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Le Top 10 féminin

 

Après l’annonce surprise de la retraite d’Ashleigh Barty dès le mois de mars, le circuit n’a pas mis longtemps à retrouver une leader. Largement au-dessus de la mêlée tout au long de l’année. Pour le reste, ce Top 10 a été largement remanié puisque six des joueuses qui le composaient il y a un an en ont été éjectées.

1. Iga Swiatek (POL), n°9 fin 2021, 21 ans :



L’accession à la première place mondiale la plus étrange de l’histoire restera certainement celle d’Iga Swiatek. Neuvième mondial au début de la saison, elle va rapidement grimper les échelons jusqu’à atteindre la deuxième place… et apprendre le retrait avec effet immédiat de la numéro mondiale Ashleigh Barty. D’aucunes auraient pu être écrasées par la pression qu’apporte ce statut sans y être préparée. Pas la Polonaise qui possède cette insouciance juvénile qui faisait déjà d’elle une joueuse à part sur le circuit. Au contraire, cette place de n°1 semble avoir décuplé son appétit. Et personne ne sera en mesure de la lui contester. Dès janvier donc, Iga Swiatek démontre qu’elle compte jouer les premiers rôles du circuit en 2022. 

Elle atteint en effet les demi-finales à Adélaïde (battue par Barty) et à l’Open d’Australie où elle craque un peu face à Danielle Collins. Après une défaite d’un poil face à Jelena Ostapenko au deuxième tour de Dubaï, elle s’impose à Doha en dominant assez largement trois Top 10 : Aryna Sabalenka, Maria Sakkari et Anett Kontaveit. Elle ne le sait pas encore mais cette victoire marque le départ d’une série qui s’avèrera historique. Début mars, elle remporte une nouvelle grosse victoire à Indian Wells en battant à nouveau Sakkari. C’est ce succès qui fera d’elle la numéro deux du classement… puis virtuellement la n°1. Lors du tournoi de Miami, cette première place pouvait encore lui échapper au profit de Paula Badosa. Mais la Polonaise ne va pas laisser passer sa chance et remporte également ce tournoi en ne perdant pas un set. Après deux succès très facilement en qualifications de la Billie Jean King Cup, elle débute sa tournée sur terre-battue à Stuttgart et s’impose à nouveau. Sa série aurait toutefois pu s’arrêter en demi-finale car elle n’est passée que de justesse contre Liudmila Samsonova. Un peu fatiguée, elle décide alors de faire l’impasse sur le tournoi de Madrid et revient à Rome où, là encore, elle s’impose sans perdre un set. 

Elle arrive donc à Roland-Garros avec le statut d’archi favorite, d’autant qu’elle y avait déjà remporté un succès retentissant en 2020. Et malgré la tension palpable lors de plusieurs de ses matchs, notamment en huitième de finale contre Qinwen Zheng, Iga Swiatek va signer son deuxième succès en Grand-Chelem à Paris, finalement assez facilement. Elle est alors sur le toit du monde avec ses 35 succès de rang. Une série qui s’arrêtera finalement à 37 (un record depuis le début du siècle) suite à son élimination au troisième tour de Wimbledon par Alizé Cornet. La belle machine semble un temps quelque peu grippée. Elle s’inclineen effet  ensuite en quart à Varsovie contre Caroline Garcia, puis en huitième à Toronto et Cincinnati, respectivement contre Beatriz Haddad Maia et Madison Keys. Elle aborde donc l’US Open avec moins de confiance qu’à Roland-Garros. Elle va pourtant y triompher en dominant trois nouvelles Top 10 : Jessica Pegula, Aryna Sabalenka et Ons Jabeur. Des succès obtenus avec une domination moins flagrante qu’en début de saison mais en démontrant une grande solidité mentale dans les moments importants. Après un break de quatre semaines, elle se hisse en finale à Ostrava puis signe, à San Diego, son huitième succès de la saison. 

