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Le Top 10 belge masculin

 

Si les joueuses belges ont plutôt bien géré les problèmes liés au covid ce fut plus compliqué pour leurs pendants masculins. Il est vrai qu’un seul de nos joueurs participe au circuit principal. Or, les circuits Challengers et Futures ont été encore plus impactés par la crise sanitaire. Et on ne parle même pas des restrictions au niveau national. Certains joueurs, pourtant professionnels depuis de longues années, n’ont tout simplement pas eu le droit de s'entraîner pendant 4 mois. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que la plupart de nos représentants ont chuté au classement. Attention, le classement “Race” de 2020 n’a pas été publié par l’ATP et il m’était difficile de le calculer moi-même jusqu’à la 500e place donc je ne peux le donner ici. Mais c’est bien sur la base des points récoltés durant les douze derniers mois que j’ai établi ce top 10.

David Goffin (n°1 belge fin 2019, 30 ans, 11e → 15e) :

On ne sait évidemment (et heureusement) rien de ce qu’il a vécu durant le confinement au niveau privé. Mais au niveau des entraînements et du nombre de tournois qu’il a pu jouer, David Goffin est un privilégié par rapport aux autres joueurs belges. Sa fin de saison catastrophique n’en est que plus incompréhensible d’un point de vue extérieur.  Et pourtant, les attentes étaient grandes pour le Liégeois en début d’année. 

Surtout après l’ATP Cup où il a battu sa bête noire Grigor Dimitrov puis, surtout, Rafael Nadal. Une victoire et un niveau de jeu éblouissants ce jour-là qui présageaient d’une grande saison pour David. Mais à l’Open d’Australie, après une victoire à l’arraché face à son pote Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour, il s’incline en quatre sets face à Andrey Rublev. Bon, le Russe a prouvé lors de la suite de la saison qu’il était un très gros morceau. Par la suite, David se hisse en demi-finale à Montpellier mais est tout de même battu par Vasek Pospisil, alors seulement 132e mondial. Il enchaîne avec des défaites au deuxième tour à Rotterdam (contre le grand espoir Jannik Sinner) et au premier à Marseille (contre un qualifié). Ce seront ses derniers résultats d’avant confinement. La pause semblait venir à point pour David mais son retour est loin d’être brillant. Après une bonne victoire contre Borna Coric lors du Masters 1000 de New York, il s’incline en trois sets contre Jan-Lennard Struff. 

A l’US Open, son jeu semble se mettre en place. Il sort d’un premier tour piège contre l’Américain Opelka puis se hisse en huitièmes de finale. Il y est malheureusement battu par un autre grand espoir en pleine forme : le Canadien Denis Shapovalov. On ne le sait pas encore à ce moment-là, mais David ne remportera plus un match de la saison. Totalement à côté de ses pompes sur terre, il ne prend que quatre jeux à Marin Cilic à Rome puis perd en trois sets assez secs face à Sinner à Roland-Garros. Testé positif au coronavirus, il doit ensuite rester en quarantaine deux semaines et arrive sans entraînement à Anvers. Il y est fort logiquement battu par le qualifié Marcos Giron. A Paris, c’est également un qualifié, Norbert Gombos, qui mettra un terme à sa saison. Grâce au classement protégé, il se maintient dans le Top 15 mais à la “Race”, il n’est désormais plus que 25e. A la suite de cette débâcle, David Goffin prend la décision de se séparer de son entraîneur Thomas Johansson et demande à Germain Gigounon de l'accompagner l’an prochain. 

Objectifs 2021 : Celui-ci n’a pas les références du Suédois mais est un ami de longue date de David puisqu’ils fréquentaient le centre AFT de Mons ensemble il y a 10 à 15 ans. Peut-être est-ce de cela dont le Liégeois a besoin. Pas quelqu’un qui l’aide dans sa technique mais un proche qui puisse lui “vider la tête” des pensées négatives quand les choses tournent mal. On verra ce que donnera leur association mais il est évident que c’est le Top 10 que doit viser David.


Kimmer Coppejans (n°3 fin 2019, 26 ans, 160e → 177e) :

La situation n’était idéale pour personne, on l’a dit. Mais elle était plus dure encore à un échelon inférieur où le nombre de tournois disputés chaque semaine a été réduit. Les années précédentes, il n’était pas rare que, au plus fort de l'été, 5 voir 6 tournois Challengers soient disputés en même temps. Après le confinement, il n’y a plus eu qu’une seule semaine (sur 16) avec trois Challengers et les tableaux de 48 joueurs en début d’année étaient repassés à 32 participants. 

