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Le Top 10 Féminin

Six joueuses du Top 10 de l’année 2018 avaient déjà terminé une saison dans ce cercle auparavant. Peu de changements sont donc à signaler cette année et le rajeunissement au sommet du tennis féminin se fait encore attendre. La place de n°1 se confirme pour Simona Halep.

1. Simona Halep (ROU), n°1 fin 2017, 27 ans :

L’année 2017 avait été marquée par la montée au pouvoir de Simona Halep, devenue n°1 mondiale début octobre, quelques jours après son 26e anniversaire. Mais la Roumaine restait à la recherche de son premier titre majeur, elle qui avait échoué deux fois en finale de Roland-Garros (2014 et 2017) et une fois en finale des Masters 2014. Et tant qu’elle restait dans cette position, elle ne serait jamais considérée que comme une n°1 de pacotille, comme le furent Jelena Jankovic, Dinara Safina ou plus récemment Caroline Wozniacki et Karolina Pliskova. Mais la travailleuse acharnée qu’elle est était bien décidée à combler rapidement ce vide dans son palmarès.

Après un premier titre dès l’entame de la saison, la Roumaine a déjà l’occasion de réparer cette erreur en se hissant en finale de l’Open d’Australie. Mais comme lors de ses deux premières finales perdues, elle s’incline en trois sets. Il faut dire qu’elle avait livré deux combats dantesques auparavant, au troisième tour contre Lauren Davis (qu’elle bat 15/13 au dernier set !) et en demi contre Angélique Kerber. Malgré l’accession en finale, elle perd sa première place mondiale. Le temps de quatre semaines seulement puisqu’elle la récupère après avoir atteint les demi-finales à Doha. Elle ne pourra malheureusement pas disputer ce match en raison d’une blessure au pied. Elle revient pour Indian Wells mais elle peine à y produire son meilleur tennis. Elle se retrouve deux fois tout près de la défaite, au troisième tour contre l’invitée Caroline Dolehide et en quart contre Petra Martic. Elle est ensuite balayée par Naomi Osaka en demi. Son tournoi de Miami est encore plus difficile et elle s’incline au troisième tour contre Agnieszka Radwanska. Elle retrouve progressivement ses marques sur terre-battue. Après deux quarts de finale un peu faibles à Stuttgart et Madrid, elle atteint les demis à Rome après un parcours très solide. Elle est prête pour Roland-Garros.

Et cette fois, Simona Halep ne manque pas le coche. Elle remporte enfin, à Paris, ce premier titre du Grand-Chelem après lequel elle courait depuis si longtemps. Sur son parcours, elle est encore accrochée par Angelique Kerber en quart avant de dominer plus facilement Garbiñe Muguruza puis de prendre la mesure de Sloane Stephens en trois sets. Sa cape de n°1 mondiale est désormais solidement accrochée à ses épaules et plus personne ne peut lui en contester le mérite. Peu adepte du gazon, elle décide de faire une petite pause avant de revenir à Wimbledon où elle est battue dès le troisième tour. Elle confirme sa domination sur le circuit en s’imposant à Montréal (à nouveau en trois sets contre Stephens). Elle se hisse également en finale à Cincinnati où elle obtient une balle de match mais laisse Kiki Bertens revenir dans la partie et s’imposer. Elle renonce ensuite à disputer le tournoi de New Haven, prétextant une grosse fatigue. En fait de fatigue, c’est une blessure au dos dont elle souffre et qui l’empêchera de remporter le moindre match ensuite. Elle tentera encore bien sa chance à l’US Open, à Wuhan et à Pékin mais elle est battue d’entrée lors des deux premiers tournois et abandonne même dans la capitale chinoise.

La Roumaine renonce alors à disputer le Masters. Malgré ces deux mois sans résultats, Simona reste solidement assise sur son trône et cette saison 2018 reste sa plus belle en raison, principalement, de sa victoire à Paris. Mais si elle veut gagner d’autres grands titres, elle va devoir apprendre à mieux gérer ses efforts pour ménager son corps qui montre de plus en plus de signes de faiblesse. Le programme de stakhanoviste qu’elle s’imposait durant ses premières saisons commence peut-être à se faire ressentir à désormais 27 ans.