Ce sera le dernier. Iga Swiatek fait ensuite l’impasse sur le WTA 1000 de Guadalajara et s’incline en demi-finale du Masters. Cette deuxième partie de saison où elle s’est montrée moins dominatrice n’enlève rien à son emprise sur le circuit. Depuis son succès à Roland-Garros, elle caracole en tête du classement avec plus de points que la deuxième et la troisième réunies. Sa première place ne souffre d’aucune contestation, ni dans les chiffres, ni dans la manière. La Polonaise a signé pas moins de 15 victoires sur des membres du Top 10 durant cette saison. Avec son tennis qui allie puissance et variation, son caractère atypique sur le circuit et sa confiance en ses moyens qui va grandissant, elle a tout pour devenir une superstar du jeu. Et comme elle n’a que 21 ans, elle pourrait s’être installée au sommet pour un bon moment.

2. Ons Jabeur (TUN), n°10 fin 2021, 28 ans :

Loin, très loin derrière Iga Swiatek, Ons Jabeur décroche la deuxième place de ce classement avec moins de la moitié des points de la Polonaise. Mais cette seconde place est tout de même historique car aucune joueuse africaine ne s’était hissée aussi haut dans la hiérarchie auparavant.  L’ascension de la Tunisienne a été très progressive puisqu’elle est entrée dans le top 100 il y a cinq ans et a végété durant trois ans au-delà de la cinquantième place avant d’exploser réellement à la suite de la suspension du circuit, au plus fort de la crise du covid. Sa saison 2022 a pourtant débuté de la pire des manières. 

Qualifiée pour les quarts de finale du tournoi de Sydney, elle doit abandonner durant sa rencontre face à Anett Kontaveit en raison de douleurs au dos. Cette blessure s'avère suffisamment grave pour qu’elle renonce ensuite à disputer l’Open d’Australie. Elle revient néanmoins en février et signe deux quarts de finale à Dubaï et Doha, battue par Simona Halep puis à nouveau par Kontaveit. Les deux Masters 1000 américains lui ont moins souri puisqu’elle perd d’entrée à Indian Wells et en huitième à Miami. Sa tournée se termine finalement bien puisqu’elle atteint sa première finale de la saison à Charleston. Elle y est toutefois battue par Belinda Bencic. Après un quart de finale à Stuttgart, elle remporte le tournoi de Madrid au forceps. Elle y prend sa revanche sur Bencic avant de battre Jessica Pegula en trois sets en finale. Ce premier succès en WTA 1000 est néanmoins acquis en l’absence de Swiatek. La semaine suivante, à Rome, elle bat Maria Sakkari et se qualifie à nouveau pour la finale mais elle y est largement battue par la Polonaise. Néanmoins, cette série de succès la place comme l’outsider principale d’Iga pour le titre à Roland-Garros.

Mais elle gère mal la pression inhérente à ce statut qu’elle n’avait encore jamais porté. Elle s’incline dès son entrée en lice face à Magda Linette. Ons retrouve des couleurs sur gazon où elle s’impose lors du tournoi de Berlin. C’est ce succès qui lui permet d’obtenir la deuxième place mondiale. Visiblement aussi à l’aise que sur terre, elle se hisse en finale de Wimbledon en bénéficiant d’un tableau plutôt dégagé. Elle y prend même le premier set mais s’écroule un peu ensuite pour laisser la victoire à Elena Rybakina. Cette finale ne lui permet toutefois pas d’asseoir sa deuxième place au classement puisque le tournoi ne distribue exceptionnellement aucun point WTA. La Tunisienne recule même de trois places après un été nettement moins bon où elle ne remporte que deux matchs. Ça ne l’empêche pas de briller à l’US Open où elle se hisse à nouveau en finale (à nouveau sans rencontrer de Top 10). Elle y oppose cette fois une belle résistance à Iga Swiatek. Sa fin de saison est toutefois moins bonne et elle fait l’impasse sur plusieurs tournois importants. Elle dispute tout de même le tournoi de Monastir, chez elle, mais s’y incline en quart de finale.