Ces tableaux étaient dès lors nettement plus relevés. Pour un joueur classé entre la 150e et la 200e place, qui n’avait pas d’autres alternatives que ces tournois, il était difficile de s’y frayer un chemin où d’avoir un ou deux premiers tours “faciles”. Kimmer Coppejans s’est retrouvé dans cette situation. Pourtant, sa saison avait plutôt bien débuté. Déterminé à disputer plus de tournois sur surface rapide, l’Ostendais n’a pas disputé le moindre match sur terre avant le confinement. Après l’ATP Cup (où il n’a pu jouer qu’un match), il s’est hissé au dernier tour des qualifications à Melbourne en battant le 103e mondial. Mais il manque la dernière marche contre l’Américain Eubanks, pourtant à sa portée. Il reste ensuite en Australie pour deux Challengers et c’est un choix judicieux car il aligne un huitième à Burnie et une demi à Launceston, tournoi où il dispute également la finale du double. Sur le chemin du retour, il s’arrête pour un tournoi très relevé en Inde où il s’incline au premier tour.

Juste avant le confinement, il se hisse en quart de finale à Nur-Sultan mais le tournoi est interrompu à ce stade. Cette interruption est plutôt malvenue pour Kimmer qui jouait plutôt bien à cet instant. Il revient sur la terre-battue de Prague fin août mais y perd deux fois consécutivement contre le même joueur, le Néerlandais Tallon Griekspoor. Il est également battu d’entrée à Prostejov. Il dispute alors les qualifications à Roland-Garros où il franchit à nouveau deux tours en remontant à chaque fois des situations très compliquées face à d’anciens Top 30. Au troisième, contre le demi-finaliste de 2018 Marco Cecchinato, il est complètement cuit et ne prend que trois jeux. Après un deuxième tour à Barcelone, Kimmer reçoit une invitation pour le tournoi d’Anvers où il est battu en deux sets par le jeune Français Ugo Humbert. Pas au top lors des deux tournois suivants, il termine sa saison sur une bonne note avec un quart de finale au tournoi de Maia où il ne s’incline qu’en trois sets. 

Objectifs 2021 : Kimmer Coppejans redémarrera la saison avec les qualifications de l’Open d’Australie, disputées exceptionnellement à Doha. S’il ne parvient pas à rejoindre le grand tableau, il retournera sur le circuit Challenger qui débutera fin janvier. On aimerait le voir assez longtemps sur dur car il y joue plutôt bien. C’est en tout cas un passage obligé s’il veut retrouver le Top 100.


Ruben Bemelmans (n°4 fin 2019, 32 ans (il en aura 33 mi-janvier), 260e → 227e) :

Après une saison 2019 gâchée par plusieurs petits pépins physiques, Ruben Bemelmans espérait bien se relancer vers le Top 100 en 2020. Et le jeune marié était plutôt bien parti dans cette direction avant que ce fichu virus ne vienne tout gâcher. A partir de l’été, ce n’était clairement plus le même Ruben qui a, en plus, de nouveau connu des soucis de santé en fin d’année.

Après un raté au démarrage et une élimination au premier tour du Challenger d’Ann Arbor, Ruben remporte une belle victoire lors d’un Future M25 à Nussloch, en Allemagne. Il s’en sort de justesse (au tie-break du dernier set) en demi puis vient à bout du très talentueux jeune joueur tchèque Jonas Forejtek en finale. Encore battu d’entrée au Challenger de Quimper, il se hisse au troisième tour de celui de Cherbourg et surtout en demi de celui de Coblence. Les deux fois, il atteint aussi les demi-finales en double. Le Limbourgeois retourne à nouveau disputer un $25.000 à Trente et, là aussi, il s’impose. Il y remporte même le simple et le double ! Le coronavirus vient mettre un coup d’arrêt à ce très beau début de saison. C’est via le Belgian Circuit, en juillet, que Ruben va faire son retour à la compétition. Il y réalise de bonnes performances puisqu’il remporte ses trois premiers tournois en battant quelques très bons joueurs comme Michaël Geerts et Christopher Heyman. 

