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Les meilleures progressions du Top 100

 

Si la nouvelle génération du circuit a largement infiltré les Top 10 ATP et WTA, elle est également très présente entre la 11e et la 30e place. Sept joueurs et onze joueuses de moins de 25 ans sont en effet classés dans cette fourchette. Mais certains « anciens », qu’on croyait sur le point de s’écrouler, ont démontré qu’il fallait encore compter sur eux.

Hommes :

Denis Shapovalov (CAN, 20 ans, 27e -> 15e) :

Avec son revers à une main d’une très grande amplitude et ses qualités offensives, Denis Shapovalov est peut-être le joueur le plus spectaculaire de la formidable première génération des « Next Gens ». Et l’un des plus précoces également puisqu’il faisait son entrée dans le Top 30 un mois seulement après son dix-neuvième anniversaire, lors du printemps 2018. Les douze mois qui vont suivre ont été un peu compliqués pour le Canadien qui va reculer jusqu’à la 38e place cet été avant de rebondir en fin d’année.

Battu par Joao Sousa d’entrée lors de son premier tournoi de l’année, à Auckland, Denis se hisse tout de même au troisième tour de l’Open d’Australie où il parvient à prendre un set au futur vainqueur Novak Djokovic. Ses résultats indoors sont plutôt moyens avec des quarts à Montpellier et à Rotterdam (où il perd contre Stan Wawrinka) mais une défaite au premier tour à Marseille face à Mikhail Kukushkin. Les « Masters 1000 » américains seront la seule éclaircie d’une première moitié de saison décevante. A Indian Wells, le Canadien domine Marin Cilic et s’arrête en huitième. Il fait mieux encore à Miami où il prend la mesure de Stefanos Tsitsipas au tie-break du dernier set et poursuit son parcours jusqu’en demi où il est stoppé par Roger Federer. Mais sa saison sur terre est réellement catastrophique. Il ne remporte que deux rencontres, une à Rome et une à Lyon. Il s’arrête par contre d’entrée à Monte-Carlo, Barcelone, Madrid et à Roland-Garros (face à Jan-Lennard Struff).

Shapovalov poursuit sa mauvaise passe avec trois défaites en trois matchs sur herbe à Stuttgart (de nouveau contre Struff), au Queen’s et à Wimbledon où il perd en trois sets face à Ricardas Berankis. Il gagne enfin un match devant son public à Montréal avant de céder en trois sets contre Dominic Thiem. Il passe également le premier tour à Cincinnati puis se hisse en demi-finale à Winston-Salem. A l’US Open, le Canadien franchit deux tours et ne s’incline face à Gaël Monfils qu’au bout de cinq manches très serrées. Sa saison asiatique débute bien avec une demi-finale à Chengdu. Il perd ensuite au deuxième tour à Tokyo et à Shanghai, respectivement face à David Goffin et à Novak Djokovic. De retour en Europe, il remporte son premier tournoi ATP à Stockholm sans toutefois rencontrer de joueurs du Top 50.

Après une défaite d’entrée à Vienne, Denis Shapovalov réalise son meilleur parcours de l’année au « Masters 1000 » de Paris. Il prend la mesure de Fabio Fognini, Alexander Zverev et Gaël Monfils puis bénéficie du forfait de Rafael Nadal pour se hisser en finale où il s’incline devant Novak Djokovic. Lors de la « World Team Cup », il mène le Canada en finale grâce à des victoires sur Matteo Berrettini ou Karen Khachanov. Cette fin de saison prolifique lui a permis de monter dans le Top 15 et a certainement regonflé son moral. Il ne serait vraiment pas surprenant de le retrouver parmi les dix premiers dans douze mois.


Stan Wawrinka (SUI, 34 ans, 66e -> 16e) :

Joueur au succès tardif, Stan Wawrinka fait son entrée dans le Top 10 à 28 ans puis remporte trois Grand-Chelems et atteint encore une finale et cinq demis pendant les trois ans et demi qui suivent. C’est durant l’été 2017 qu’il doit subir une intervention chirurgicale au genou. Absent le reste de la saison, il ne joue qu’une poignée de tournois sans résultats début 2018 et chute donc hors du Top 200. Il sauve tout de même les meubles en fin d’année pour revenir parmi les cent premiers.