Ons Jabeur termine son année au Masters où elle ne parvient pas à se hisser en demi-finale. Tout s’est finalement joué sur son premier match qu’elle perd 7/5 au dernier set contre Sabalenka. Battue encore par Sakkari, elle conclut sa saison par une bonne victoire contre Pegula. Personnalité attachante du circuit, très appréciée de ses pairs, la Tunisienne a connu un parcours atypique qui fait sans doute sa force aujourd’hui. A 28 ans, son arrivée au sommet est plus que méritée. Il ne reste plus qu’un titre en Grand-Chelem pour couronner cette belle carrière.

3. Jessica Pegula (USA), n°18 fin 2021, 28 ans :



La première entrée de ce Top 10 est celle de Jessica Pegula, très solide n°3 mondiale. Le parcours de l’Américaine, que je contais il y a un an dans notre rétrospective (cf Les 10 plus belles progressions de 2021), est celui d’une éclosion tardive. Présente sur le circuit ITF depuis des années, elle fait son entrée dans le Top 100 à 25 ans en 2019 et n’a cessé de progresser depuis. C’est lors de l’Open d’Australie 2021 qu’elle explose vraiment en se hissant en quart de finale avant de disputer les demi-finales du WTA 1000 de Montréal. 

Sa saison 2022 ne débute pourtant pas très bien. Elle s’incline lors de ses deux premiers matchs, à Melbourne et Sydney, contre Irina-Camelia Begu et Caroline Garcia. Mais elle se reprend à l’Open d’Australie où elle réitère sa performance de l’année précédente en dominant Maria Sakkari. La Grecque prend sa revanche au troisième tour à Doha et Jessica Pegula perd également d’entrée à Indian Wells. Mais à Miami, elle se fraye un chemin jusqu’en demi-finale où elle ne s’incline que contre Iga Swiatek. Après un nouveau huitième à Charleston, elle atteint sa première finale dans un tournoi très important, lors du WTA 1000 de Madrid. Dans la capitale espagnole, elle pousse même Ons Jabeur aux trois sets. Battue au troisième tour à Rome, elle dispute un nouveau quart de finale en Grand-Chelem à Roland-Garros. C’est une nouvelle fois Swiatek qui met fin à son parcours avant de décrocher le titre quelques jours plus tard.

Peu à l’aise sur gazon, l’Américaine ne dispute pas de tournois de préparation avant Wimbledon, ce qui ne l’empêche pas de franchir deux tours. C’est Petra Martic qui met alors fin à son parcours. Battue au deuxième tour à Washington, elle atteint à nouveau les demi-finales de l’Open du Canada, cette fois disputé à Toronto. Elle y est toutefois stoppée en trois sets par Simona Halep. Jessica Pegula enchaîne avec un quart de finale à Cincinnati, puis un autre à l’US Open. A New York, comme à Paris et à Melbourne, c’est la future gagnante (Iga Swiatek à nouveau) qui met fin à son parcours. La Polonaise la bat pour la quatrième fois de la saison en quart de finale à San Diego mais la n°1 mondiale ne dispute pas le dernier WTA 1000 de l’année à Guadalajara. L’Américaine en profite pour y soulever son premier grand trophée après une très belle victoire sur Maria Sakkari. Ce succès lui permet de faire son entrée dans le Top 3 et de disputer son premier Masters.

Malheureusement, elle ne parvient pas à y remporter le moindre match, s’inclinant face à Aryna Sabalenka, Maria Sakkari et Ons Jabeur. Malgré cette première expérience plutôt ratée au Top, Jessica Pegula a fait preuve, en 2022, de beaucoup de régularité avec trois quarts de finale en Grand-Chelem. Elle a aussi atteint ce stade cinq fois en Masters 1000 et est même parvenu quatre fois à faire mieux. L’objectif pour 2023 sera de franchir ce cap également lors des “Majors” et, pourquoi pas, d’aller y chercher un trophée. C’est dans ses cordes… pour autant qu’elle ne tombe pas contre Swiatek.