2. Angelique Kerber (ALL), n°21 fin 2017, 30 ans :

Montée à la première place du classement en 2016 après avoir atteint trois finales en Grand-Chelem dont deux remportées, Angelique Kerber a connu de grosses difficultés à confirmer l’année suivante. Elle perdait tour à tour ses titres à l’Open d’Australie et à l’US Open et ne parvenait même pas à dépasser les huitièmes de finale lors des quatre tournois majeurs. Dans les autres épreuves, elle ne disputait qu’une seule finale lors du très modeste tournoi de Monterrey. Fin 2017, elle sombrait donc au-delà de la 20e place mondiale.

Sa décision de s’adjoindre les services du coach belge Wim Fissette va rapidement donner ses fruits. En Hopman Cup, l’Allemande s’incline en finale mais remporte tous ses simples. Elle enchaine à Sydney où elle s’impose en battant notamment Venus Williams, alors 5e mondiale. A l’Open d’Australie, elle poursuit jusqu’en demi-finale où la n°1 mondiale Simona Halep met un terme à sa série de 14 victoires non sans devoir sauver deux balles de match. Durant le reste de l’hiver, elle enchaine une demi à Dubaï et des quarts de finale à Doha, Indian Wells et Miami. Ses quatre défaites lors de ces tournois viennent des mains de joueuses qui vont terminer la saison dans le Top 10. Malgré ce très bon début de saison, son retour sur terre-battue va s’avérer difficile. Elle perd ses deux matchs en Fed Cup (face à Petra Kvitova et Karolina Pliskova) puis doit abandonner au deuxième tour à Stuttgart et faire l’impasse sur Madrid. Elle se comporte mieux lors des derniers tournois sur cette surface avec un quart à Rome et, surtout, un quart à Roland-Garros où elle fait à nouveau jeu égal avec Simona Halep pendant trois sets.

Surprise d’entrée par la qualifiée Alison Riske sur le gazon de Majorque, Angelique Kerber va ensuite se hisser en demi-finale à Eastbourne où elle ne convertit pas une balle de match contre Caroline Wozniacki. Pas découragée, elle se hisse en finale de Wimbledon en battant notamment Naomi Osaka, Daria Kasatkina et Jelena Ostapenko. Lors du match pour le titre, elle surclasse la reine des lieux Serena Williams et s’offre donc le troisième titre du Grand-Chelem de sa carrière. Elle devient également la quinzième joueuse de l’ère Open à avoir remporté au moins trois « Majors » différents. Une performance que n’ont pas réalisée certaines championnes comme Tracy Austin, Arantxa Sanchez, Venus Williams ou Kim Clijsters par exemple. Déjà remontée à la dixième place avant le tournoi, elle fait son retour dans le Top 5 après cette victoire. La suite de sa saison va, par contre, se résumer à une litanie d’éliminations précoces. Elle s’incline d’abord d’entrée à Montréal contre Alize Cornet puis aux troisièmes tours à Cincinnati, à l’US Open, à Wuhan et à Pékin. Elle aborde malgré tout le Masters en tant que tête de série n°1 suite au forfait d’Halep mais elle ne remporte qu’un seul match de poule, au forceps, contre Osaka.

Cette suite de contre-performances a raison de la collaboration entre Angélique Kerber et Wim Fissette pour « divergence d’opinion » quant à la suite à donner à la carrière de la joueuse. Même si la saison de l’Allemande est dans l’ensemble très réussie avec un nouveau grand titre et cette deuxième place mondiale, elle aura beaucoup de points à défendre durant la première moitié de 2019. Son nouveau coach, l’ancien finaliste de l’Open d’Australie Rainer Schuttler, devra rapidement lui faire retrouver son niveau de jeu du début de saison.