Le Suisse débute 2019 par un bon quart à Doha où il perd contre le futur vainqueur Roberto Bautista Agut. A Melbourne, il s’incline au deuxième tour et en quatre tie-breaks face à Milos Raonic. Battu d’entrée à Sofia, il se hisse en finale à Rotterdam en battant Denis Shapovalov et Kei Nishikori. Il s’agit là de sa première finale en presque deux ans. « Stan » enchaine avec un quart à Acapulco (battu par Nick Kyrgios) avant d’échouer au troisième tour à Indian Wells (contre Roger Federer) et au premier à Miami. Après un deuxième tour à Monte-Carlo, il se hisse en quart de finale à Madrid en battant à nouveau Nishikori. Il perd ensuite d’entrée à Rome et à Genêve mais se hisse en quart de finale à Roland-Garros. Sur son parcours, il terrasse Grigor Dimitrov et Stefanos Tsitsipas (8/6 au dernier set) avant de perdre en quatre sets contre Federer.

Il s’agissait alors de son premier quart de finale en Grand-Chelem depuis deux ans. Wawrinka perd ensuite au deuxième tour au Queen’s et à Wimbledon (8/6 au dernier set contre Reilly Opelka). Puis, il est à nouveau battu au même stade à Montréal et à Cincinnati, respectivement par les Russes Karen Khachanov et Andrey Rublev. A l’US Open, il atteint les quarts de finale au détriment de Novak Djokovic qui, diminué, doit abandonner au troisième set. C’est à nouveau un Russe qui l’arrête puisqu’il s’incline en quatre manches face à Daniil Medvedev. Le Suisse fait ensuite l’impasse sur la saison asiatique en raison d’une douleur au pied. Il revient à Anvers où il se hisse en demi avant de faire les frais du retour d’Andy Murray. A Bâle, il atteint les quarts de finale mais doit renoncer à disputer son match face à Roger Federer. Il termine la saison par une défaite face à Rafael Nadal en huitième à Paris.

A 34 ans, il ne reste sans doute plus beaucoup d’années à Stanislas Wawrinka pour briller à nouveau au plus haut niveau. Encore que s’il suit la carrière de son illustre compatriote, il pourrait encore jouer les premiers rôles pendant quelques saisons. Il sera en tout cas sans doute parmi les 16 premières têtes de série à Melbourne, là où il a remporté son premier Grand-Chelem il y a maintenant bientôt six ans.

Alex De Minaur (AUS, 20 ans, 31e -> 18e) :

S’il a deux mois de plus que Denis Shapovalov, Alex De Minaur n’a fait son entrée dans le Top 100 qu’à l’été 2018 soit un an après le Canadien. A 19 ans et quatre mois, ça reste très jeune mais sa progression a tout de même été plus discrète. C’est à partir du deuxième semestre de la saison passée qu’il fait parler de lui avec un bond de la 105e à la 33e place en quatre mois. Ce sont des troisièmes tours à Wimbledon et à l’US Open, ainsi qu’une finale à Washington qui ont permis cette progression.

L’Australien débute 2019 sur les chapeaux de roue avec un quart de finale à Brisbane puis, surtout, son premier titre remporté à Sidney (sans affronter de Top 30). A l’Open d’Australie, il franchit à nouveau deux tours avant d’être largement dominé par Rafael Nadal. Il subit alors une blessure à l’aine qui va le handicaper tout le restant du semestre. Il tente tout de même un retour à Acapulco où il remporte un match mais s’incline ensuite d’entrée à Indian Wells avant de s’arrêter à nouveau pour deux mois. Alex effectue son retour à Estoril mais, comme il n’est pas encore à 100% et que la terre-battue n’est pas sa surface favorite, il s’incline plusieurs fois au premier tour. Au Portugal tout d’abord mais aussi à Madrid et à Rome. A Roland-Garros, il franchit tout de même le premier tour mais est inexistant au second face à Pablo Carreno Busta.