4. Caroline Garcia (FRA), n°74 fin 2021, 29 ans :

Il y a cinq ans, Caroline Garcia avait déjà réalisé une superbe fin de saison 2017 pour venir s’installer dans le Top 5 mondial. A cette occasion, elle avait atteint les quarts de finale de Roland-Garros et remporté coup sur coup les WTA 1000 de Wuhan et Pékin en battant deux membres du Top 3. Mais elle n’était pas parvenue à confirmer ce statut, notamment en Grand-Chelem où elle n’a atteint que trois maigres huitièmes de finale de 2018 à 2021. Sur la même période, la Française n’a remporté que deux tournois secondaires. Sa chute au classement a donc été inéluctable, surtout l’an dernier. 

Et le début de sa saison 2022 a confirmé son net recul. En janvier, elle n’a remporté qu’un seul match (contre Jessica Pegula tout de même) en trois tournois. A l’Open d’Australie, elle sombre d’entrée face à la qualifiée Hailey Baptiste. Battue ensuite d’entrée à Dubaï et au deuxième tour à Doha, Caroline Garcia se rassure un tout petit peu en se hissant en demi-finale du modeste tournoi de Lyon. Sa tournée américaine n’est toutefois pas plus brillante. Elle s’incline au deuxième tour d’Indian Wells contre Emma Raducanu (qui ne remportait pourtant aucun match à l’époque) et doit abandonner à Miami en raison d’une blessure au pied. La Française décide alors de faire un break de plusieurs semaines afin de se soigner complètement. Elle ne reprend le chemin des cours qu’à Roland-Garros où elle franchit un tour avant de céder contre Madison Keys. Ses premiers pas sur gazon ne sont pas franchement rassurants puisqu’elle s’incline au deuxième tour à Nottingham et à Birmingham. Mais le déclic a lieu au tournoi de Bad Hombourg, en Allemagne, où Caroline Garcia s’impose en prenant la mesure de Bianca Andreescu en finale. 

Sur sa lancée, elle prend sa revanche sur Raducanu au deuxième tour de Wimbledon puis poursuit sa route jusqu’en huitièmes. Vu le nombre de tournois qu’elle a manqué au printemps, elle décide de s’aligner sur les tournois terriens du mois de juillet. Après une demi-finale à Lausanne et un quart à Palerme, elle s’impose à Varsovie, dominant au passage l’héroïne locale Iga Swiatek. Battue d’entrée à Toronto par sa compatriote Alizé Cornet, la Française doit passer par les qualifications à Cincinnati. Elle s’en extirpe puis remporte le tournoi en dominant trois Top 10. Dans la foulée, elle se hisse pour la première fois dans le dernier carré d’un Grand-Chelem, à l’US Open. Son parcours est très impressionnant puisqu’elle ne perd pas un set avant les demis où elle craque un peu contre Ons Jabeur. Son automne est moins bon puisqu’elle ne remporte qu’un match en trois tournois à Tokyo, San Diego et Guadalajara.

Caroline Garcia réalise toutefois un dernier coup d’éclat en s’imposant au Masters. Battue en poule pas Swiatek, elle ne doit sa qualification pour les demis qu’à une victoire très serrée contre Daria Kasatkina. Mais elle domine ensuite Maria Sakkari et Aryna Sabalenka pour soulever le trophée le plus prestigieux de sa carrière. Depuis le mois de juin, la Française a donc remporté quatre tournois dont le Masters et un WTA 1000 et atteint les demi-finales de l’US Open. En termes de points, elle est la n°1 mondiale de cette deuxième partie de saison. De quoi démarrer 2023 avec beaucoup d’ambitions puisqu’elle n’a pas grand chose à défendre durant les cinq premiers mois.

5. Aryna Sabalenka (BLR), n°2 fin 2021, 24 ans :

Entrée dans le Top 10 avant ses 21 ans, Aryna Sabalenka a stagné à l’entrée de celui-ci pendant deux ans avant de faire un grand saut en avant en 2021 pour venir se placer à la deuxième place mondiale, derrière l’intouchable Ashleigh Barty. Cette saison pouvait donc être celle de la prise de pouvoir pour la puissante joueuse biélorusse. Elle n’a toutefois pas réussi à trouver une régularité suffisante pour se maintenir dans le Top 3.