3. Caroline Wozniacki (DAN), n°3 fin 2017, 28 ans :

Numéro 1 mondiale à 20 ans en 2010, Caroline Wozniacki a trôné à ce poste durant 67 semaines au début de la décennie mais sans jamais parvenir à remporter de tournoi du Grand-Chelem. Subissant la pression de ce trou dans son palmarès, elle va sortir du Top 10 et rester dans le sub-top du classement jusqu’en 2016 ou une blessure la fait chuter (74e durant l’été). Elle revient alors, lentement mais sûrement, pour terminer 2017 avec un premier grand titre au Masters et une 3e place, son meilleur classement depuis plus de cinq ans.

La Danoise poursuit sur sa lancée en atteignant tout d’abord la finale du modeste tournoi d’Auckland qu’elle perd contre Julia Goerges. Sa grosse performance de l’année, elle la réalise à l’Open d’Australie où elle remporte enfin son premier titre du Grand-Chelem. C’est à sa 43e tentative qu’elle y parvient, seule Flavia Pennetta et Marion Bartoli ont fait mieux (ou plutôt pire) avec un premier (et dernier) titre à leur 48e participation. A Melbourne, Wozniacki profite d’un tableau assez dégagé et ne rencontre pas la moindre Top 20 avant la finale. Là, elle prend la mesure en trois sets de Simona Halep, elle aussi alors à la recherche d’un premier titre majeur. Après encore une demi-finale à Doha, elle va connaitre quelques difficultés à confirmer, battue notamment en huitième à Indian Wells puis dès son entrée à Miami. La tournée sur terre-battue, qui n’a jamais été sa surface de prédilection, confirme ses soucis. Elle doit abandonner en quart à Istanbul puis est largement dominée par Kiki Bertens en huitième à Madrid. A Rome, elle est aussi battue sèchement par Anett Kontaveit en quart de finale.

Pas au mieux en abordant Roland-Garros, elle s’y incline dès les huitièmes de finale. On pense qu’elle va alors retrouver le sourire sur gazon, ce que confirme son deuxième titre remporté cette saison à Eastbourne. En demi, elle réalise un superbe come-back face à Angelique Kerber. Mais la déception qui suit à Wimbledon n’en est que plus énorme. La Danoise s’y incline en effet au deuxième tour face à Ekaterina Makarova. Une blessure à la jambe gauche va alors pourrir son été. Elle renonce à s’aligner à Washington puis s’incline d’entrée à Montréal contre la révélation Sabalenka. Elle abandonne ensuite dès son entrée en lice à Cincinnati puis perd au deuxième tour à l’Us Open. Le début de sa tournée asiatique débute aussi mal avec des éliminations prématurées à Tokyo et à Wuhan. Mais à Pékin, elle retrouve tous ses moyens pour s’imposer sans perdre un set, dans un tableau, il est vrai, où toutes les autres favorites sont éliminées rapidement.

Ce deuxième titre dans la capitale chinoise (après 2010) permet in extremis à Caroline Wozniacki de rester sur le podium et ce malgré une élimination dès les poules lors du Masters. Durant l’automne, elle annonce être atteinte de polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune qui lui provoque beaucoup de fatigue. Elle va pourtant devoir retrouver la pleine possession de ses moyens dès le début de 2019 car elle devra défendre la grande majorité de ses points durant les cinq premiers mois.

4. Elina Svitolina (UKR), n°6 fin 2017, 24 ans :

Encore peu connue du grand public au début de l’année 2017, Elina Svitolina terminait celle-ci dans la peau de la valeur montante du circuit. Elle avait bien remporté quatre titres auparavant mais c’était lors de tournois secondaires. L’an dernier, elle a décroché six succès de plus, dont quatre dans des tournois « Premier ». Et si elle n’avait pas encore réussi d’exploit en Grand-Chelem, elle s’était montrée très constante à ce niveau en 2017 avec un quart à Roland-Garros et deux autres huitièmes.