Sur gazon, les résultats de l’Australien ne sont guère meilleurs. Il passe un tour à s’Hertogenbosch mais perd d’entrée au Queen’s. A Wimbledon, il est battu en cinq sets par Steve Johnson au deuxième tour. Le vrai déclic surviendra durant l’été. Il remporte d’abord son deuxième titre à Atlanta puis après des éliminations d’entrée à Washington et Montréal, parvient en huitième à Cincinnati. De Minaur réitère surtout cette performance à l’US Open en dominant Kei Nishikori avant de perdre face à Grigor Dimitrov. Il débute la tournée asiatique par un troisième titre, à Zhuhai. Contrairement à ses deux premiers succès, il y bat quelques cadors comme Andy Murray, Borna Coric ou Roberto Bautista Agut. Il ne confirme pas à Tokyo et à Shanghai où il perd au premier tour. De retour en Europe, il se hisse en finale de son premier « ATP 500 » à Bâle mais ne prend que quatre jeux à Roger Federer.

Il enchaine avec un huitième de finale à Paris où il met fin au rêve de Masters de Bautista Agut. Grand favori du Masters « Next Gen » suite au forfait des autres inscrits du Top 20, il se hisse en finale comme un an plus tôt mais y est dominé par le surprenant Jannik Sinner. Enfin, lors de la « World Team Cup », il remporte ses trois matchs, notamment contre David Goffin et Denis Shapovalov, mais ne peut empêcher l’élimination de son équipe en quart. Avec six succès sur des Tops 15, Alex De Minaur a incontestablement le vent en poupe et tentera de le confirmer en janvier devant son public.

Andrey Rublev (RUS, 22 ans, 68e -> 23e) :

Lorsqu’il a atteint les quarts de finale de l’US Open en 2017, près de deux mois avant son 20e anniversaire, Andrey Rublev se présentait comme le chef de file d’une génération russe extraordinaire. Depuis, Karen Khachanov puis Daniil Medvedev ont explosé au plus haut niveau alors que Rublev quittait le Top 50 après un été totalement gâché par une blessure au dos. Son plongeon s’est même poursuivit en début d’année avant de le voir revenir au plus haut niveau pendant l’été.

En janvier, Andrey s’incline au deuxième tour tant à Doha qu’à Sydney où il était sorti des qualifications. Et ce n’est pas sans conséquences sur son classement puisqu’il avait les points d’une finale à défendre au Qatar. Son élimination d’entrée à l’Open d’Australie lui fait poursuivre sa dégringolade et il sort même du Top 100 en février. Le Russe se hisse tout de même en quart de finale à Marseille en battant Matteo Berrettini puis atteint la finale du « Challenger » d’Indian Wells. Lors des deux « Masters 1000 » américains, il sort des qualifs et se hisse au troisième tour ce qui lui permet de remonter parmi les cent premiers. Après des éliminations au premier tour à Monte-Carlo et à Barcelone, puis au deuxième à Munich, il est contraint de mettre un terme à sa saison sur terre-battue en raison d’une blessure au poignet.

Rublev revient sur gazon mais s’incline d’entrée à Halle puis au deuxième tour à Eastbourne et à Wimbledon. Il refait tout de même un petit passage sur terre et c’est un passage réussi puisqu’il se hisse en finale du « ATP 500 » d’Hambourg en dominant Dominic Thiem. C’est à Cincinnati qu’il réalise la plus belle perf de sa saison puisqu’il bat Roger Federer et ne s’arrête qu’en quart face à Medvedev. Il se hisse également en quart à Winston-Salem puis crée la surprise du premier tour de l’US Open où il prend la mesure de Stefanos Tsitsipas. Le Russe bat ensuite encore Nick Kyrgios et ne s’arrête qu’en huitième face à Matteo Berrettini. Il atteint encore un quart de finale à St Petersbourg puis perd au deuxième tour à Pékin et au troisième à Shanghai.

