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Les favoris pour l'Australian Open

 

Une nouvelle décennie tennistique s’ouvre avec un Open d’Australie 2020 plus indécis que jamais. Si Rafael Nadal et Novak Djokovic (surtout celui-ci) font figure de favoris, la jeune garde a démontré lors de l’ATP Cup qu’elle avait les moyens de les bousculer. Mais cette « Next Gen » peut-elle les faire tomber sur cinq sets ? C’est toute la question. Dans le tableau féminin, alors que Serena Williams a remporté son premier titre depuis trois ans, aucune joueuse ne semble se démarquer au Top du classement. Le tournoi pourrait donc bien s’achever avec une nouvelle lauréate, ce qui est devenu monnaie courante en Grand-Chelem ces cinq dernières années.

Novak Djokovic a finalement perdu sa première place mondiale en 2019, malgré une saison assez exceptionnelle avec deux nouveaux titres en Grand-Chelem et deux autres en « Masters 1000 ». C’est son abandon dès les huitièmes de finale de l’US Open qui a fait pencher la balance en sa défaveur. Car lorsqu’il est à 100% physiquement, le Serbe est incontestablement le numéro 1 de la planète sur surface dure ces cinq dernières années. Les statistiques sont indiscutables : depuis 2015, il a remporté cinq des dix Grands-Chelems disputés sur cette surface, atteint une autre finale et abandonné (ou déclaré forfait) deux fois. Il a également atteint la finale de près de deux tiers des « Masters 1000 » sur dur. Et on a vu lors de l’ATP Cup à quel point il était en forme. Il sera donc logiquement l’homme à battre à Melbourne.

Rafael Nadal ne dira pas le contraire. Depuis l’automne 2013, il n’est plus parvenu à battre Djokovic sur dur. Pire, il n’a même pas réussi à lui prendre un set en neuf rencontres, dont la finale expéditive de 2019. L’âge semble aussi jouer plus en sa défaveur. Même s’il n’a qu’un an de plus que le Serbe, on le voit de plus en plus souffrir lors des rencontres longues et s’en sortir souvent plus grâce à son mental exceptionnel que sur ses réelles qualités. Et ça pourra avoir un rôle important s’il doit rencontrer son dauphin au classement en finale, après une quinzaine à avoir bataillé contre les jeunes aux dents longues sous la chaleur suffocante de cet été austral, plus brûlant que jamais. Cela dit, il reste un combattant unique dans l’histoire et, si Djokovic venait à être battu avant la finale, c’est bien le Majorquin qui aurait le plus de chance de lui succéder au palmarès.

La jeune génération a fait une forte impression lors de l’ATP Cup. Et parmi eux celui qui semble le plus proche des deux grands favoris est Daniil Medvedev. Lui aussi se sent très à l’aise sur dur. Il ne faut pas oublier qu’il a remporté ses deux premiers « Masters 1000 » sur cette surface au semestre dernier et qu’il ne fut pas très loin de terrasser Nadal en finale de l’US Open. Lors de l’ATP Cup, il a remporté quatre simples avec autorité avant de sérieusement menacer Novak Djokovic en demi. Ses progrès depuis un an, surtout sur le plan du mental, le placent aujourd’hui dans la peau d’un potentiel vainqueur en Grand-Chelem. A Melbourne, il sera en tout cas l’outsider n°1. Ce qui n’arrange pas les affaires de Nadal qui pourrait l’affronter en demi-finale.

Qui sera la nouvelle star ?

Le calme est sans doute ce qui manque encore à Stefanos Tsitsipas pour atteindre le sommet. Il sort encore trop souvent de ses gonds pour pouvoir rivaliser avec Djokovic et Nadal sur le long terme. Mais sur un match, il peut dominer n’importe qui, y compris en cinq sets comme il l’avait prouvé en atteignant le dernier carré il y a douze mois. Après une année 2019 un peu difficile, Denis Shapovalov a démontré, lors des deux compétitions par équipe (« World Team Cup » et ATP Cup), qu’il était de retour à son meilleur niveau. Avec son fantastique bras gauche, il est armé pour aller très loin lui aussi. Si Alexander Zverev n’a pas brillé lors de l’ATP Cup, ni tout au long de la saison 2019 d’ailleurs, il ne faut pas l’enterrer trop vite. Il reste septième mondial et tout à fait capable de sortir des grands matchs. Si Andrey Rublev fut le grand absent de cette génération lors de l’ATP Cup, il en a profité pour s’imposer à Doha et faire son entrée dans le Top 20. Il vaudra mieux ne pas croiser sa route à Melbourne. Enfin la compétition par équipe a permis de révéler le Polonais Hubert Hurkacz, 34e mondial à 22 ans. Même s’il n’a pu sortir son pays des poules, il est resté invaincu en simple face à trois Top 20.