Et la Slovaque démarre 2018 sur le même pied en s’imposant à Brisbane, éliminant la 4e mondiale Karolina Pliskova en demi. A l’Open d’Australie, elle semble sur la voie d’une première demi-finale mais elle bute à la surprise générale en quart contre Elise Mertens. Le reste de son hiver est fait de hauts (une nouvelle victoire à Dubai, un quart à Miami) et de bas (défaites prématurées à Doha et Indian Wells). Sur terre-battue, une surface qui lui réussit plutôt bien, elle débute en demi-teinte avec une défaite en quart à Stuttgart, puis une autre au deuxième tour à Madrid. Par contre, elle réussit à conserver son titre à Rome en battant en finale la n°1 mondiale Simona Halep (comme en 2017). Elle signe ainsi déjà le troisième titre de sa saison et se place en favorite pour Roland-Garros. Malheureusement, elle est à nouveau submergée par la pression et s’incline au troisième tour contre la Roumaine Buzarnescu.

Svitolina retrouve cette même joueuse en quart à Birmingham et s’incline à nouveau. Mais le gazon n’est définitivement pas sa surface de prédilection et elle le prouve encore à Wimbledon où elle perd d’entrée contre Tatjana Maria. Son été est autrement plus constant puisqu’elle se hisse en demi-finale à Montréal et en quart à Cincinnati. A l’US Open, elle bénéficie encore une fois d’un tableau dégagé mais, comme en Australie, elle n’en profite pas et perd en trois sets face à Anastasija Sevastova en huitième. La tournée en Asie de la Slovaque est assez dramatique puisqu’elle s’incline d’entrée, tant à Wuhan qu’à Pékin. Elle retrouve un petit peu de couleurs à Hong-Kong où elle se hisse en quart. Mais elle crée tout de même une surprise énorme en s’imposant au Masters de Singapour. Après une victoire facile contre Petra Kvitova, elle sort victorieuse de quatre matchs très serrés contre Karolina Pliskova, Caroline Wozniacki, Kiki Bertens et Sloane Stephens.

Seulement classée 7e au début de ce tournoi, Elina Svitolina parvient à finir dans le Top 5 grâce à cet exploit et se relance pour 2019. Ce premier grand titre la place parmi les joueuses à surveiller de près la saison prochaine. Mais elle ne pourra vraiment s’installer comme joueuse du Top mondial que si elle réussit une première grande perf en Grand-Chelem.

5. Naomi Osaka (JAP), n°68 fin 2017, 21 ans :

C’est déjà fait pour Naomi Osaka, l’un des nouveaux visages du circuit. Considérée depuis plusieurs années comme l’avenir du tennis féminin (cf article 2015), la Japonaise avait déjà quelques faits d’armes à son actif, comme sa victoire à Tokyo au début de l’automne 2016, en battant Caroline Wozniacki en finale. Mais elle n’avait pas encore franchi la première semaine en Grand-Chelem.

Elle y parvient cette saison dès l’Open d’Australie où elle élimine deux têtes de série (Elena Vesnina et Ashleigh Barty) avant de chuter en huitième face à la n°1 mondiale Simona Halep. Après un quart à Dubai, elle réalise une incroyable performance en remportant son premier grand titre à Indian Wells. Tout au long de son parcours, Osaka impose sa puissance de feu pour dominer, entre autres, Karolina Pliskova en quart et Simona Halep en demi. Elle poursuit sur sa lancée à Miami où elle a la chance d’affronter pour la première fois son idole de jeunesse, Serena Williams. A peine revenue sur le circuit suite à sa maternité, l’ancienne reine du tennis ne peut rien contre la japonaise, qui s’incline toutefois ensuite contre Elina Svitolina. Moins à l’aise sur terre-battue, Osaka est battue d’entrée à Madrid avant que Halep ne prenne sa revanche en lui infligeant une sévère défaite au deuxième tour à Rome. Dans ces conditions, on n’attendait pas grand-chose d’elle à Roland-Garros mais elle franchit tout de même deux tours et ne s’incline que contre Madison Keys, future demi-finaliste.