Il s’incline toutefois en demi lors de sa dernière sortie au cinq étoiles d’Alken contre Romain Barbosa (également au tie-break du dernier set). Ruben effectue son retour sur le circuit international à Prague et, comme pour Kimmer, ce n’est pas une réussite. Il ne remporte qu’une rencontre en deux tournois. Après une nouvelle défaite au premier tour à Aix-en-Provence, où il était repêché des qualifications, il atteint le troisième tour des qualifs à Roland-Garros mais s’y incline en trois sets face au jeune Allemand Daniel Altmaier, qui poursuivra sa route jusqu’en huitièmes du grand tableau. Encore classé au-delà de la 200e place, Ruben Bemelmans ne savait pas s’il pourrait encore accéder à des tableaux finals de Challenger en fin d’année. Mais il comptait sur le tournoi d’Anvers, où il avait au moins une invitation pour les qualifs, pour se refaire une santé. 

Objectifs 2021 : C’était sans compter sur un nouveau coup du sort et un test positif au coronavirus qui va complètement priver Ruben de la fin de saison. L’avenir est incertain pour lui et est suspendu au calendrier du début de saison 2021, encore assez flou. Pourra-t-il jouer en Challenger ? Devra-t-il se contenter de tournois Futures ? Dans ces conditions, un retour dans le Top 100 rapidement s’avère compliqué.


Steve Darcis (n°2 fin 2019, 36 ans, 158e → 273e) :

Il est assez symptomatique des problèmes que connaît le tennis belge actuel de voir Steve Darcis encore à la quatrième place de ce classement. Le Liégeois a décidé il y a un an de mettre un terme à sa carrière mais désirait tout de même participer une dernière fois à la tournée australienne en 2020. Il y a disputé quatre matchs, quatre rencontres seulement qui lui permettent pourtant de rester l’un des meilleurs belges de l’année.

Il débute lors de l’ATP Cup en tant que capitaine-joueur. C’est d’ailleurs lui qui dispute le premier match officiel de la saison face au modeste moldave Cozbinov. Il s’impose dans la douleur mais remporte ensuite un bien meilleur match contre Cameron Norrie. Il perd son dernier match de poule et décide d’aligner Kimmer Coppejans en simple en quart de finale. Son tout dernier match, il le joue à Melbourne, dans le cadre des qualifications pour l’Open d’Australie. Il s’incline d’entrée et par deux fois 7/5 face au Français Benchetrit.

Objectifs 2021 : S’il ne disputera plus de compétition officielle, Steve Darcis restera près des courts. Il a en effet été nommé responsable du Team Pro de l’AFT et gèrera donc l'entraînement des meilleurs joueurs francophones du pays. Un beau défi qui lui permettra de partager son expérience du Top niveau.


Zizou Bergs (n°10 fin 2019, 21 ans, 574e → 436e) :

Seulement classé neuvième belge au classement gelé de l’ATP, Zizou Bergs a conclu une bien meilleure année que cette place ne le laisse penser. Au classement “Race”, il est d’ailleurs le cinquième belge et un des rares à progresser significativement. Il n’a pourtant pas été épargné par la crise du coronavirus et sa saison a été plutôt chaotique avec de grands moments et d’autres beaucoup plus difficiles. Le genre de saison qui fait grandir énormément.

C’est par deux épreuves à Monastir que Zizou débute 2020. Surpris d’entrée par un qualifié la première semaine, il bat un Top 500 et se hisse en finale lors de la seconde. On le retrouve deux semaines plus tard du côté de Héraklion, en Crète, et là aussi, il se hisse en finale. Il s’y incline contre Clément Geens, tout comme la semaine suivante, dès le deuxième tour. Il est à Doha, où il est qualifié pour les quarts de finale, lorsque la Fédération belge lui conseille de rentrer en Belgique parce que le circuit va être mis à l’arrêt suite à l’épidémie de coronavirus. Durant le confinement, le Limbourgeois n’est pas resté inactif. Il a travaillé son physique, notamment en proposant son aide aux gens de son village pour faire leurs courses avec son vélo. Durant l’été, lorsqu’il a pu s’entraîner à nouveau, il a beaucoup travaillé son coup droit dont il a modifié la technique et la prise. Sur le Belgian Circuit, Zizou s’est montré plutôt performant avec deux titres et deux autres finales. 

