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Les favoris pour Roland-Garros

 

 Vu le contexte particulier dans lequel va se dérouler la 90e édition du tournoi de Roland-Garros, il est difficile d'émettre un pronostic sur les futurs vainqueurs. Bien sûr, Rafael Nadal est le favori à la course pour la défense de son titre. Mais de nombreuses embûches se dresseront sur sa route. Côté féminin, en l'absence de la lauréate de l'US Open Naomi Osaka et de la tenante du titre Ashleigh Barty, Simona Halep semble avoir les meilleures chances de succès.


Avec ses 12 titres à Paris, Rafael Nadal est bien évidemment le Maître des lieux. Jamais avant lui un joueur n'avait régné à ce point sur une surface, quelle qu'elle soit. Et ce n'est pas sa défaite prématurée à Rome qui va remettre cela en cause. Le Court Philippe Chatrier offre énormément d'espace autour de la surface de jeu ce qui lui convient parfaitement. Et le format en cinq sets le favorise encore plus tant il est difficile de tenir sur la longueur, aussi bien physiquement que mentalement face à son lift très lourd. Pour autant, les conditions particulières qui entourent le tournoi ne vont pas lui faciliter la tâche. Tout d'abord, il y a la date du tournoi. Depuis 15 ans, le Majorquin adapte son calendrier d'entraînement afin d'être à son Top niveau fin mai. Le déplacement de l'épreuve ainsi que le confinement ont totalement chamboulé sa préparation. Nul doute qu'il l'aura adaptée avec le professionnalisme qu'on lui connaît mais il arrive tout de même à Paris dans l'incertitude quant à sa forme, et sa défaite à Rome n'est pas là pour le rassurer. 


Avec un tirage plutôt favorable, il devrait pouvoir se régler sans trop de soucis durant la première semaine. Mais une autre inconnue vient s'ajouter avec le nouveau toit qui couvre désormais son court fétiche. Or, Rafa n'est plus le même joueur dans les conditions « indoor ». Rendez-vous compte que sur ses 82 titres, il n'en compte que deux à l'intérieur. Lors de ses neuf participations au Masters, il n'a que rarement montré un visage conquérant et le tournoi de Bercy ne lui a jamais vraiment réussi non plus. Il a pourtant remporté 19 autres titres en extérieur sur des surfaces dures assez similaires dont quatre US Open et huit titres en Masters 1000. Bien sûr, il n'a que très peu de références sur terre-battue couverte mais sur du gazon couvert, lorsque le Center Court de Wimbledon ferme son toit, on l'a vu à plusieurs reprises perdre pied. Et la météo de la semaine prochaine s'annonce plutôt humide.


Des conditions qui conviennent par contre parfaitement à Novak Djokovic. Le Serbe compte cinq titres au Masters et autant à Paris indoor. Et lors de ses cinq titres à Wimbledon, il a souvent sorti de gros matchs lorsque le toit était fermé. Il est en plus monstrueux depuis le début de saison puisqu'il n'a pas perdu un seul de ses 31 matchs (si on ne compte pas bien sûr sa rocambolesque disqualification à New-York). Le jeu de Nadal lui convient puisque, faut-il le rappeler, il est le seul joueur du Top 50  qui a un tête-à-tête positif avec l'Espagnol. Et même sur terre-battue, il fait presque jeu égal ces dernières années. Il a en effet dominé Rafa 7 fois sur 15 depuis 2011 sur cette surface. Il faudra évidemment voir s'il a bien digéré la désillusion de l'US Open mais sa victoire à Rome la semaine dernière semble le démontrer.


Dominic Thiem pour brouiller les cartes


Est-ce qu'un joueur peut mettre des bâtons dans les roues de ces deux-là ? Dans l'affirmative, on pense immédiatement à Dominic Thiem. L'Autrichien qui a été versé dans la partie de tableau de Nadal, a déjà battu quatre fois le Majorquin sur terre. Il fut également finaliste des deux dernières éditions et fit jeu égal avec le Maître des lieux l'an dernier, du moins durant les deux premiers sets. Il a en outre franchi un cap important, à New York, en remportant son premier titre du Grand-Chelem. Bien sûr, cette victoire n'a pas la même valeur qu'un vrai titre du Grand-Chelem. Dominic est en effet le premier joueur à remporter un des quatre « Majors » alors qu'aucun membre du « Big 3 » n'était présent au stade des quarts de finale depuis... Gaston Gaudio à Roland-Garros en 2004. Mais ce premier titre est tout de même dans sa poche et ça pourrait lui enlever pas mal de pression. 