Elle réalise le même parcours un mois plus tard à Wimbledon alors que son jeu convient mieux au gazon. La Japonaise avait d’ailleurs atteint les demi-finales à Nottingham trois semaines plus tôt. Mais à Londres, elle a la malchance de croiser la route d’une Angélique Kerber sur un nuage lors de ce tournoi. La préparation d’Osaka pour l’US Open n’est pas bonne puisqu’elle ne remporte qu’un seul match en trois tournois. C’est donc une énorme surprise de la voir triompher à New-York et soulever son premier trophée majeur. Elle est sérieusement accrochée en huitième de finale face à la révélation de l’été Aryna Sabalenka. Mais par la suite, elle est tout simplement impériale et domine Madison Keys en demi et Serena Williams en finale. Entachée d’un « pétage de plomb » de l’Américaine, cette victoire n’en est pas moins totalement méritée.

D’autant qu’Osaka confirme sa forme lors de la tournée asiatique. Elle y atteint encore la finale à Tokyo, puis les demis à Pékin. Une blessure à la cuisse la gêne malheureusement au Masters et, après deux défaites en trois sets, elle abandonne lors du dernier match. Mais ce petit contretemps ne devrait pas avoir de répercussion sur sa saison 2019 où elle pourrait bien se présenter comme une prétendante à la première place mondiale.

6. Sloane Stephens (USA), n°13 fin 2017, 25 ans :

Le parcours de Sloane Stephens est pour le moins atypique. Demi-finaliste de l’Open d’Australie en 2013 alors qu’elle n’a pas encore 20 ans, elle termine cette saison-là à la 13e place mondiale. Elle va toutefois rentrer dans le rang pendant deux ans avant de revenir dans le Top 20 début 2016. Une grave blessure au pied lui fera ensuite perdre un an avant un retour tonitruant lors de l’été 2017 marqué par un succès totalement inattendu à l’US Open.

A la suite de ce succès, Sloane a connu une période un peu difficile puisqu’elle a perdu les six rencontres qu’elle a disputées entre sa finale newyorkaise et sa fin de saison. Et la mauvaise passe s’est poursuivie en janvier puisqu’elle s’incline également d’entrée à Sydney et à l’Open d’Australie. Elle s’octroie alors cinq semaines de pause et revient avec de meilleurs résultats comme un quart à Acapulco et un succès sur Victoria Azarenka à Indian Wells. Elle renoue avec le succès à Miami après un tableau de dingue qui la voit enchainer des victoires sur Garbiñe Muguruza, Angelique Kerber, Victoria Azarenka et Jelena Ostapenko. Sur terre, ses résultats sont ensuite plutôt mitigés. Elle franchit deux tours à Madrid et à Rome mais sans battre de ténor du circuit. Elle s’incline par contre d’entrée à Stuttgart et à Nuremberg.

Cette préparation compliquée n’empêche pas l’Américaine d’atteindre une deuxième finale en Grand-Chelem à Roland-Garros. Sur son parcours, elle se débarrasse de jeunes joueuses en forme comme Anett Kontaveit et Daria Kasatkina, puis elle prend la mesure en demi de son amie Madison Keys, celle-là même qu’elle avait battu pour le titre à l’US Open. En finale, elle prend le premier set et résiste bien au deuxième avant de craquer et de laisser Simona Halep savourer sa première victoire majeure. Battue d’entrée à Wimbledon (le gazon, ce n’est pas son dada), elle négocie plutôt bien un été où elle avait beaucoup de points à défendre. Elle se hisse par exemple en finale à Montréal et passe là aussi tout près d’une victoire face à Simona Halep. A l’US Open, elle se hisse encore en quart de finale mais elle est surprise par Anastasija Sevastova. Comme en 2017, son automne est assez faible. Elle perd d’entrée à Tokyo, Wuhan et Moscou met parvient tout de même à remporter deux matchs à Pékin.

Surtout, pour sa toute première apparition au Masters, Sloane Stephens réalise un très bon tournoi, sort première de sa poule (en battant Kerber et Osaka) et surmonte la perte du premier set 6/0 en demi pour finalement triompher de Karolina Pliskova. En finale, par contre, elle est surprise en trois manches par Elina Svitolina. Après toutes ses années chaotiques, Stephens semble enfin se stabiliser, même si elle connait encore de temps en temps des périodes difficiles. A seulement 25 ans, elle peut s’installer durablement dans le haut du classement.