Son retour sur le circuit international a été plus compliqué avec deux défaites lors des qualifications de $25.000. C’était un moment un peu difficile pour lui durant lequel il recherchait la confiance après les modifications techniques de son jeu. Puis est arrivé le tournoi ATP d’Anvers où Zizou a reçu une wild-card pour le grand tableau suite au forfait de Ruben Bemelmans. Son parcours au Sportpaleis fut éblouissant et marque un pas décisif dans sa carrière. Il y domine son premier Top 100, l’Espagnol Ramos-Vinolas avant de tenir tête au 17e mondial Karen Khachanov pendant trois sets. Bien sûr, il n’a pas été évident d’enchaîner sur des qualifications de Futures d’autant qu’il s’est légèrement blessé en Crète deux semaines plus tard. Mais il termine sa saison sur un très beau quatrième titre professionnel à Bratislava où il n’a pas perdu le moindre set.

Objectifs 2021 : Après trois mois passés à Barcelone où il avait décidé de partir s'entraîner il y a un an, Zizou Bergs est revenu auprès de son coach précédent, le Nivellois Bertrand Tinck. Ils sont sur la même longueur d’onde et ont la même vision du jeu. Il a également changé d’entraîneur physique et de préparateur mental. Avec cette nouvelle équipe, il espère terminer dans le Top 250 dans un an. S’il est confiant quant à sa capacité d’atteindre le Top 100, il préfère ne pas se fixer cet objectif trop vite, surtout avec les conditions incertaines que nous vivons.


Christopher Heyman (n°8 fin 2019, 27 ans, 399e → 405e) :

Christopher Heyman se retrouvait il y a un an un peu à la croisée des chemins. Très costaud en tournois Futures, il ne parvenait que trop rarement à démontrer ses qualités au niveau des Challengers. En 2020, il aurait dû réussir cette transition pour franchir un cap dans sa carrière. Mais la crise sanitaire ne lui a pas vraiment permis de s’exprimer.

Il débute la saison bien mal. Lors du Future de Bagnoles-de-L’Orne, Christopher ne prend que trois jeux à un invité non classé alors qu’il était tête de série. Il passe ensuite un tour lors du M25 de Nussloch. Son meilleur mois est clairement celui de février. Il commence en remportant son dix-septième titre pro lors du $15.000 de Veigy-Fonceneix. Tête de série n°1, il est tout de même encore mis en difficultés par des joueurs classés au-delà de la 1000e place mondiale lors des deux premiers tours. Mais il augmente son niveau de jeu au fil des matchs et remporte les trois rencontres suivantes assez facilement. Dans la foulée, Christopher se hisse encore en finale du $25.000 de Barnstaple en battant notamment la première tête de série, le Britannique Draper. Il tente sa chance en Challenger pour la première fois de l’année à Coblence mais ne franchit pas le premier tour. 

Il se hisse encore une fois en quart d’un M25 à Sunderland avant que la situation sanitaire ne mette fin à cette bonne série. On retrouve Christopher durant l’été lors du Belgian Circuit. Il y dispute quatre tournois sans parvenir à en gagner un. Il parvient tout de même en finale du plus gros, le 5 étoiles du TC Mol, après avoir pris la mesure de Kimmer Coppejans en demi. C’est Ruben Bemelmans qui le prive du titre en deux tie-breaks. Sur le circuit international, l’Anversois réalise sa plus grosse perf de l’année en battant le Français Lamasine, 268e, dès son retour lors du M25 de Plaisir. Il ne parvient malheureusement pas à enchaîner et est battu par un qualifié au second tour. Après des éliminations au deuxième tour à Porto et au premier à Hambourg, il repasse par des $15.000 pour conclure sa saison. Christopher se hisse en quart de finale du premier mais la sécurité sanitaire compliquée pousse les organisateurs à mettre un terme au tournoi. 

Objectifs 2021 : Il s’incline encore d’entrée lors du M15 de Bratislava. On le voit, les résultats de Christopher Heyman n’ont pas été à la hauteur de ses attentes, hormis lors de son bon mois de février. Il devra vite engranger des points en Futures en ce début d’année 2021 s’il veut avoir la chance de disputer plus de Challengers le reste de la saison.