A Moscou, où il bat notamment Marin Cilic, Andrey Rublev remporte devant son public le deuxième titre de sa carrière (après Umag 2017). Il termine sa saison régulière avec un quart à Vienne, puis une élimination d’entrée à Paris. Il parvient tout de même à emmener la Russie en demi-finale de la nouvelle « World Team Cup » en remportant tous ses simples. Il passe même tout près de la finale puisqu’il s’incline au tie-break du dernier set lors du double face au Canada. A seulement 22 ans et s’il peut enfin être libéré des blessures, il devrait faire parler de lui en 2020.

Laslo Djere (SRB, 24 ans, 94e -> 38e) :

Le tennis serbe a connu sa saison la plus prolifique de l’histoire. Emmenés bien entendu par leur leader Novak Djokovic, encore vainqueur de deux Grand-Chelems, de nombreux joueurs serbes ont obtenus leurs meilleurs résultats cette année. Dusan Lajovic reste le deuxième et a remporté son premier titre, sans oublier sa finale en « Masters 1000 » à Monte-Carlo. Filip Krajinovic a fait son retour dans le Top 50 grâce à deux finales. Et on n’oublie pas bien sûr l’arrivée dans le Top 100 du très prometteur Miomir Kecmanovic.

Mais c’est de Laslo Djere que je préfère détailler les résultats car ce joueur de 24 ans a clairement franchi un cap cette année. Il débute sa saison à Pune où il franchit un tour avant de s’incliner en quatre sets à Melbourne face à Evgeny Donskoy. Mais c’est sur terre que le Serbe se sent le mieux et il le prouve en remportant son tout premier titre lors du « ATP 500 » de Rio de Janeiro. Vainqueur de Dominic Thiem au premier tour, il se défait de Félix Auger-Aliassime en finale. Il poursuit avec une demi-finale à Sao Paulo puis un troisième tour à Indian Wells. Battu d’entrée à Marrakech et Monte-Carlo, il atteint une nouvelle demi à Budapest, puis se hisse en huitième à Madrid au détriment de Juan Martin Del Potro.

Après un deuxième tour à Rome, Laslo remporte deux matchs à Roland-Garros et n’est finalement battu que 8/6 au cinquième set par Kei Nishikori. Cette performance lui permet d’atteindre le meilleur classement de sa carrière soit une 27e place. Moins à l’aise sur gazon, il perd d’entrée à Halle et à Eastbourne mais franchit tout de même un tour à Wimbledon. Il revient alors sur terre et se hisse en demi-finale du tournoi d’Umag. Malheureusement, le Serbe subit ensuite une série de défaites au premier tour à Hambourg, à Montréal, à Cincinnati et à l’US Open (contre Kecmanovic). Malade, il fait l’impasse sur la saison asiatique et revient pour les tournois de Bâle et de Paris où il est aussi battu d’entrée.

Ancien très bon junior, Laslo Djere fut troisième mondial dans cette discipline, six mois après avoir remporté l’Orange Bowl. Il faut toutefois attendre 2017 pour le voir percer et faire son entrée dans le Top 100. Fin 2018, le Serbe aux origines hongroises perdait son père d’un cancer du côlon. Le même qui avait emporté sa maman six ans plus tôt. Malgré cette double tragédie familiale, le voilà bien ancré dans le Top 40 et prêt à passer à la vitesse supérieure en 2020.

Femmes :

Johanna Konta (GBR, 28 ans, 39e -> 12e) :


En préparant cet article, je me suis rendu compte que je n’avais jamais évoqué Johanna Konta dans un des quatre articles « Les 10 meilleurs … ». Pourtant, la Britannique est une des valeurs sûres du circuit féminin depuis cinq ans. Elle a terminé deux années de suite dans le Top 10 en 2016 et 2017 et a même pointé jusqu’au 4e rang juste une semaine durant au lendemain de sa demi-finale à Wimbledon il y a deux ans. Mais au lendemain de cet exploit (elle est la première Britannique dans le dernier carré du « Championship » depuis 1978), les choses ont commencé à se gâter.