7. Petra Kvitova (TCH), n°29 fin 2017, 28 ans :

Lorsqu’elle a remporté Wimbledon et le Masters en 2011, avant de terminer la saison à la deuxième place mondiale, Petra Kvitova faisait figure, à seulement 21 ans, de future star du tennis. A l’exception d’un deuxième titre londonien en 2014, elle n’a jamais vraiment confirmé ce statut et reculait même à la 16e place dans le courant d’une saison 2016 plutôt difficile. Agressée au couteau à son domicile en janvier 2017, elle ne peut démarrer la saison qu’à la fin du printemps et prend du temps pour retrouver son meilleur niveau.

C’est donc dans la peau de la 29e mondiale que la Tchèque débute 2018. Un début décevant puisqu’elle s’incline d’entrée à l’Open d’Australie, 10/8 au dernier set contre Andrea Petkovic. Une déception vite mise de côté puisqu’elle enchaine ensuite 13 succès consécutifs et s’adjuge les titres à St Petersbourg et à Doha, avec au passage des victoires sur Jelena Ostapenko, Elina Svitolina, Caroline Wozniacki et Garbiñe Muguruza. Elle ne peut maintenir cet état de forme à Indian Wells (défaite au troisième tour) et à Miami (battue en huitième). Mais elle réalise de nouveau une très belle série en s’imposant coup sur coup à Prague et à Madrid. La capitale espagnole lui réussit d’ailleurs plutôt bien puisque c’est déjà là qu’elle avait remporté son seul et unique titre sur terre avant cette saison (c’était en 2011).

Elle ne peut enchainer par un beau parcours à Roland-Garros où elle est surprise au troisième tour par Anett Kontaveit. Petra se reprend toutefois sur gazon en remportant déjà son cinquième titre de la saison à Birmingham. Elle fait alors figure de favorite à Wimbledon mais une blessure à la hanche l’empêche de défendre pleinement ses chances et elle s’incline dès le premier tour. La deuxième partie de sa saison sera d’ailleurs bien moins prolifique que la première. Sa seule bonne performance, elle la réalise à Cincinnati où elle atteint les demi-finales en battant notamment Serena Williams et Elise Mertens. Pour le reste, elle ne parvient jamais à remporter plus de deux matchs d’affilée, comme à l’US Open où elle subit la tornade Sabalenka.

Sa tournée asiatique n’est pas meilleure et elle termine la saison par cinq défaites, dont trois dans sa poule du Masters contre Wozniacki, Svitolina et sa compatriote Karolina Pliskova. Une Pliskova qu’elle aurait dû retrouver en finale de la Fed Cup une semaine plus tard. Mais, malade, Petra Kvitova doit renoncer à une compétition qui lui tient à cœur et qu’elle a remporté à cinq reprises. Ses nombreux pépins physiques cette saison trouvent peut-être leur origine dans les efforts qu’elle a dû consentir pour revenir rapidement à la compétition en 2017. Elle devra en tout cas ménager son corps si elle veut rester dans le Top du classement.

8. Karolina Pliskova (TCH), n°4 fin 2017, 26 ans :

Karolina Pliskova a vraiment explosé lors de l’été 2016 en remportant le tournoi de Cincinnati avant d’atteindre la finale de l’US Open. Des résultats qui lui avaient valu de faire son entrée dans le Top 10. En 2017, elle remportait trois « Premier » et atteignait encore les demi-finales à Roland-Garros ce qui lui permettait d’occuper temporairement la première place mondiale avant de finir la saison 4e.