Arthur De Greef (n°5 fin 2019, 28 ans, 291e → 335e) :

Encore classé au 335e rang mondial et donc à la cinquième position belge au classement gelé de l’ATP, Arthur De Greef n’a pas réussi cette saison le come-back qu’il espérait après six mois d’arrêt. Si l’on ne compte que les points remportés ces douze derniers mois, il n’est plus en effet que le huitième joueur national et n’est sans doute même plus dans le Top 500 de la “Race”. 

Après sa longue indisponibilité, Arthur revient à la compétition en janvier et débute par un voyage à Hong-Kong pour disputer un $15.000, un niveau de tournoi où on ne l’avait plus vu depuis 2016. Tête de série n°2, il se hisse en demi-finale (après s’être déjà fait très peur en quart) mais n’y prend que trois jeux. Il part alors en Thaïlande pour deux Challengers mais il est à chaque fois battu assez largement au premier tour. De retour en Europe, il franchit un tour à Cherbourg, puis un autre à Bergame, mais s’incline d’entrée à Pau au bout de trois tie-breaks. Il est tout de même sélectionné pour les barrages de la Coupe du Monde de l’ITF mais il reste sur le banc tout le week-end. Le Bruxellois part ensuite à Nur-Sultan et parvient à y franchir deux tours avant d’abandonner au troisième.  Le tournoi n’ira de toute façon pas à son terme mais sera arrêté au stade des quarts de finale par la crise sanitaire. 

Ce coup dur alors qu’il avait besoin de jouer des matchs pour retrouver son niveau n’altère pas la motivation d’Arthur. Il dispute un tournoi sur le Belgian Circuit en été, le 5 étoiles du Bercuit où il est battu en demi-finale. C’est à Prague qu’il effectue son retour international pour deux Challengers. Lors du premier, il réalise la plus belle perf de sa saison en dominant le Français Couacaud, 179e mondial. Mais il ne parvient pas à reproduire ce niveau de jeu par la suite. Le Bruxellois est dominé au premier tour la semaine suivante ainsi qu’au Challenger de Iasi. Il peut prendre part aux qualifications de Roland-Garros grâce à son classement protégé mais ne peut rien faire face à l’ancien Top 20 Tommy Robredo. Il perd encore d’entrée dans un M25 et au deuxième tour des qualifs au Challenger d’Alicante. 

Objectifs 2021 : Cette fin de saison ne sonne pas le glas des ambitions d’Arthur De Greef. Si certains l’ont imaginé ranger ses raquettes pour devenir le coach d’Ysaline Bonaventure, il n’a en fait que partagé un entraînement avec la Stavelotaine. Par contre, il est très présent dans la gestion du TC Géronsart, le club qu’il a acheté avec son papa en début de saison afin de préparer son après-carrière. Mais celle-ci n’est pas encore d’actualité et Arthur sera bien présent pour les qualifs de l’Open d’Australie. 


Clément Geens (n°14 fin 2019, 24 ans, 760e → 621e) :

Étonnamment, Clément Geens n’a jamais fait partie de notre Top 10 en fin d’année. En tout cas chez les pros puisqu’il était un régulier de notre Top 10 junior, atteignant même la première place en 2014 (voir notre article). Et c’est l’année où il prend la décision de raccrocher ses raquettes, faute d’avoir pu jouer plus de cinq tournois, que nous pouvons enfin parler de lui dans nos rétrospectives.

Pourtant, le Bruxellois a terminé trois années dans le Top 500 et a même atteint une pointe à la 296e place fin 2016. Mais à l’époque, le Top 10 belge était d’une incroyable densité avec notamment huit joueurs entre la 134e et la 278 place. Clément ne terminait alors que onzième belge. Depuis lors, notre tennis masculin a énormément souffert. Sur les vingt-cinq joueurs que notre pays comptait dans le Top 1000 à l’époque, ils ne sont plus que sept actifs sur le circuit de simple quatre ans plus tard. Les autres sont soit retirés, soit blessés de longue durée. Un constat effrayant sur l’état de notre tennis. Le parcours de Clément, à peine âgé de 20 ans et considéré comme l’un de nos grands espoirs à l’époque, a été pourri par des blessures qui l’ont poussé une première fois à annoncer son retrait à la fin de l’été 2019.