Une blessure à la hanche en début de saison 2018 et un changement de coach qui n’a jamais collé sont la cause de cette chute. Douze mois plus tard, Johanna n’était plus que 50e même si elle limitait la casse en fin de saison pour terminer à la 39e place. Elle ne brillait pas encore durant la tournée australienne avec trois victoires (dont une sur Sloane Stephens tout de même) et autant de défaites. Elle atteint son premier quart de finale de la saison à Acapulco mais perd au troisième tour à Indian Wells et au second à Miami. Etonnamment, c’est la terre-battue qui va lui redonner le sourire. Elle atteint sa première finale sur cette surface au modeste tournoi de Rabat puis perd au deuxième tour à Madrid face à Simona Halep. La Britannique réalise ensuite un superbe parcours à Rome où elle domine des joueuses comme Stephens, Venus Williams et Kiki Bertens pour se hisser en finale. Seule Karolina Pliskova mettra un terme à son parcours. Dans la foulée, elle atteint sa troisième demi-finale en Grand-Chelem à Roland-Garros, en dominant une nouvelle fois Stephens et en ne s’inclinant qu’en deux sets très serrés face à la révélation du tournoi (que j’évoque un peu plus loin dans cet article).

Cette résurrection sur terre-battue est une vraie surprise, pour Konta en premier sans doute. Elle n’avait jamais réussi à dompter cette surface jusqu’ici et n’y avait en fait jamais atteint le moindre quart de finale depuis qu’elle est sur le circuit principal. De retour dans le Top 20 elle aborde la saison sur gazon avec beaucoup d’ambition mais s’incline assez rapidement à Birmingham et à Eastbourne. Elle se reprend à Wimbledon où elle signe un nouveau quart de finale. Elle y domine… Stephens (pour la quatrième fois déjà de l’année alors qu’elles ne s’étaient jamais rencontrées avant) et surtout Petra Kvitova, double vainqueur du tournoi. La Britannique termine tout de même son parcours sur une déception en ne parvenant pas à prendre la mesure de Barbora Strycova, seulement 54e mondiale. Après deux défaites d’entrée, à Cincinnati et à Toronto, elle réalise une nouvelle très belle performance à l’US Open où elle se hisse en quart en battant Karolina Pliskova. C’est cette fois Elina Svitolina qui met fin à son parcours.

Encore en course pour le Masters après cette nouvelle performance, Johanna Konta doit renoncer à la tournée asiatique en raison d’une légère douleur à un genou. Ce forfait ruine ses chances d’aller à Shenzhen. Elle décide ensuite de ne même pas aller disputer le « Masters bis » de Zhuhai pour lequel elle est pourtant qualifiée, préférant soigner son genou afin de préparer 2020. Elle y visera un retour dans le Top 10, tout à fait envisageable vu le peu de points qu’elle doit défendre avant la saison sur terre.

Sofia Kenin (USA, 21 ans, 52e -> 14e) :

Au contraire de Johanna Konta, Sofia Kenin fut l’une de nos Top junior en 2016 (cf article). Sa progression a été assez constante depuis puisqu’elle terminait à l’orée du Top 100 un an plus tard, puis du Top 50 fin 2018. Mais c’est clairement cette saison qu’elle a pris son envol puisqu’elle a remporté ses premiers titres, atteint des demi-finales dans des épreuves importantes et battu plusieurs n°1 ou ex-n°1 mondiales. L’Américaine d’origine russe avait déjà plutôt pas mal terminé la saison 2018 avec un troisième tour à l’US Open et une première victoire sur une Top 10, Julia Goerges (n°10) à Wuhan.