Il est vrai que tout a très mal commencé avec deux défaites au premier tour lors de deux tournois disputés à Adélaïde. A l’Open d’Australie, Aryna Sabalenka sauve les meubles en se hissant en huitièmes de finale (après trois matchs en trois sets) mais cède finalement au tie-break du dernier set contre Kaia Kanepi. La tournée dans le Proche Orient la voit perdre au deuxième tour à Dubaï (face à Petra Kvitova) avant, tout de même, de se hisser en quart à Doha. Mais, alors qu’elle avait la possibilité de prendre la première place mondiale suite au retrait d’Ashleigh Barty, elle perd d’entrée à Indian Wells et Miami, laissant la route libre à Iga Swiatek. La saison sur terre-battue de la Biélorusse est tout de même nettement plus réussie avec, notamment, une finale à Stuttgart et une demi à Rome. Mais lors de ces deux occasions, elle est largement dominée par la nouvelle n°1 mondiale.

Redescendue au 7e rang, elle est surprise dès le troisième tour à Roland-Garros. Elle fait ensuite un petit tour sur gazon pour disputer deux épreuves et atteindre tout de même la finale à s’Hertogenbosch. Mais elle se voit interdire la participation à Wimbledon en tant que Biélorusse, suite à la guerre en Ukraine. On ne retrouve donc Aryna Sabalenka qu’en août, pour la tournée nord-américaine où elle va se montrer à nouveau sous son meilleur jour. Elle dispute un quart à San Jose puis, surtout, les demi-finales à Cincinnati et à l’US Open. A New York, elle est à nouveau battue par Iga Swiatek mais cette fois elle offre une bien meilleure résistance puisqu’elle prend le premier set avant de s’incliner 6/4 au troisième. Cette embellie est toutefois de courte durée puisqu’elle perd ensuite en quart à San Diego et dès son premier tour à Guadalajara.

La Biélorusse parvient tout de même, in extremis, à garder sa place dans le Top 5 grâce à un très bon Masters. Elle domine d’abord Ons Jabeur et Jessica Pegula en poule avant de prendre enfin le dessus sur Iga Swiatek en demi-finale. Si elle a donc un peu reculé au classement, Aryna Sabalenka reste la troisième plus jeune joueuse parmi les dix meilleures mondiales et peut très bien revenir disputer la première place en 2023.


6. Maria Sakkari (GRE), n°6 fin 2021, 27 ans :

Parmi les joueuses qui se sont révélées l’an dernier, Maria Sakkari est l’une des rares à avoir confirmé. Au classement, la Grecque termine d’ailleurs exactement à la même place qu’en 2021. Elle a toutefois avoué subir fortement la pression inhérente à son nouveau statut de star dans son pays. Une pression qui lui a notamment fait rater sa tournée sur terre-battue, sa surface favorite.

La saison a pourtant bien débuté pour Maria Sakkari avec un huitième de finale à l’Open d’Australie, seulement vaincue par Jessica Pegula. Dans la foulée, elle dispute la finale à St Petersbourg. Elle enchaîne encore avec une demi à Doha (en battant Pegula et Coco Gauff) et une finale à Indian Wells où elle se défait de Paula Badosa. A ces deux reprises, elle est assez largement battue par Iga Swiatek. C’est à partir de ce moment-là que les performances de la Grecque vont décliner. Elle est battue d’entrée à Miami puis doit même jeter l'éponge au premier tour à Stuttgart en raison d’une maladie. Elle est encore éliminée au deuxième tour à Madrid, puis atteint tout de même un quart à Rome. Pointée comme possible outsider à Roland-Garros, avec le dossard de tête de série n°4 sur les épaules, elle s’y incline dès le deuxième tour.

