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Les meilleurs juniors

 

Avec seulement deux Grand-Chelems, deux Grades A (sur 5) et seulement la moitié des Grades 1 organisés, la saison junior a été largement amputée en 2020. Difficile donc de pointer cinq joueurs qui ont le potentiel de devenir les champions de demain. D’autant que ceux qui ont préféré se frotter au circuit pro se sont pour la plupart cassé les dents lors de tournois ITF beaucoup plus relevés que les autres années. Comme pour l’article précédent, nous avons donc opté pour des Top 3 et non des Top 5 cette année.

Hommes :

Harold Mayot (FRA, né le 4 février 2002, meilleur classement ITF junior : 1e, ATP : 426e) :

Si la génération dorée du tennis français ne fera plus long-feu sur le circuit ATP, la relève est en train de pointer le bout de son nez. Ugo Humbert est un des jeunes les plus en vue au plus haut niveau et Hugo Gaston a démontré son potentiel à Roland-Garros. Et ils pourraient être bientôt rejoints par un jeune joueur de 18 ans qui a dominé la saison junior et se situe déjà dans le Top 500 chez les pros : Harold Mayot.

Brillant dès les U14, il remporte le Catégorie 1 de Bolton et atteint les demi-finales des Petits As en 2016. Deux ans plus tard, il emmène l’équipe française vers le titre en Winter Cup et en Summer Cup des U16 puis en demi de la Junior Davis Cup. Harold fait déjà ses débuts chez les U18 à 14 ans et remporte rapidement un premier titre, un Grade 5 en Guadeloupe. Ce n’est qu’en 2018 qu’il commence à briller au plus haut niveau avec un titre au Grade 1 de San Jose et deux autres finales à ce niveau. En 2019, il atteint les demi-finales à Wimbledon et remporte le Grade A d’Osaka. Au Masters, il ne s’arrête qu’en finale. Cette année, le Français la débute par un titre à l’Open d’Australie face à son compatriote Arthur Cazaux. Il est par contre surpris au deuxième tour de Roland-Garros. Mais comme le classement junior a également été gelé, ses résultats de 2019 comptent aussi et lui permettent de terminer l’année au sommet. Ce qui lui a aussi permis de rapidement se concentrer sur sa progression au classement ATP.

Le Messin avait d’ailleurs déjà brillé fin 2019 en remportant deux Futures et en atteignant une finale. Cette année, il a pu atteindre ses deux premiers quarts en Challenger en début d’année et a même reçu une invitation pour le tableau final de Roland-Garros. Il s’y est incliné en trois sets contre Alejandro Davidovich Fokina. Harold Mayot est un droitier au revers à deux mains et il est coaché par Thierry Tulasne. C’est un bosseur avec une mentalité de gagneur qui devrait l’aider à franchir rapidement les prochains paliers. 

Dominic Stephan Stricker (SUI, né le 16 août 2002, meilleur classement ITF junior : 3e, ATP : 1165e) :

Roger Federer et Stan Wawrinka ont écrit les plus belles pages de l’histoire du tennis suisse masculin ces 20 dernières années. Mais avec les blessures qui s’accumulent, il semble évident que leur temps sur le circuit touche à sa fin. Et personne jusqu’ici n’a été en mesure de prendre la relève. Mais trois jeunes joueurs Suisse de 18 ans ont marqué la saison chez les juniors et pourraient bien rapidement rejoindre le Top 100. Le meilleur d’entre eux s’appelle Dominic Stephan Stricker.

A 14 ans, celui-ci ne faisait pas partie du gratin européen. Sur le circuit TennisEurope il n’a pas dépassé la 58e place et son meilleur résultat en simple est une finale dans un Catégorie 2 en Italie. A l’époque, il ne fait même pas partie des trois meilleurs joueurs de son pays. Très vite, il se concentre sur le circuit U18 qu’il débute dès 2016. Il lui faut tout de même un an pour atteindre sa première demi-finale, c’était lors d’un Grade 5 à Lucerne. Il enchaîne avec une deuxième puis une finale début 2018 lors d’un Grade 4 en Bavière. Dominic perce vraiment à la fin de cette année-là en s’imposant à Lucerne puis en remportant un Grade 3 et un Grade 2 en Israël et en disputant deux autres finales de Grades 2. En 2019, il peut disputer ses premiers Grand-Chelems et se hisse en quart de finale de l’US Open. Quart de finaliste également à Melbourne en janvier 2020, battu seulement 7/5 au dernier set par Harold Mayot, il en termine avec le circuit junior avec une perf énorme : un succès à Roland-Garros dans une finale 100% suisse face à son pote Leandro Riedi.