Sofia avait aussi marqué la finale de la Fed Cup en ne perdant le troisième match du week-end qu’au bout de 3h44 de jeu face à Katerina Siniakova. Elle démarre 2019 en fanfare avec un premier titre lors du « International » de Hobart. Sur sa route, elle bat facilement la tête de série n°1 Caroline Garcia, ainsi que notre Kirsten Flipkens nationale. A l’Open d’Australie, elle passe ensuite un tour pour ne perdre que lors d’un match très serré face à Simona Halep. A Acapulco, elle se hisse à nouveau en finale en venant à bout de Victoria Azarenka et surtout de Bianca Andreescu. A ce moment-là, la Canadienne n’est que 71e mondiale mais elle ne sera plus battue ensuite avant le mois d’octobre ! Kenin passe tout de même un tour à Indian Wells où elle s’incline en trois sets très serrés face à Elina Svitolina puis perd d’entrée à Miami face à… Andreescu qui vient alors de s’imposer à Indian Wells. Sa saison sur terre est plutôt mitigée avec tout de même un troisième tour à Rome, seulement battue en trois sets par Karolina Pliskova, mais aussi plusieurs défaites prématurées.

L’Américaine réalise néanmoins son meilleur parcours en Grand-Chelem à Roland-Garros où elle se hisse en huitième de finale. Elle bénéficie du forfait d’Andreescu mais prend le dessus sur Serena Williams avant de ne perdre qu’en trois sets contre la future gagnante Ashleigh Barty. La transition avec le gazon se fait très rapidement puisque, deux semaines plus tard, elle s’impose à Majorque en battant Elise Mertens et Belinda Bencic. Sofia ne confirme pas, par contre, à Wimbledon, où elle est surprise au deuxième tour par la jeune Ukrainienne Dayana Yastremska. De retour sur les courts en dur nord-américains, elle réalise un superbe été avec des demi-finales à Toronto et à Cincinnati. Au Canada, elle domine la nouvelle n°1 mondiale Barty avant de céder contre Andreescu. Elle perd également contre la future gagnante (Madison Keys) dans l’Ohio après avoir battu Naomi Osaka… qui venait de reprendre la première place mondiale. A l’US Open, elle atteint encore le troisième tour mais s’incline à nouveau face à Keys.

Sa fin de saison se passe uniquement en Asie avec 6 tournois sur ce continent. Elle en revient avec un troisième titre, à Guangzhou ainsi que des huitièmes de finale à Wuhan et Pékin. Cette bonne fin de saison permet à Sofia Kenin de disputer le « Masters bis » de Zhuhai où elle bat sa compatriote Alison Riske mais s’incline lors de son dernier match. Elle sera encore reprise pour le vrai Masters de Shenzhen en qualité de deuxième remplaçante mais ne dispute qu’un match sans enjeu, perdu contre Svitolina. Depuis Roland-Garros, l’Américaine a confirmé les espoirs placés en elle depuis ses années chez les juniors. Le plus dur sera de démontrer en 2020, qu’elle a bien sa place parmi les meilleures.

Marketa Vondrousova (TCH, 20 ans, 68e -> 16e) :

Marketa Vondrousova fut également une joueuse très précoce. Elle a fait son entrée dans le Top 100 mondial au printemps 2017 (voir « Les meilleures entrées du Top 100 ») suite à son premier titre WTA remporté au tournoi « International » de Bienne, alors qu’elle n’avait pas encore fêté son 18e anniversaire. Elle a tout de même eu besoin d’un peu moins d’un an et demi pour s’habituer à ce statut avant de connaitre un nouveau très bon résultat lors de l’US Open 2018 où elle s’est hissée en huitième de finale.

Mais ce n’était encore rien par rapport aux résultats de 2019 qui lui ont permis de se faire un nom sur la scène mondiale. Marketa démarre sa saison à l’Open d’Australie où, dans l’anonymat d’un court secondaire, elle s’incline au second tour face à Petra Martic. De retour en Europe, elle atteint tout de même sa première finale de l’année (et la première depuis son titre à Bienne) lors du tournoi de Budapest. C’est Alison Van Uytvanck qui la bat alors mais au terme d’un match très serré en trois sets. Elle enchaine avec Indian Wells où elle connait son premier moment fort de la saison. La Tchèque se hisse en quart de finale du « Premier Mandatory » californien en venant à bout de quelques grands noms du circuit comme Daria Kasatkina, Jelena Ostapenko et surtout Simona Halep. Elle ne s’incline finalement que face à Elina Svitolina, non sans avoir encore mené d’un set. Elle enchaine avec un résultat similaire à Miami où elle domine encore Ostapenko et Elise Mertens. C’est Karolina Pliskova qui met cette fois un terme à son parcours.

