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Le Top 10 Masculin

L’Année 2017 touche à sa fin. Il est grand temps pour moi de procéder à une série de rétrospectives pour vous faire revivre les grands moments de la saison, vous présenter ceux qui l’ont animée et ceux qui marqueront sans doute 2018. Deuxième étape : présentation en six parties des joueurs ayant marqué 2017. Première partie : le Top 10 de l’ATP.

1. Rafael Nadal (ESP), n°9 fin 2016, 31 ans :

L’inquiétude était réelle au début de l’année quant à la suite des carrières de Roger Federer et de Rafael Nadal , tout deux obligés de s’épargner fin 2016 après des ennuis de santé. Blessé au poignet à Roland-Garros, le Majorquin avait dû renoncer à disputer le troisième tour avant de déclarer forfait à Wimbledon. De retour au milieu de l’été, il accumule les résultats moyens et se résout à mettre un terme à sa saison pour se soigner après la tournée asiatique. Il terminait alors la saison à la 9e place, sa plus mauvaise depuis 2004 !

S’il perd en quart à Brisbane (en trois sets contre Milos Raonic), il démontre dès l’Open d’Australie qu’il est à nouveau à son top. Il se hisse en finale en battant deux Top 10 (dont Raonic) et ne s’incline qu’au bout du cinquième set contre… Roger Federer. C’est d’ailleurs le Suisse qui l’empêche de renouer avec le succès plus tôt puisqu’il domine également leurs rencontres en huitième à Indian Wells et en finale à Miami. De retour sur terre, il redevient l’ogre qu’il était il y a quelques années sur cette surface et gagne à Monte-Carlo et Barcelone (s’imposant pour la dixième fois dans ces deux épreuves) ainsi qu’au Masters 1000 de Madrid. A Rome, il est surpris en quart et en deux sets par Dominic Thiem. Mais ce sera sa seule défaite de l’année sur sa surface favorite puisqu’il remporte ensuite également un dixième titre à Roland-Garros. Il y est même monstrueux puisqu’il ne perd pas un set et ne laisse d’ailleurs jamais plus de huit jeux à ses adversaires, dont Thiem ou encore l’ancien vainqueur Stan Wawrinka.

Comme d’habitude, sa deuxième partie de saison est moins bonne, mais tout de même nettement au-dessus de 2016. Il est surpris 15-13 au cinquième set par Gilles Muller en huitième de finale de Wimbledon puis s’incline au même stade face au jeune prodige Denis Shapovalov à Montréal. Un quart à Cincinnati lui suffit pour retrouver la première place mondiale et il la consolide en remportant son deuxième Grand-Chelem de la saison, le 16e en tout, à l’US Open. Certes son tableau ressemble à celui qu’il aurait eu dans un ATP 250 mais une victoire est une victoire. Son succès à Pékin puis sa finale au Masters 1000 de Shanghai suffisent à asseoir définitivement sa couronne de n°1 mondial pour 2017. Blessé au genou, il abandonne avant son quart de finale à Bercy puis jette également l’éponge après sa défaite en premier match de poule au Masters.

Les blessures font et feront toujours parties intégrantes de la carrière de Rafael Nadal. Sans doute en raison de son tennis sans calcul, de ce type de jeu où il se donne constamment à fond. Ils sont nombreux à se dire qu’il aurait déjà dépassé Federer au nombre de titres majeurs s’il avait joué de manière plus modéré. Mais Nadal n’aurait pas été Nadal s’il avait été plus en retenue. A part sans doute sur terre, il aurait eu bien du mal à empiler tous ces titres avec un jeu plus économe. Et ce qui force l’admiration, c’est qu’il a toujours su rebondir après ses blessures. Nul doute qu’il y parviendra aussi après celle qui l’a fait souffrir en fin de saison et qu’il sera prêt à en découdre dès janvier pour une nouvelle saison au sommet.