Sur le circuit pro, Dominic Stephan Stricker n’a pas encore connu de bons résultats. Il n’a joué qu’une poignée de Futures et n’a pas fait mieux qu’un quart en M25. Gaucher au gros coup droit, il accuse un petit retard à ce niveau par rapport à son compatriote Riedi (déjà 891e à l’ATP) contre lequel il n’avait jamais gagné en compétition officielle avant Paris. A ces deux joueurs, il faut ajouter Jeffrey Von Der Schulenburg, 16e mondial chez les juniors, et Jéröme Kym, 39e avec un an de moins. La Suisse pourrait bien connaître, grâce à ces quatre là, de brillants lendemains à Federer et Wawrinka.  

Martin Damm (USA, né le 30 septembre 2003, meilleur classement ITF junior : 4e, ATP : 857e) :

Petr Korda n’est pas le seul joueur tchèque des années 90 à s’être installé aux Etats-Unis à la fin de sa carrière. C’est aussi le cas de Martin Damm (42e à l’ATP en 1997) qui, comme Petr, s’occupe désormais de la progression de son fils Martin Jr, né à Bradenton comme Sebastian Korda. Le papa est surtout connu pour sa belle carrière en double où il fut classé 5e mondial suite à sa victoire à l’US Open 2006 aux côtés de Leander Paes.

Martin Jr a tout juste 13 ans lorsqu’il dispute son premier tournoi junior où il ne sort pas des qualifs. Quatre mois plus tard, il y parvient lors d’un Grade 4 au Guatemala et ne s’incline qu’en quarts. Après une demi dans un Grade 4 floridien, il aide son équipe nationale à atteindre la 5e place de la Coupe du Monde des U14. En 2018, il commence à alterner avec des tournois plus relevés et les résultats ne sont pas trop au rendez-vous. Il remporte tout de même un Grade 4 en fin d’année. C’est en 2019 que l’Américain perce vraiment. Il atteint la finale du Grade 1 de San Jose puis celle du Grade A de Porto Alegre ainsi que celle de l’Easter Bowl (un tournoi réservé aux Américains). Il démontre qu’il est à l’aise sur toutes les surfaces en atteignant les demi-finales du Grade A de Milan puis celles de Roland-Garros et de Wimbledon, le tout à seulement 16 ans. En septembre, il hisse les Etats-Unis en finale de la Coupe Davis Junior. Il termine son parcours junior à l’Open d’Australie où il est battu en quart par Arthur Cazaux au tie-break du dernier set.

Sur le circuit principal, Martin Damm Jr a connu plus de réussite en double pour l’instant. Il a remporté un titre Future et a surtout obtenu une invitation pour l’US Open 2019 où il a franchi le premier tour avec son copain Toby Kodat. La paire s’était imposée aux championnats des Etats-Unis juniors quelques semaines plus tôt. En simple, il a tout de même atteint la finale d’un M25 fin 2019. Avec Kodat mais aussi Dali Blanch, il représente le futur du tennis Américain.


Femmes :

Elsa Jacquemot (FRA, née le 3 mai 2003, meilleur classement ITF junior : 1e, WTA : 535e) :

Le tennis féminin français est vraiment dans un creux. Si Caroline Garcia et Kristina Mladenovic ont un temps semblé capable d’atteindre les sommets, elles sont aujourd’hui en perte de vitesse et il n’y a plus de joueuses tricolores dans le Top 40. Une première depuis au moins 1983. Heureusement, la relève est là. C’est en effet la troisième année consécutive qu’une Française termine à la première place du classement junior. Clara Burel l’avait fait en 2018, Diane Parry en 2019 et c’est au tour d’Elsa Jacquemot cette saison.

Elsa ne dépasse pas la 21e place chez les U14. Il faut dire que, dès ses treize ans, elle dispute en parallèle autant de tournois U16 que U14. Elle parvient tout de même à emmener la France en finale de la Summer Cup en 2017. Elle domine par contre la catégorie U16 européenne dont elle atteint la première place en 2018 après des finales en simple et en double au Championnats d’Europe. Elle fait ses débuts chez les juniors à 13 ans également et remporte, un an plus tard, deux Grades 5 en France. En 2018, elle gagne un Grade 3 et atteint un quart en Grade 1. Elle peut même participer pour la première fois à Roland-Garros. Elle passe un cap l’année suivante en remportant deux Grades 1 et en se hissant en quart à Roland-Garros et à Wimbledon. La consécration arrive cette année avec un titre lors du Grand-Chelem parisien. Elle n’avait toutefois pas attendu cette saison pour briller sur le circuit adulte. Elle est en effet devenue la plus jeune joueuse française à remporter un match, c’était lors d’un W15 à Amiens alors qu’elle n’avait pas encore 15 ans. Au deuxième tour, elle poussait ma 253e mondiale dans ses derniers retranchements. 

Depuis, Elsa Jacquemot a fait du chemin et a même déjà battu une Top 100, Nina Stojanovic, en septembre 2020. Avant de remporter le tournoi chez les juniors, elle avait également obtenu une wild-card pour le grand tableau e Roland-Garros chez les pros mais n’avait pris que trois jeux à une qualifiée. La Française a un jeu offensif et varié, axé sur un service et un coup droit puissant. Elle est également très endurante, une qualité qu’elle a hérité de son papa, ancien champion de France de décathlon. 