Vondrousova débute sa saison sur terre-battue à Istanbul. Elle y signe une très belle semaine pour se hisser en finale sans perdre un set. Elle n’est battue que par Petra Martic qu’en trois sets. Elle prouve ensuite que ses deux quarts lors des gros tournois américains hivernaux n’étaient pas juste une « bonne passe » en atteignant à nouveau ce stade à Rome. Et dans la capitale italienne, elle vient à nouveau à bout de Simona Halep. Johanna Konta met fin à son parcours en trois sets. C’est à Roland-Garros que le grand public va faire connaissance avec la longiligne tchèque. Elle se fraye un chemin dans un tableau libéré de ses principales têtes de série pour atteindre la finale sans perdre le moindre set. Son adversaire la mieux classée est la douzième mondiale Anastasija Sevastova et elle vient également à bout de Petra Martic et de Johanna Konta en demi. Elle passe néanmoins un peu à côté de sa finale face à Ashleigh Barty.

Malheureusement, la suite de son année sera nettement moins heureuse. Elle se blesse au poignet quelques jours avant son premier match à Wimbledon où elle s’incline donc au premier tour. Après avoir repoussé son retour tout l’été, Marketa Vondrousova se résout à se faire opérer début septembre. Elle ne fera son retour sur le circuit qu’en 2020 où elle aura assez rapidement beaucoup de points à défendre. Il ne faut donc pas s’attendre à la voir encore progresser dans les mois à venir mais, si elle guéri bien de ses problèmes de poignet (toujours problématiques pour des joueurs de tennis), elle fera sûrement son entrée dans le Top 10 d’ici un an ou deux.

Alison Riske (USA, 29 ans, 63e -> 18e) :

Depuis ses débuts sur le circuit professionnel, Alison Riske suit un parcours totalement atypique. Elle dispute sa première finale sur le circuit WTA à Birmingham en 2010 avant son 20e anniversaire mais il faut attendre 2013 pour la voir faire son entrée parmi les 100 premiers. Elle stagne ensuite dans le ventre mou du classement pendant 5 ans malgré une petite hausse en 2016 qui lui permet d’atteindre le Top 50. Mais son irrégularité ne lui permettait pas de voir plus haut… jusqu’à cette année.

Dès la première semaine, Alison se hisse en finale du tournoi de Shenzhen, le tournoi « international » le mieux doté du calendrier. Elle passe à deux doigts du titre mais s’incline tout de même face à Aryna Sabalenka. A l’Open d’Australie, elle est victime d’un mauvais tirage et s’incline d’entrée face à la neuvième mondiale Kiki Bertens. Issue des qualifications, elle est battue au deuxième tour à Doha par Julia Goerges, 16e WTA mais elle bat cette même joueuse à Dubaï où elle ne perd qu’en huitième et en deux tie-breaks face à Karolina Pliskova. Les mois suivants sont nettement moins bons pour l’Américaine. Elle s’incline ainsi d’entrée à Indian Wells (face à Alison Van Uytvanck) et au deuxième tour à Miami. Loin d’être à l’aise sur terre-battue, elle ne remporte pas un match lors des quatre tournois qu’elle dispute sur cette surface durant le printemps. Si elle est largement battue par Johanna Konta à Madrid et à Rome, elle ne passe pas loin d’une victoire sur Andrea Petkovic à Roland-Garros.