Mais son envie de quand même tenter une dernière fois sa chance était trop forte et il fait déjà son retour trois mois plus tard. Début 2020, il perd au premier tour d’un $15.000 en Tunisie mais se reprend un mois plus tard en s’imposant lors d’un autre tournoi en Crête. Il parvient même à prendre la mesure de Zizou Bergs en finale. Il s’agit de son sixième titre en Future mais malheureusement du dernier. La semaine suivante, il atteint les demi-finales mais doit abandonner. Il retourne en Crète en mars et se hisse encore en quart mais le tournoi est arrêté en raison de la crise sanitaire. Après un retour assez fructueux sur le circuit belge (deux titres et trois finales), Clément reprend la compétition à Alkmaar mais abandonne après avoir remporté le premier set de sa demi-finale en raison d’un oedème osseux au bras gauche. 

Objectifs 2021 : Ce bras qui le fait souffrir depuis si longtemps sans pouvoir trouver de raison ni de solution à ces blessures à répétition. Incapable de reprendre la raquette pendant les quatre mois suivants, Clément se rend à l’évidence et annonce qu’il arrête sa carrière internationale. Il disputera encore des tournois belges si son bras le lui permet et également du padel où il espère pouvoir jouer pour l'équipe nationale.


Michaël Geerts (n°7 fin 2019, 25 ans, 385e -> 386e) :

Michaël Geerts a également souffert de quelques blessures ces dernières années. Des blessures qui l’ont poussé à reprendre des études universitaires, d’abord aux Etats-Unis, puis à la VUB. Mais il n’a jamais totalement arrêté le tennis et continue à espérer rejoindre le Top niveau. En 2020, une nouvelle blessure puis le coronavirus l’ont empêché de poursuivre sa progression.

Michaël n’a pas pu capitaliser sur une très bonne fin de saison 2019 qui lui avait permis d’atteindre son meilleur classement (347e). Une blessure au genou est venue gâcher cette progression et ne lui a pas du tout permis de rejouer avant que le circuit ne se mette en pause au printemps. Une pause qu’il a tout de même mise à profit pour terminer son Masters en finances. Ce n’est qu’en août qu’il a été capable de reprendre le tennis et il a disputé quelques exhibitions en France et en Belgique. Sur le Belgian Circuit, il a notamment disputé le 3 étoiles du Brandt TC où il s’est hissé en demi-finales et n’a été battu qu’en trois sets par Ruben Bemelmans. Fin septembre, il reprenait le chemin du circuit international. C’est lors du très relevé $25.000 de Plaisir que Michaël a renoué avec la compétition. 

Il y domine la septième tête de série au premier tour et n’est arrêté en quart que par Yannick Mertens. Michaël s’est par contre imposé en double, un discipline où il excelle puisqu’il s’agit déjà de son 11e titre en Futures. Deux semaines plus tard, il se hissait en finale du M15 de Forbach. Après une défaite au premier tour du M25 de Rodez (contre la quatrième tête de série), il reçoit une invitation pour disputer les qualifications du tournoi ATP d’Anvers. Il y tombe avec les honneurs face au 77e mondial Salvatore Caruso. Il est également invité à disputer le double avec Yannick Mertens et ils parviennent à remporter leur premier match. Michaël dispute encore deux Futures au Portugal et atteint la finale du M15 de Quinta do Lago. 

Objectifs 2021 : Il termine sa saison par les qualifications de deux Challengers mais, malgré quelques bons matchs, il ne parvient pas à rejoindre le tableau final. Avec seulement trois mois de tennis et des tournois si relevés qu’il n’a pu jouer que très peu de Challengers, Michaël Geerts n’a pas gagné beaucoup de points en 2020 et n’est donc que 9e de notre Top 10. L’an prochain, il espère pouvoir disputer une saison complète et viser à moyen terme la participation aux qualifications d’un Grand-Chelem.


Gauthier Onclin (n°13 fin 2019, 19 ans, 730e -> 650e) :

Encore junior en 2019, Gauthier Onclin espérait évidemment que sa première saison complète sur le circuit se passe dans d’autres conditions. Pour autant, il n’a pas trop mal géré la crise et termine l’année dans le Top 10 belge sur douze mois (il est treizième au classement “gelé”). Outre la crise sanitaire, il a également dû faire face à une blessure qui a freiné sa progression.