Elle souffle encore le chaud et le froid sur gazon avec tout de même une bonne demi-finale à Berlin mais des éliminations plus précoces à Nottingham, à Eastbourne et surtout à Wimbledon. A Londres, elle est surprise au troisième tour par Tatjana Maria, future demi-finaliste. Maria Sakkari va toutefois s’enfoncer encore plus durant l’été. Elle ne remporte que deux rencontres en quatre épreuves et s’incline notamment dès son premier tour à Cincinnati (face à la future gagnante Caroline Garcia) et au deuxième à l’US Open. La Grecque retrouve un peu le sourire en septembre en atteignant la finale du tournoi de Parme. Encore battue au premier tour à Ostrava et à San Diego, elle se hisse en finale à Guadalajara, sa deuxième dans un WTA 1000 cette saison.

Dans la foulée, Maria Sakkari réussit un très beau Masters. Elle sort première de sa poule en s’imposant sans perdre un set face à Ons Jabeur, Jessica Pegula et Aryna Sabalenka. Sans doute un peu fatiguée, elle s’incline ensuite en demi-finale face à Caroline Garcia. Cette fin de saison très positive doit permettre à la Grecque de voir haut pour 2023. Elle a aussi les armes pour aller décrocher un premier Grand-Chelem.


7. Coco Gauff (USA), n°22 fin 2021, 18 ans :

Promise à un grand avenir depuis son éclosion très précoce, lorsqu’elle atteignit les huitièmes de finale de Wimbledon à 15 ans, Coco Gauff n’a pas brûlé les étapes jusqu’au sommet. Elle paraissait même, par moment, stagner. Mais la période de covid a sans doute été difficile à vivre pour une joueuse aussi jeune. En trois ans, l’Américaine a beaucoup mûri et son entrée dans le Top 10 est amplement méritée. Sa saison n’a pourtant pas débuté de la meilleure manière. 

Après une bonne demi-finale à Adélaïde, Coco Gauff s’incline d’entrée à l’Open d’Australie contre la Chinoise Qiang Wang. Elle perd encore au premier tour à Dubaï (contre Jessica Pegula) mais atteint un bon quart à Doha où elle prend la mesure de Caroline Garcia et Paula Badosa. Elle perd ensuite au troisième tour à Indian Wells et en huitièmes à Miami, respectivement contre Simona Halep et Iga Swiatek. Sur terre, l’Américaine ne réalise pas de grandes performances (premier tour à Stuttgart, troisièmes à Madrid et Rome) mais elle ne perd que face à des joueuses qui finissent l’année dans ce Top 10. Son premier gros résultat de la saison vient à Roland-Garros où elle atteint sa toute première finale en Grand-Chelem. A Paris, elle se fraye un chemin sans rencontrer de joueuse du Top 30 mais sans perdre un set. 

Bien sûr, en finale, Coco Gauff n’a pas fait le poids contre Iga Swiatek mais cette première finale lui permet de passer de la 23e à la 13e place mondiale. Dès lors, ses performances vont être beaucoup plus régulières. Elle atteint tout d’abord les demi-finales à Berlin mais perd au troisième tour de Wimbledon face à Amanda Anisimova. Par la suite, l’Américaine va atteindre toute une série de quarts de finale, par exemple à San Jose, à Toronto et, surtout, à l’US Open. A New York, c’est Caroline Garcia qui met fin à son parcours. Durant l’automne, elle continue sur sa lancée et atteint encore les quarts à San Diego (battue par Iga Swiatek) et à Guadalajara. Elle termine tout de même sa saison sur une note très négative. Pour sa première participation aux Masters, devant son public, elle perd ses trois matchs de poule sans prendre le moindre set contre Swiatek, Garcia et Daria Kasatkina. 

Seule joueuse du Top 10 engagée en phase finale de la Billie Jean King Cup, Coco Gauff perd son seul match de simple et ne permet pas aux Etats Unis de sortir de leur poule. Ces dernières performances sont sans doute à mettre sur le compte de la fatigue après une aussi longue saison. D’autant qu’elle a souvent joué en double avec Jessica Pegula et que la paire américaine a obtenu de très bons résultats : finale à Roland-Garros et victoires à Doha, Toronto et San Diego. Des performances qui leur ont permis de se qualifier pour le Masters de la discipline… où, comme en simple, elles n’ont pas remporté la moindre rencontre.