Le gazon, c’est largement plus sa tasse de thé d’Alison. Elle le prouve en remportant un ITF de $100.000 à Surbiton puis, dans la foulée, le tournoi WTA de s’Hertogenbosch, au détriment de la star locale Kiki Bertens en finale. Elle réalise ensuite un super parcours à Wimbledon où elle atteint, quelques jours après son 29e anniversaire, son tout premier quart de finale en Grand-Chelem. En chemin, elle domine Belinda Bencic et surtout la toute nouvelle n°1 mondiale Ashleigh Barty. Ce n’est que la reine des lieux Serena Williams qui parviendra à la stopper et encore, en trois sets. Son été est moins bon (deuxième tour à Toronto et à l’US Open, premier à Cincinnati) mais elle termine plutôt bien la saison en Asie. L’Américaine y atteint une nouvelle finale, la plus importante de sa carrière lors du « Premier 5 » de Wuhan. Sur son parcours, elle domine Elina Svitolina et Petra Kvitova pour ne perdre, comme à Shenzhen en début d’année, que face à Aryna Sabalenka. Cette performance lui permet de se qualifier pour le Masters bis de Zhuhai mais elle y perd ses deux matchs de poules.

Alison Riske s’est donc montrée beaucoup plus régulière cette saison hormis deux périodes : la fin du printemps et le milieu de l’été. Mais la première s’explique par son aversion à la terre et la deuxième peut-être, à un petit relâchement bien compréhensible. Elle s’est en effet mariée au mois de juillet avec Stephen Amritraj, un ancien bon joueur de Challenger et fils de l’ancien Top 100 Anand. En tout cas, elle fait partie du renouveau du tennis américain qui place six joueuses dans le Top 30 en cette fin d’année.

Amanda Anisimova (USA, 18 ans, 96e -> 24e) :

C’est également le cas pour Amanda Anisimova qui aurait pu terminer beaucoup plus haut au classement sans une blessure puis un drame familial qui l’a poussée à faire une pause en fin de saison. Deuxième mondiale chez les juniors à seulement 15 ans, l’Américaine d’origine russe a connu une progression fulgurante depuis pour entrer dans le Top 100 l’an dernier et dans le Top 30 cette saison.

Amanda débute l’année à Auckland où elle atteint déjà un quart de finale. Elle se hisse ensuite en huitième de finale de l’Open d’Australie qui n’est pourtant que son troisième Grand-Chelem. Elle y domine Aryna Sabalenka avant de céder face à la future finaliste Petra Kvitova. Battue d’entrée à Acapulco, elle franchit un tour à Indian Wells, puis à Miami. Mais c’est sur terre-battue que l’Américaine réalise ses meilleures performances. Elle y remporte le tout premier titre WTA de sa carrière du côté de Bogota. Elle n’y rencontre toutefois pas la moindre Top 100. Elle est ensuite battue d’entrée à Madrid par Marta Kostyuk, une autre « teenager », puis franchit un tour à Rome où elle n’est battue que 7/5 au dernier set par Kiki Bertens.

A Roland-Garros, Amanda réalise un superbe parcours. Elle y surprend à nouveau Sabalenka avant de sortir la tentante du titre Simona Halep pour se hisser en demi-finale. Là, elle mène même 7/6-3/0 avant de lâcher au bout de deux heures de jeu face à Ashleigh Barty qui allait remporter le titre deux jours plus tard. Sur sa lancée l’Américaine atteint encore un quart de finale à Majorque mais est surprise dès le deuxième tour à Wimbledon par Magda Linette. Elle se blesse ensuite au dos lors du tournoi de San Jose où elle sera également battue au deuxième tour. Cette blessure est suffisamment grave pour la faire renoncer aux tournois de Toronto et de Cincinnati. C’est au mois d’août que l’on apprend que son père Konstantin a été retrouvé mort à son domicile, sans qu’aucune cause à ce décès ne soit officiellement annoncée.

Il n’est dès lors évidemment pas question pour elle de disputer l’US Open, d’autant plus que son père était également son coach. Elle effectue tout de même son retour lors de la tournée asiatique mais sans vraiment de succès. Présente dans notre Top junior en 2017 (cf article) et dans notre Top entrée l’an dernier, Amanda Anisimova fait donc la passe de trois. Sa progression risque toutefois d’être logiquement freinée suite à ce drame qui prendra du temps à cicatriser.