Après une bonne préparation hivernale, Gauthier démarre la saison fin janvier à Monastir. Il atteint directement une finale, sa troisième déjà en $15.000, en simple et en double. La suite de son séjour tunisien est moins fructueuse puisqu’il s’incline d’entrée lors des deux autres tournois joués dans la même ville. Mi-mars, il débute bien son parcours au M15 de Loulé, au Portugal, mais le tournoi est arrêté par la crise sanitaire avant que Gauthier ne puisse disputer son quart de finale. Durant le confinement, il a pu travailler dur physiquement et a pu bénéficier des conseils de Steve Darcis, devenu responsable du pro-team AFT en mars. Malheureusement, il se blesse un peu et ne peut débuter le Belgian Circuit qu’à la fin du mois de juillet.

Son retour y est très bon. Il remporte tout de suite deux tournois très relevés, le 5 étoiles du Bercuit et le 4 étoiles de Visé. Il y bat notamment Arthur De Greef et deux fois Clément Geens. Mais il commence ensuite à ressentir une douleur au genou et doit renoncer lors de son troisième tournoi. Gauthier repousse aussi son retour et ne l'effectue que mi-septembre au Portugal, pour trois M15. Lors du premier, à Sintra, il perd au deuxième tour contre le Monégasque Catarina, huitième tête de série. Il bat ce joueur la semaine suivante, toujours au même endroit, mais s’incline en quart. A Castelo Branco, il est par contre éliminé en qualifs. Il termine sa saison par deux séjours à Sharm El Sheikh, en Egypte. Mais il ne parvient jamais à remporter plus d’un match en simple. 

Objectifs 2021 : Cette douleur au genou est la raison principale des performances plus faibles de Gauthier Onclin cet automne. En manque de repères et de confiance, il n’a jamais pu retrouver son meilleur tennis. S’il en est totalement débarrassé en 2021, il poursuivra certainement sa progression. Une place dans le Top 400 est totalement envisageable.




Hors catégorie

Ils ne jouent pas sur le circuit ATP, ni même ITF en simple messieurs et ne peuvent donc être classés dans ce Top 10. Mais leur saison très réussie dans leur discipline fait qu'on ne peut pas ne pas évoquer leurs résultats dans cet article.

Sander Gille (n°2 belge en double, 29 ans, 47e -> 40e) et Joran Vliegen (n°1 belge en double, 27 ans, 39e -> 36e) :

Désormais bien installés sur le circuit principal, Sander Gillé et Joran Vliegen devaient faire face à l’année de la confirmation, toujours difficile à négocier. Malgré les conditions exceptionnelles, ils y sont parfaitement arrivés et peuvent désormais viser beaucoup plus haut. Ils démarrent leur saison auprès du gratin du tennis mondial lors de la nouvelle ATP Cup où ils tiennent une place prépondérante.

Car c’est grâce à leur succès au super tie-break contre la Bulgarie avec Grigor Dimitrov que la Belgique décroche son ticket pour les quarts de finale. Ils passent même tout près d’un exploit en poussant dans ses derniers retranchements la paire espagnole composée de Rafael Nadal et Pablo Carreno Busta. Les Belges finissent par s’incliner sur le score étriqué de 6/7-7/5 10-7. Dans la foulée, ils se hissent en demi-finale du tournoi d’Auckland, puis franchissent un tour à l’Open d’Australie. Joran parvient même à atteindre les quarts en double mixte avec Saisai Zheng. Les Limbourgeois choisissent alors l’option de disputer la tournée en Amérique latine durant tout le mois de février. Un choix pas vraiment payant puisqu’ils n’atteignent qu’une seule demi-finale (à Buenos Aires). Mais leurs défaites au premier tour de Cordoba et de Rio ainsi que celle en quart à Acapulco sont à chaque fois concédées au super tie-break. Pendant le confinement, Sander et Joran prennent le temps de se ressourcer auprès de leurs familles. 

Leur retour a été un peu difficile puisqu’ils n’ont pris que deux jeux à leurs adversaires lors du Masters 1000 de New York. Une défaite cinglante assez rare à ce niveau là en double. Ils se reprennent très rapidement pour atteindre les quarts de finale de l’US Open, battant au passage Lukasz Kubot et Marcelo Melo, la deuxième paire du tableau. C’est la première fois qu’ils vont aussi loin ensemble dans un tournoi du Grand-Chelem. Leur retour sur terre est un peu plus compliqué puisqu’ils s’inclinent au deuxième tour à Rome et surtout au premier à Roland-Garros face à une paire qui était à leur portée. Encore battus d’entrée à St Petersbourg, ils se hissent en demi du tournoi d’Anvers mais s’y inclinent 10-8 au super tie-break après avoir mené 7/4. Une défaite cruelle dans une épreuve qui leur tient à cœur puisque c’est la toute première qu’ils ont pu jouer sur le grand circuit. Heureusement, Sander et Joran se reprennent très vite et remportent dès la semaine suivante le tournoi de Nur-Sultan.