Il ne faut bien entendu pas sous-estimer la « vieille garde » non plus, à commencer par Roger Federer. Le Suisse a préféré faire l’impasse sur la préparation donc il arrivera à Melbourne un peu dans l’inconnue. L’an dernier, il avait calé physiquement face à Tsitsipas et sa capacité à rester frais le plus longtemps possible dans ce tournoi sera primordiale. Son compatriote Stan Wawrinka, ancien vainqueur sur la Rod Laver Arena, conserve une petite chance de briller même s’il n’a plus son niveau de 2014. Si Dominic Thiem a un peu déçu lors de l’ATP Cup, ses progrès sur dur qu’il a démontrés en fin de saison peuvent lui faire espérer un gros parcours. Il faudra aussi se méfier énormément de Roberto Bautista Agut. A l’aise sur cette surface et dans ces conditions de jeu, l’Espagnol a réalisé une saison 2019 très solide et sera dur à battre. Enfin, Grigor Dimitrov montre des signes qu’il est de retour à son meilleur niveau. Sa possible confrontation avec Denis Shapovalov au troisième tour s’annonce explosive.

Le forfait, annoncé jeudi, d’Alex De Minaur est une tuile énorme pour le tennis australien. Casquette vissée sur la tête et combativité chevillée au corps, Alex De Minaur espère un jour succéder à son modèle Lleyton Hewitt, le dernier finaliste « Aussie » à Melbourne (en 2005), voire le dépasser. Il devra en tout cas attendre un an de plus. Nick Kyrgios est évidemment capable lui aussi de réaliser un grand tournoi d’autant qu’il semble pour l’instant concentré sur ses objectifs. Et quand c’est le cas, il est dangereux pour absolument tout le monde. Il y a tout de même cinq joueurs locaux directement qualifiés (auxquels il faudra ajouter cinq invités), ce qui est rare. Parmi eux, les tenaces John Millman et Jordan Thompson peuvent également faire des dégâts. Et il faudra suivre de près le jeune et talentueux Alexey Popyrin. Mais bien sûr, seul Kyrgios peut rêver devenir le premier vainqueur local depuis Mark Edmonson, c’était en 1975.

Barty et la pression

Sur le circuit féminin, l’instabilité règne en maître. Lors des trois dernières saisons, dix joueuses différentes se sont partagé les douze titres du Grand-Chelem. A chaque fois qu’une joueuse semble prendre un léger avantage sur les autres, elle connait un passage à vide qui rebat les cartes. C’est le cas d’Ashleigh Barty. Impressionnante durant le printemps 2019 lorsqu’elle remporta Roland-Garros et s’empara de la première place mondiale, l’Australienne n’est plu parvenu à maitriser son sujet de la sorte dans les mois qui ont suivi. Devant son public, elle aura en plus la pression d’être la première Australienne tête de série n°1 du tournoi depuis Evonne Goolagong en 1977 ! Mais si elle gère bien cette pression, le soutien du public peut aussi la galvaniser et lui permettre de retrouver les sensations qui étaient les siennes à la Porte d’Auteuil début juin.

Avant l’Australienne, c’est Naomi Osaka qui semblait prendre le dessus sur la concurrence. En remportant l’US Open 2018 puis l’Open d’Australie 2019, à seulement 21 ans, elle avait frappé un grand coup. Mais l’attention médiatique qui en a découlé a lourdement pesé sur les épaules de la jeune fille plutôt introvertie, ce qui s’est sérieusement ressenti dans ses résultats. A la fin de la saison dernière, elle semblait avoir retrouvé le plaisir de jouer… et de gagner puisqu’elle s’est imposée coup sur coup à Osaka et à Pékin. Et elle aura à coeur de réussir ce qu’elle n’avait pu faire à New York (et qu’aucune fille n’a fait depuis Wimbledon 2016 !) : défendre avec succès un titre du Grand-Chelem.

Présente dans le Top 10 sans discontinuer depuis l’automne 2016 (et même classée n°1 le temps de quelques semaines un an plus tard), Karolina Pliskova est toujours à la recherche de son premier titre du Grand-Chelem. Elle a démarré la saison en fanfare avec un titre à Brisbane (en venant à bout d’Osaka en demi) et est donc en forme. Avec son excellent service, elle peut faire très mal sur cette surface où elle avait atteint les demi-finales l’an dernier. Elle est assurément l’une des principales favorites au titre. Serena Williams a également remporté un titre en ce début d’année, à Auckland, son premier depuis trois ans. Après, il faut reconnaitre que le tableau était plutôt faible et que si elle n’avait remporté aucun titre depuis la naissance de sa fille, c’est parce qu’elle n’a disputé aucun tournoi de ce niveau. Mais une victoire est toujours bonne pour la confiance et on sait combien l’Américaine peut être terrifiante lorsqu’elle est convaincue de sa supériorité.