Derrière on voit mal qui pourrait s'imposer car personne n'est en mesure de battre deux de ces joueurs, voire les trois, sur la même quinzaine. Certains ont tout de même des qualités qui pourraient leur permettre de jouer un rôle d'outsiders. Il y a bien sûr Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Alexander Zverev, têtes de série 4 à 6 de l'épreuve. Les trois joueurs sont toutefois plus performants sur dur surtout le Russe. C'est peut-être l'Allemand qui pourrait se montrer le plus dangereux. Ses références sur terre sont tout de même bonnes puisqu'il s'est déjà imposé à Rome et à Madrid. Et sa finale à New-York, son premier très bon résultat en Grand-Chelem, lui a sûrement gonflé le moral.


Ancien vainqueur, Stan Wawrinka reviendra à Paris avec quelques ambitions également. Tracassé par des problèmes de santé ces dernières années, il semble petit à petit retrouver son meilleur niveau. Il aura toutefois fort à faire d'entrée de jeu avec l'affiche de ce premier tour qui l'opposera à Andy Murray, lui aussi de retour à un meilleur niveau. Quelques autres joueurs seront à suivre de près. Il y a bien sûr Diego Schwartzman qui a atteint la finale à Rome en battant Nadal. Ce succès ne vient pas de nul part, l'Argentin progresse d'années en années et est depuis longtemps un sacré client sur terre. Il était d'ailleurs déjà en demi à Rome en 2019 et avait déjà sérieusement menacé Rafa à Paris en 2018. Hormis Djokovic et Thiem, un seul autre joueur a battu l'Espagnol au moins trois fois sur terre et il s'agit de Fabio Fognini. Le fantasque Italien peut, dans un grand jour, réaliser à nouveau cet exploit et il pourrait d'ailleurs affronter Nadal en huitièmes. Denis Shapovalov, quart de finaliste à New-York et demi-finaliste à Rome pourrait aussi frapper un grand coup.


Les autres favoris arrivent avec trop peu de repères pour les imaginer faire un grand parcours. Le retour à la compétition de Gaël Monfils (n°8) après le confinement s'est soldé par une défaite assez sèche face à un qualifié à Rome. Pas de quoi le mettre en confiance donc même s'il reste la meilleure chance du très grand contingent français. Matteo Berrettini (n°7) n'a pas non plus brillé dans la capitale italienne et Roberto Bautista Agut (n°10) ne s'y est même pas rendu. C'est peut-être son compatriote Pablo Carreno Busta, auteur d'un très bon US Open, qui pourrait tirer son épingle du jeu dans sa partie de tableau.


Halep, comme en 2018 ?


Lors de l'édition 2018, Simona Halep avait connu la délivrance d'un premier titre en Grand-Chelem après trois finales perdues, dont deux sur le même court Philippe Chatrier. Depuis, la carrière de la Roumaine a connu de nombreux hauts et bas. Des blessures surtout qui l'ont fait reculer jusqu'à la 8e place à la fin du printemps 2019 mais aussi un titre totalement inattendu à Wimbledon le mois suivant. Elle a encore connu quelques pépins physiques à l'automne avant de redémarrer 2020 dans de meilleures dispositions avec une demi à Melbourne et un titre à Dubaï. A la fin du confinement, elle a fait l'impasse sur l'US Open mais s'est imposée sur les terre-battues de Prague et de Rome. Simona reste donc sur une série de 14 victoires et vu ses qualités de terrienne, elle est évidemment la favorite du tournoi.


D'autant que les quatre têtes de série suivantes ne semblent pas avoir les armes pour la terrasser. Karolina Pliskova (n°2) maîtrise de mieux en mieux la terre-battue comme le montre sa récente finale à Rome. Mais elle a dû y abandonner et n'est pas sûre d'être remise à 100% au moment de débuter le tournoi. Elina Svitolina (n°3) doit sa place à ses demi-finales à Wimbledon et à l'US Open en 2019. Mais ses récents résultats sur terre ne sont pas brillants et cette année, hormis une victoire au modeste tournoi de Monterrey, elle n'a guère eu l'occasion de se montrer. Elle dispute tout de même la finale à Strasbourg ce samedi ce qui pourrait lui redonner confiance. Sofia Kenin (n°4) avait par contre débuté cette saison tambour battant avec cette magnifique victoire à Melbourne. Elle s'était également imposée à Lyon mais le confinement semble lui avoir coupé les jambes à l'image de ce double 6/0 subi à Rome. Enfin Kiki Bertens (n°5) a quelques références sur terre, une demi à Paris en 2016 notamment où une victoire à Madrid l'an dernier. Difficile pour autant de l'imaginer s'imposer d'autant qu'elle aussi a lourdement chuté d'entrée à Rome et s’est blessée à Strasbourg.