La Tchèque débute donc 2018 avec de hautes ambitions mais se heurte souvent aux autres joueuses du top comme Elina Svitolina en demi à Brisbane ou Simona Halep en quart de l’Open d’Australie. Après de nouvelles défaites en quart à Indian Wells (contre Naomi Osaka) et Miami (face à Victoria Azarenka) elle débute sa saison sur terre de la meilleure des manières en remportant son premier titre de la saison à Stuttgart. Elle poursuit sur sa lancée à Madrid où elle se hisse en demi en dominant Sloane Stephens et Simona Halep, les deux futures finalistes de Roland-Garros. Ses progrès sur cette surface, qu’elle peinait à maitriser encore deux ans auparavant, sont incontestables. Mais elle ne parvient pas à le démontrer à Roland-Garros où elle a la malchance de rencontrer Maria Sharapova dès le troisième tour.

Normalement plus à l’aise sur gazon, Pliskova y connait quelques défaites un peu surprenante au premier tour à Birmingham (Rybarikova) en quart à Eastbourne (Sabalenka) et en huitièmes à Wimbledon. Son été est très compliqué avec des défaites prématurées à Montréal et Cincinnati (deuxième tour) ainsi qu’à New Haven (premier tour). Elle sauve toutefois les meubles à l’US Open où elle réalise un bon parcours jusqu’en quart. Elle y est par contre dominée par Serena Williams. A Tokyo, la Tchèque parvient à remporter un deuxième titre en dominant Naomi Osaka en finale. Si ses autres apparitions lors de la tournée asiatiques se soldent par des défaites surprenantes contre la Chinoise Qiang Wang (à Wuhan et à Pékin), elle se reprend bien au Masters où elle n’est battue qu’en demi. En poule, elle domine en effet Caroline Wozniacki et Petra Kvitova et remporte même le premier set de sa demi contre Sloane Stephens par 6/0 avant de s’effondrer.

Elle aussi doit ensuite renoncer à la finale de la Fed Cup en raison d’une douleur au mollet. Mais la défection de ses deux têtes de proue n’empêche pas la République tchèque de remporter le trophée pour la sixième fois en huit ans. Karolina Pliskova, pour sa part, ne peut se satisfaire d’une saison où elle n’a pas dépassé les quarts en Grand-Chelem. Elle aura à coup sûr l’esprit revanchard en 2019.

9. Kiki Bertens (PBS), n°31 fin 2017, 27 ans :

Assez discrète jusque-là, Kiki Bertens s’est fait connaître du grand public lors de la saison 2016. Victorieuse de son premier titre à Nuremberg, elle avait surtout réalisé un parcours remarquable jusqu’en demi-finale de Roland-Garros, où elle ne fut pas loin de faire craquer Serena Williams. Ces belles performances lui permettaient de terminer l’année aux portes du Top 20. L’an dernier, malgré deux nouveaux titres dans des épreuves secondaires, elle connaissait un léger recul pour débuter 2018 à la 31e place.

Sa tournée australe fut assez moyenne avec des tirages difficiles : Muguruza au deuxième tour à Sydney, Wozniacki au troisième à l’Open d’Australie. C’est en fait tout son hiver qui est raté puisque la Néerlandaise perd également contre Serena Williams d’entrée à Indian Wells et contre Venus au troisième tour à Miami. C’est avec le retour de la terre-battue, sa meilleure surface, qu’elle retrouve le sourire. Elle remporte, à Charleston, le cinquième titre de sa carrière mais surtout le premier de la catégorie « Premier ». En demi, elle sort victorieuse d’un marathon de près de trois heures contre Madison Keys. Battue d’entrée à Stuttgart par Karolina Pliskova, elle se hisse à nouveau en finale à Madrid après avoir battu Caroline Wozniacki et Maria Sharapova avant de ne s’incliner que de justesse face à Petra Kvitova. Surprise au premier tour à Rome, elle atteint encore un quart à Nuremberg. Ces très belles performances lui donnent le statut d’outsider pour Roland-Garros mais elle tombe au troisième tour et en deux tie-breaks face à Angélique Kerber.