Avant Barty et même avant Osaka, c’est Simona Halep qui semblait avoir une (éphémère) mainmise sur le circuit. Mais depuis sa victoire à Roland-Garros en 2018, elle a souffert de pas mal de pépins physiques et a alterné le très bon (sa victoire à Wimbledon l’an dernier) et le médiocre. Elle sait tout de même comment on gagne un Grand-Chelem et ça reste un atout, malgré sa méforme actuelle. Elina Svitolina cherche par contre toujours comment atteindre ce graal. Sur le circuit depuis sept saisons et classée dans le Top 10 depuis presque trois ans, elle n’a toujours pas atteint de finale dans un « Major ». Par contre elle est en progrès à ce niveau puisqu’elle a disputé ses deux premières demis lors des deux derniers Grand-Chelems. Elle compte bien aller encore plus loin en 2020. Depuis son agression subie en 2017, Petra Kvitova peine à retrouver son tout meilleur niveau. Sa finale à Melbourne l’an dernier peut lui faire espérer un bon parcours, d’autant qu’elle est souvent assez performante en début d’année. Des joueuses comme Belinda Bencic, Madison Keys ou Aryna Sabalenka ont aussi des arguments à faire valoir.

Dans un contexte aussi ouvert, un nom inattendu peut émerger dans deux semaines. Ca pourrait être l’une des nouvelles stars du circuit, en grand progrès ces derniers mois. Parmi celles-ci les Américaines Sofia Kenin, Amanda Anisimova et Cori Gauff tiennent la corde. On suivra aussi le retour de blessure de la finaliste du dernier Roland-Garros Marketa Vondrousova, tout comme l’Ukrainienne Dayana Yastremska ou la Kazakhe Elena Rybakina. D’anciennes gagnantes en Grand-Chelem aujourd’hui retombées au classement pourraient aussi se rappeler à notre bon souvenir. Et il y en a un paquet dans le tableau comme par exemple Angelique Kerber, Sloane Stephens, Garbiñe Muguruza, Venus Williams, Jelena Ostapenko ou Maria Sharapova. Ou pourquoi pas Caroline Wozniacki qui disputera son dernier tournoi officiel à Melbourne. Ce serait en tout cas une très belle façon de conclure sa carrière.

David au sommet

En dominant Rafael Nadal lors de l’ATP Cup, David Goffin a fait taire tous les sceptiques qui n’aiment rien de mieux que de démonter les joueurs sur les réseaux sociaux. Oui, il sera bien un des outsiders à Melbourne. Oui, les favoris le craindront. Après, il n’a pas hérité du tirage le plus facile. Il devra d’abord gérer Jeremy Chardy, un joueur qui lui a déjà posé des problèmes dans le passé. Il devra surtout et dès le troisième tour contenir la fougue du jeune Russe Andrey Rublev, très en forme en ce début d’année. S’il y parvient, il pourrait affronter Alexander Zverev en huitième dans une affiche très prometteuse. Ensuite viendrait Daniil Medvedev. Bref, un parcours tortueux mais il a les moyens d’aller loin.

J’aimerais écrire qu’Elise Mertens est tout aussi en forme que le Liégeois mais sa défaite en quart à Hobart contre Heather Watson est venue doucher mes ardeurs. D’autant qu’Elise pourrait retrouver Watson au deuxième tour à Melbourne. Si elle passe l’écueil de la première semaine, elle retrouverait Simona Halep en huitième. Un sacré défi qu’Elise est capable de relever. En cas de victoire, elle pourrait affronter en quart Belinda Bencic, Maria Sharapova ou... sa partenaire de double Aryna Sabalenka. Côtes à côtes, elles seront parmi les grandes favorites pour le titre. Elise pourrait aussi rencontrer Kirsten Flipkens au troisième tour. Enfin, il faudra pour ça que Kirsten sorte d’un premier tour très compliqué contre Karolina Muchova. La Tchèque est une des révélations de 2019, comme je vous l’avais expliqué dans l’article « Les 10 meilleures entrées dans le Top 100 de 2019 » et la tâche de notre compatriote s’annonce ardue.

Les chances d’Alison Van Uytvanck de franchir le premier tour son plus grande. Fiona Ferro, son adversaire, n’est pas une mauvaise joueuse, loin de là, mais une Alison au Top devrait remporter ce match… et signer ainsi sa première victoire à Melbourne après cinq défaites au premier tour. Au deuxième tour, elle peut affronter Qiang Wang avec, comme objectif, une rencontre avec Serena Williams au troisième tour. On se réjouit également de l'accession au tableau final de Greet Minnen, une première pour elle. Son tournoi est d'ores et déjà réussi et elle pourra aborder sans pression son match contre la Biélorusse Sasnevich, une joueuse à sa portée. On suivra également en double avec le plus vif intérêt le parcours de Sander Gille et de Joran Vliegen qui ont encore démontré leurs progrès lors de l’ATP Cup. Difficile de prédire quelles sont leurs limites mais un beau parcours pourrait assurer mathématiquement leur qualification pour les J.O. de Tokyo !