8. Daria Kasatkina (RUS), n°26 fin 2021, 25 ans :

L’entrée de Daria Kasatkina dans le Top 10 n’est pas une première. Fin 2018, alors qu’elle n’avait que 21 ans, elle avait déjà brièvement intégré ce cercle. Mais des blessures lui ont fait perdre un peu le fil de son tennis ces dernières années, au point de la voir reculer jusqu’aux alentours de la 70e place. La Russe avait tout de même déjà retrouvé le Top 30 fin 2021 après une bonne saison ponctuée par un titre en Billie Jean King Cup.

Daria Kasatkina débute également très bien 2022 avec deux demi-finales, à Melbourne puis à Sydney. A l’Open d’Australie, elle passe deux tours mais s’incline face à Iga Swiatek. C’est d’ailleurs encore la Polonaise qui lui barre la route au premier tour de Dubaï et au troisième de Doha. Ses sorties suivantes, à Indian Wells et à Miami, sont plutôt ratées puisqu’elle s’incline au troisième tour en Californie et d’entrée en Floride. C’est la terre-battue qui redonne le sourire à la Russe. Elle atteint d’abord les huitièmes de finale à Madrid, en dominant Maria Sakkari. Elle se hisse ensuite en demi-finale à Rome, seulement battue 7/5 au troisième set par Ons Jabeur. A Roland-Garros, elle se hisse également dans le dernier carré, une première pour elle en Grand-Chelem.

Une nouvelle fois, c’est Iga Swiatek qui met un terme à son parcours, sèchement, comme pour toutes les adversaires de la Polonaise à Paris. Sa saison sur gazon tourne court. Daria Kasatkina dispute les quarts de finale à Berlin et à Bad Homburg mais est interdite de jouer à Wimbledon en raison de l’invasion de l’Ukraine. La Russe souffle le chaud et le froid durant l’été. Elle remporte tout de même son premier titre de la saison à San Jose puis double la mise lors du nouveau tournoi de Grandby. Par contre, dans les grosses épreuves à Toronto , Cincinnati et surtout l’US Open, elle est battue d’entrée. Durant l’automne, elle dispute les tournois d’Ostrava, San Diego et Guadalajara et y aligne des résultats plutôt moyens mais qui lui suffisent pour signer son retour dans le Top 10.

Elle participe même pour la première fois aux Masters. Largement battue lors de son premier match contre Iga Swiatek, elle domine Coco Gauff et passe tout près de valider son ticket pour les demi-finales mais s’incline au tie-break du dernier set contre la future gagnante Caroline Garcia. La forte personnalité de Daria Kasatkina a éclaté cette année. Sur les réseaux sociaux, elle n’a pas hésité à critiquer l’invasion de l’Ukraine. Elle a également annoncé son homosexualité cet été. Deux positions qu’il est dangereux d’affirmer dans la Russie de Poutine.


9. Veronika Kudermetova (RUS), n°31 fin 2021, 25 ans :

Cette année fut plutôt compliquée à gérer pour les joueuses (et joueurs) russes, contraints à jouer sous bannière neutre, souvent montrés du doigt, voire interdits de participer à Wimbledon. Bien sûr, ce ne sont que de légers désagréments par rapport à ce qu’ont subi les Ukrainiens. Mais ils et elles ne sont pas responsables de l’invasion. Certain(e)s l’ont même dénoncées. Malgré ce contexte difficile, deux d’entre elles ont donc réussi à se hisser dans le Top 10.

Veronika Kudermetova est la seconde et, dès la première semaine de la saison, elle atteint la finale du tournoi de Melbourne. Battue par Maria Sakkari au troisième tour de l’Open d’Australie, elle dispute une deuxième finale, à Dubaï. A Indian Wells, elle domine Naomi Osaka puis se hisse en quart de finale. Elle se hisse également en huitième de finale à Miami. La Russe commence sa saison sur terre à Istanbul où elle atteint une nouvelle finale. Elle passe, par contre, à côté des deux WTA 1000 du printemps, à Madrid et à Rome où elle s’incline dès le premier tour. Mais elle se rachète à Roland-Garros où elle profite de l'abandon de Paula Badosa au troisième tour avant de venir à bout de Madison Keys.