Peu réputée pour ses capacités à gérer le jeu sur herbe, Kiki crée la surprise à Wimbledon en se hissant en quart de finale après des victoires sur Venus Williams et Karolina Pliskova. Ce succès marquera le début d’une très belle fin de saison. Durant l’été, elle va tout d’abord atteindre les quarts de finale à Montréal en dominant Pliskova et Kvitova. Elle remporte ensuite le plus gros titre de sa carrière à Cincinnati où elle domine entre autres Wozniacki, Svitolina, Kvitova et la n°1 mondiale Simona Halep en finale. A nouveau attendue à l’US Open, la Néerlandaise déçoit un peu en s’inclinant au troisième tour contre la jeune Tchèque Marketa Vondrousova. Sa saison asiatique débute par un troisième succès à Seoul mais le reste est nettement moins bon puisqu’elle s’incline au deuxième tour à Wuhan et au troisième à Pékin. Elle se présente encore à Linz et Moscou pour essayer de décrocher une place au Masters mais sans plus de succès.

Neuvième mondiale, Kiki Bertens obtient tout de même son ticket pour Singapour après le forfait de Simona Halep. Elle y bat Angelique Kerber et Naomi Osaka pour se hisser en demi où elle est tout près de battre Svitolina, la future gagnante. Le nombre de victoires obtenues par Kiki sur des Top 10 depuis le printemps (12) prouve qu’elle mérite de faire partie de ce cercle fermé. Et vu le peu de points qu’elle devra défendre durant les trois premiers mois de 2019, sa marge de progression est très intéressante.

10. Daria Kasatkina (RUS), n°24 fin 2017, 21 ans :

Parmi les nouvelles venues dans le Top 10, Daria Kasatkina n’est pas la moins intéressante, loin s’en faut. Remarquée en 2016 avec un quart de finale à Indian Wells et lors des jeux olympiques, elle a remporté son premier titre l’an passé à Charleston et a atteint les huitièmes de finale de l’US Open. Mais, sous la houlette du coach belge Philippe Dehaes, elle a clairement franchi un cap en 2018.

Son début de saison est pourtant très faible avec des défaites d’entrée à Brisbane et Sydney puis au deuxième tour de l’Open d’Australie, face à la modeste Polonaise Magda Linette. La Russe débute vraiment son année à St Petersbourg où elle domine la toute fraiche n°1 Caroline Wozniacki pour se hisser en demi-finale. Elle fait mieux encore à Dubaï où elle atteint la finale après une victoire au forceps contre Garbiñe Muguruza. A Indian Wells, elle bat à nouveau Wozniacki mais aussi Sloane Stephens, Angelique Kerber et Venus Williams pour atteindre sa première finale dans un tournoi de cette importance. Elle y est toutefois surprise par Naomi Osaka, encore classée 44e à l’époque. Elle ne confirme pas à Miami où elle perd d’entrée contre la jeune Sofia Kenin. Sa saison sur terre est plus mitigée. Elle atteint de bons quarts de finale à Charleston et à Madrid mais s’incline également d’entrée à Stuttgart et à Prague.

Kasatkina atteint toutefois son tout premier quart de finale en Grand-Chelem à Roland-Garros après un nouveau succès sur Wozniacki. Elle est par contre largement dominée à ce stade par Sloane Stephens. Abonnée aux quarts, elle atteint encore ce niveau sur le gazon d’Eastbourne et, surtout, celui de Wimbledon. Elle ne cède qu’en deux sets serrés face à la future gagnante Angelique Kerber. Sa deuxième partie de saison est nettement moins bonne. Elle est ainsi battue au premier tour à Cincinnati et à Pékin, au second à Montréal et à l’US Open (perd contre Aliaksandra Sasnovich). Elle sauve tout de même la mise à Moscou, devant son public, où elle s’adjuge le deuxième titre de sa carrière, en remontant deux fois un handicap d’un set et un break, au deuxième tour contre Alize Cornet et en finale contre Ons Jabeur.

A cette occasion, le coaching hors norme de Philippe Dehaes, descendu près de sa joueuse pour lui remonter le moral, a été très largement diffusé sur les réseaux sociaux. Mais si les qualités psychologiques du coach ont été mises en exergue, il faut aussi souligner les qualités mentales de cette joueuse et l’écoute dont elle a pu faire preuve. Cette intelligence couplée à des qualités de main indéniables la place également parmi les futures stars du circuit.