A la septième place du tableau, on retrouve une Serena Williams qui poursuit son rêve de décrocher un 24e titre record en Grand-Chelem. Alors bien sûr, sur un seul match, la reine du tennis féminin de ce début de siècle est toujours capable de battre n'importe qui. Mais la voir aller au bout d'un tournoi de deux semaines est tout de même hautement improbable. D'autant que se profile en huitièmes de finale un duel qui promet d'être explosif face à Victoria Azarenka. La Biélorusse, ancienne n°1 mondiale et double lauréate en Grand-Chelem est revenue à son meilleur niveau après des années de galère. Cet été, elle a enchaîné un titre au Premier 5 de New-York, une finale à l'US Open (en battant Serena) et un quart à Rome. Elle sera sans doute la principale rivale d'Halep pour la victoire finale. Il ne faudrait pas non plus négliger une ancienne lauréate, Garbiñe Muguruza, qui a réalisé un beau parcours à Rome en battant Azarenka et en poussant Halep dans ses derniers retranchements.


Quelques jeunes joueuses pourraient réaliser l'une ou l'autre surprise. Il faudra suivre tout particulièrement Marketa Vondrousova qui n'est pas tout à fait une inconnue puisqu'elle avait déjà atteint la finale en 2019 alors qu'elle n'avait pas 20 ans. Un gros problème au poignet gauche l'a ensuite contrainte à l'opération il y a un an et explique sa disparition des écrans depuis lors. Mais elle s'est rappelée au bon souvenir en se hissant en demi à Rome la semaine passée. Elle pourrait affronter deux autres jeunes talents très prometteurs puisqu'elle sera opposée à la Polonaise Iga Swiatek d'entrée, puis à l'Ukrainienne Dayana Yastramska au troisième tour. A 21 ans, Elena Rybakina commence à enchainer les victoires et son bon tableau pourrait lui ouvrir la voie vers les quarts, voire plus. Enfin, la plus jeune joueuse du tableau est encore et toujours Cori Gauff, 16 ans, mais elle aura fort à faire d'entrée puisqu'elle jouera contre Johanna Konta, 9e tête de série.


Les chances des Belges


David Goffin sera à nouveau notre seul représentant dans le tableau masculin. Et sa 11e tête de série ne l'a pas protégé d'un tirage très compliqué. Il devra en effet affronter d'entrée le jeune prodige italien Jannik Sinner. Ce dernier manquait un peu de références sur terre jusqu'à la semaine passée où il a dominé Benoit Paire et Stefanos Tsitsipas avant de pousser Grigor Dimitrov aux trois sets devant son public romain. David devra donc être très méfiant. S'il passe tout de même, il pourrait affronter Benoit Paire au troisième tour. On connaît les capacités du Français sur un match, d'autant qu'il aura le soutien de son public. Mais la solidité du jeu de David pourrait vite lui faire perdre ses moyens. Ensuite, le Liégeois affronterait Zverev avant un potentiel quart contre Nadal.

Dans le tableau féminin, Elise Mertens devrait à nouveau être notre meilleur atout. Tête de série n°16, elle devra se méfier de Kaia Kanepi au deuxième tour car l'Estonienne a atteint deux fois les quarts à Paris, même si c'était il y a longtemps. Elle affrontera ensuite Anett Kontaveit (n°17) au troisième tour avant d'être opposée à Svitolina en huitièmes. Bien que troisième tête de série, l’Ukrainienne n’est pas au mieux de sa forme et une surprise est à la portée d’Elise. En quart, elle affronterait ensuite Serena Williams ou Victoria Azarenka.


Alison Van Uytvanck, sera opposée à la Suédoise Rebecca Peterson puis à la Croate Vekic (n°26). Un début de tableau jouable donc même si l'inconstance d'Alison cette incite à la prudence. Kirsten Flipkens aura un premier tour beaucoup plus compliqué puisqu'elle devra affronter la redoutable Yulia Putintseva (n°23). La Kazakhe a également disputé deux quarts, beaucoup plus récemment (2016 et 2018) à Paris et on sait que Kirsten n'est pas toujours très à l'aise sur terre. Ce sera donc très compliqué. Enfin, Greet Minnen sera opposée à la qualifiée Nadia Podoroska. Un tirage compliqué car l’Argentine a remporté treize de ses quatorze dernières rencontres et a progressé de 120 places depuis janvier, malgré le nombre de tournois limité. Un gros défi donc pour Greet qui disputera son troisième tableau final en Grand-Chelem à Paris.