Elle s’incline finalement en quart de finale face à Daria Kasatkina. Elle enchaîne avec le gazon et une demi à s’Hertogenbosch, puis un quart à Berlin (en dominant Aryna Sabalenka). Comme toutes ses compatriotes, Veronika Kudermetova est contrainte à renoncer à Wimbledon. Elle revient sur le circuit début août, à San Jose. Elle y dispute les demi-finales après une belle victoire sur Ons Jabeur. Battue au premier tour à Toronto, elle se hisse en huitième à Cincinnati et à l’US Open où la Tunisienne prend sa revanche. La Russe réalise une fin de saison très régulière avec encore des demi-finales à Tokyo et Monastir, puis un quart de finale au WTA 1000 de Guadalajara.

En plus de cette belle saison en simple, Veronika Kudermetova poursuit une belle carrière en double. Partenaire habituelle d’Elise Mertens cette année, elle termine la saison à la deuxième place mondiale après une très belle victoire au Masters. Elle s’était aussi imposée à Dubaï avec la Belge et à Rome avec Anastasia Pavlyuchenkova durant la blessure d’Elise. Espérons que le duo se poursuivra en 2023 avec, pourquoi pas, un titre en Grand-Chelem à la clef.

10. Simona Halep (ROU), n°20 fin 2021, 31 ans :

Avant 2021, le tennis féminin a connu une grande période sans réel leader. De nombreuses joueuses se sont partagé les titres majeurs, certaines semblaient même dominer le circuit durant plusieurs mois avant de s’effondrer au classement. Durant cette période, une seule joueuse est restée régulière et n’a pas quitté le Top 10 de 2014 à 2020 : Simona Halep. La Roumaine s’est toutefois blessée au mollet l’an dernier et a glissé jusqu’à la vingtième place.

De retour sur pied, elle démarre 2022 par une victoire lors du tournoi de Melbourne. A l’Open d’Australie, elle se hisse en huitième de finale mais s’incline contre Alizé Cornet. A la fin de l’hiver, Simona Halep atteint deux très bonnes demi-finales à Dubaï (où elle bat Ons Jabeur) et à Indian Wells (en sortant Coco Gauff). Une blessure à la cuisse la contraint toutefois une nouvelle fois à se reposer et à faire l’impasse sur le tournoi de Miami et le début de la saison sur terre. La Roumaine revient à Madrid où elle domine à nouveau Gauff avant de perdre en quart. A Rome et à Roland-Garros, elle est surprise dès le deuxième tour. A Paris, c’est la jeune Chinoise Zheng qui met fin à son parcours.

Sa saison sur gazon est très réussie. Elle y aligne des demi-finales à Birmingham, à Bad Homburg et surtout à Wimbledon. Dans le Grand-Chelem londonien, elle ne perd pas un set pour se hisser dans le dernier carré et domine notamment Paula Badosa avant de céder contre la future gagnante Elena Rybakina. Après un abandon à Washington suite à un coup de chaleur, Simona Halep remporte, à Toronto, son premier titre en WTA 1000 depuis deux ans. Elle y domine notamment Coco Gauff et Jessica Pegula. Une maladie respiratoire l’oblige ensuite à déclarer forfait à Cincinnati. La Roumaine n’est pas totalement remise lorsqu'elle se présente à l’US Open et elle s’incline d’entrée.

Ce sera son dernier match de la saison. Pour mettre un terme à ses ennuis respiratoires, Simona Halep décide ensuite de se faire opérer du nez. Fin octobre, l’Agence d’intégrité du tennis annonce que la Roumaine a subi un contrôle positif lors de l’US Open et qu’elle est dès lors suspendue. De nombreux joueurs et coachs la soutiennent publiquement mais les faits sont là. Sauf retournement de situation, elle va devoir se battre en 2023 plus souvent devant une cour que sur un court.