'elle découvre le tennis. Elle suit un court dans le resort local lorsque le professeur, un ancien joueur de Coupe Davis portugais, remarque son talent et pousse ses parents à la faire continuer. Si le tennis féminin britannique s'est trouvé une championne avec Johanna Konta, il se pourrait bien que toute une génération, emmenée par Katie Swan, soit sur le point de redonner à ce pays le niveau qui était le sien jusqu'aux années 70.



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