Emma Raducanu (GBR, née le 13 novembre 2002, meilleur classement ITF junior : 20e, WTA : 345e) :

Née à Toronto mais installée en Grande-Bretagne depuis ses deux ans, Emma Raducanu a remporté deux Catégories 3 dès sa première saison chez les U14. L’année suivante, elle s’impose en double aux Petits As et remporte un Catégorie 2. Elle se hisse également en quart de finale des Championnats d’Europe. Elle culmine en 2016 à la 34e place continentale. Mais elle était déjà bien installée sur le circuit U18 à ce moment-là. Emma y fait sa première apparition trois jours à peine après son treizième anniversaire et, chose assez exceptionnelle à un si jeune âge, elle remporte son premier tournoi (un Grade 5 à Liverpool). 

En 2016, elle dispute trois tournois Grades 4 sur ce circuit et atteint la finale à deux reprises. Elle gagne deux titres supplémentaires début 2017 (des Grades 4). Elle aligne ensuite plusieurs quarts en Grades 2 avant d’être invitée à Wimbledon où elle franchit un tour à 14 ans donc. Elle démarre 2018 par une incroyable série de vingts succès et remporte donc quatre titres (un Grades 3 et 3 Grades 2). La Britannique domine ensuite Leylah Annie Fernandez à Wimbledon mais est surclassée en quart face à Iga Swiatek. Elle atteint le même stade à l’US Open. A 16 ans, elle décide de se lancer à temps-plein chez les pros et ne dispute plus que quelques épreuves juniores, sans succès. Et les débuts d’Emma Raducanu chez les adultes sont presque aussi brillants que chez les juniors. Dès son troisième tournoi en mai 2018, elle s’impose lors d’un $15.000 en Israël en battant notre compatriote Hélène Scholsen en finale. Elle n’avait alors que 15 ans. 

Elle en remporte un autre en fin d’année et dispute aussi une demi en W25. En 2019, elle atteint encore plusieurs fois le dernier carré à ce niveau et finit par s’imposer lors de celui de Pune, en Inde. En cette saison un peu compliquée, la Britannique ne dispute que deux tournois et atteint une nouvelle finale en W25. Elle aura sûrement l’occasion, dès l’année prochaine, de démontrer ses qualités à un plus haut niveau.

Linda Fruhvirtova (TCH, née le 1er mai 2005, meilleur classement ITF junior : 10e, WTA : 746e) :

Il est rare que je sélectionne un joueur ou une joueuse de 15 ans ici-même mais le talent de la toute jeune Tchèque Linda Fruhvirtova la place déjà comme l’une des meilleures joueuses de moins de 18 ans au monde. Dès 12 ans, elle est sélectionnée en Summer Cup et pour les championnats d’Europe des U14. L’année suivante, elle remporte les Petits As en double puis mène son pays à la victoire en Winter Cup. 

En fait, Linda remporte deux Catégories 1 en U14 et un en U16 et ne perd que quatre matchs de toute la saison. Le tout à seulement 13 ans. Elle en termine avec le circuit TennisEurope en s’imposant aux Petits As avant ses 14 ans et en ne laissant jamais plus de quatre jeux à ses adversaires, dont notre compatriote Sofia Costoulas en finale. A ce moment-là, elle était déjà très active chez les U18. Elle atteint ses deux premiers quarts dans un Grade 2 à seulement 13 ans et quatre mois. Après une première finale en Grade 3 début 2019, puis une autre dans un Grade 1 deux mois plus tard, la Tchèque remporte son premier titre junior au Grade 2 de Piestany. Demi-finaliste au Grade A de Milan, elle passe un peu à côté de son premier Grand-Chelem à Roland-Garros mais elle franchit déjà deux tours à Wimbledon. Durant la deuxième partie de la saison, elle est encore dans le dernier carré des Championnats d’Europe et en finale du Grade A du Cap. En 2020, elle ne dispute que l’Open d’Australie et Roland-Garros mais ces deux rendez-vous sont plutôt manqués.

En parallèle, Linda Fruhvirtova dispute aussi ses premiers tournois professionnels. A 14 ans, elle atteint déjà son premier quart en $25.000. Elle reçoit une invitation pour le tournoi WTA de Prague où elle est battue d’entrée par Clara Tauson. Elle termine cette saison un peu délicate par une finale en W15 à Monastir. Pour l’année de ses 16 ans, la Tchèque ambitionne de remporter des Grands-Chelems juniors et d’atteindre le Top 200 à la WTA. Un objectif ambitieux mais réaliste vu son potentiel. Et le nom de Fruhvirtova pourrait marquer le tennis féminin des deux décennies à venir car sa sœur Brenda, qui s'entraîne avec elle à l'Académie de Patrick Mouratouglou, semble encore plus prometteuse.