Objectifs 2021 : Il s’agit de leur quatrième titre sur le grand circuit. Ils concluent la saison avec un tour franchi au Masters 1000 de Paris puis une dernière élimination d’entrée à Sofia. Avec leur coach Marco Kroes, Sander Gille et Joran Vliegen ont pris une décision très importante pour une paire de double durant le confinement : celle de changer de côté. Joran, le gaucher, joue désormais sur le côté gauche du court. Cette tactique a semblé payante même s’ils ont parfois encore des repères à prendre. Mais c’est un changement qu’ils espèrent bénéfique sur le long terme et dès 2021 où leur objectif principal sera de briller aux J.O. et pourquoi pas de se qualifier pour le Masters. Avec leur treizième place à la “Race” cette année, ils n’en étaient pas si loin.


Joachim Gerard (n°1 belge en wheelchair, 32 ans, 5e -> 4e) :

Plus encore que les autres, le circuit Wheelchair a été lourdement impacté par la crise sanitaire. Les joueurs ont certes pu disputer trois Grand-Chelems mais la plupart des autres gros tournois ont été supprimés. Il n’y a ainsi eu qu’un seul des six Supers Series et quatre des dix ITF 1. L’année fut donc difficile pour ces joueurs dont les prize moneys sont déjà très inférieurs à ceux qu’on trouve chez les “valides”. Joachim Gerard a tout de même eu l’occasion d’enregistrer quelques très bons résultats.

Dès le premier Super Series de la saison, disputé à Tweed Heads, en Australie, Jo réussit une super perf en dominant le n°1 mondial Gustavo Fernandez en quart de finale. En demi, il doit néanmoins baisser pavillon face à Alfie Hewett, le quatrième joueur de la planète. Il se rend alors à Melbourne pour un ITF 1. Il y réalise un parcours parfait et prend la mesure de Stéphane Houdet (4e) et de Shingo Kunieda (nouveau n°1) avant de prendre sa revanche sur  Hewett (3e). A l’Open d’Australie, il passe un tour puis chute en demi contre Gordon Reid, celui-là même qui l’avait privé du titre au même endroit quatre ans plus tôt. C’est le même joueur qui arrête le Brabançon en demi-finale de l’ITF 1 de Rotterdam en février. En mars, il part pour une tournée aux Etats-Unis mais le premier tournoi, à Rome (en Géorgie) est annulé en raison de la crise du Coronavirus.

Au début du confinement, Joachim observe un mois d’arrêt complet pour évaluer le risque sanitaire. Ca lui permet de se ressourcer et de rester auprès de sa femme infirmière pour lui apporter son soutien durant cette crise. Il a aussi pris un peu de temps pour lui, pour commencer un potager, se reposer et revenir à 100%. Il fait son retour lors de l’US Open où il franchit encore le premier tour mais s’incline en trois sets face à Kunieda. On le retrouve deux semaines plus tard sur la terre-battue de l’Académie Mouratoglou où il connaît la seule petite contre-performance de sa saison avec une défaite en quart contre le Japonais Miki. Mais il se reprend tout de suite en atteignant la deuxième finale en Grand-Chelem de sa carrière à Roland-Garros. En demi, il prend une nouvelle fois la mesure de Kunieda avant de passer tout près de la victoire en finale face à Alfie Hewett. Sa grande fierté d’atteindre cette finale est un peu atténuée par cette occasion manquée. 

Objectifs 2021 : Mais dans l'ensemble, Joachim a connu plus de bons que de mauvais moments cette année. La période de confinement lui a aussi permis de travailler sur différents éléments qu’il met en place avec son coach Damien Martinquet avec lequel il travaille depuis septembre 2019. L’an prochain, il essaiera de poursuivre sur cette lancée pour essayer d’enfin remporter un Grand-Chelem. Il ne se met pas pour autant trop de pression avec cet objectif. Il sait qu’en continuant à travailler comme il le fait, il finira bien par y parvenir un jour ou l’autre.