2. Roger Federer (SUI), n°16 fin 2016, 36 ans :

Le cas Federer est sans doute un peu plus exceptionnel encore. Le Suisse n’a lui pas connu beaucoup de blessures dans sa carrière. C’est même sans doute une des raisons de son incroyable palmarès. Pour comparaison, avant 2016, Nadal avait été contraint huit fois de renoncer à participer à un tournoi du Grand-Chelem (pour 43 participations, de 2003 à 2015). Roger Federer a lui disputé tous les tournois majeurs de 1999 à 2015. Il en était donc à une série de 69 « Majors » consécutifs (avec Melbourne 2016) lorsqu’il a dû renoncer à aller à Roland-Garros l’an dernier. C’est après une demi-finale à Wimbledon qu’il annonce devoir mettre un terme à sa saison, la première saison où il ne remporte pas de titres depuis 2000 et sa première sortie du Top 10 depuis 2002.

Malgré ses 35 ans bien sonnés, il va lui aussi rebondir avec panache pour s’imposer dès sa reprise à l’Open d’Australie face à son éternel rival et dans une nouvelle rencontre d’anthologie. Durant son parcours, il vient aussi à bout de Wawrinka et de Nishikori en cinq sets. Lorsqu’il s’incline à Dubaï contre le modeste Russe Donskoy, on pense que son retour n’était qu’un chant du cygne mais Roger remporte ensuite coup sur coup les Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami. Lors de ces deux épreuves, il domine à nouveau Nadal réduisant ainsi un peu l’écart, largement en faveur du Majorquin, dans leur tête à tête. Roger prend alors la décision de faire l’impasse totale sur la saison sur terre-battue et donc sur trois Masters 1000 et sur Roland-Garros.

Cette décision s’avère néanmoins payante. Même s’il perd son match de reprise contre Tommy Haas à Stuttgart, il s’impose à Halle pour la neuvième fois puis remporte un incroyable huitième titre à Wimbledon. Comme Nadal à Roland-Garros, le Suisse écœure ses adversaires et ne perd pas un set de la quinzaine. Il n’est alors plus qu’à un titre de la barre mythique des 20 succès en Grand-Chelem. Par la suite, il atteint une nouvelle grande finale à Montréal mais y est surpris par le jeune Alexander Zverev. Blessé au dos, il renonce au Masters 1000 de Cincinnati et s’incline contre Juan Martin Del Potro en quart de l’US Open. Il fait encore une pause de six semaines pour se soigner et revient à Shanghai où il s’impose à nouveau contre Nadal. Après un huitième titre à Bâle, il renonce au Masters 1000 parisien afin de se présenter en forme pour les ATP finals de Londres. Il y sort des poules dans la douleur puis s’incline en demi contre David Goffin.

Au vu du déroulé de la saison, Roger est incontestablement le réel n°1 de 2017. Il a certes 1000 points de retard sur Nadal mais il a fait l’impasse sur un Grand-Chelem et sur 5 Masters 1000, soit un potentiel de 7000 points. Une élimination en quart de finale de tous ces tournois lui aurait permis de terminer devant son rival. Et puis il y a leurs confrontations directes et un très sec 4/0 pour le Suisse cette année. Son retour est donc bien encore plus stupéfiant. Evidemment sur la longueur, et vu leurs âges respectifs, on peut imaginer que le retour de Nadal durera plus longtemps.

3. Grigor Dimitrov (BUL), n°17 fin 2016, 26 ans :

Derrière ces deux monstres, la lutte pour la place de premier joueur humain de l’année 2017 a fait rage. Elle s’est terminée par la victoire in extremis de Grigor Dimitrov, lui aussi un revenant. Le Bulgare avait en effet déjà fait un bref passage par le Top 10 durant l’été 2014, suite à sa demi-finale à Wimbledon. Mais la suite a été très compliquée avec une grosse perte de confiance et un recul jusqu’à la 40e place deux ans plus tard. Une bonne fin de saison 2016 lui a pourtant permis de revenir dans le Top 20 pour démarrer cette année.

Et Dimitrov confirme son retour en forme dès le mois de janvier. Il remporte son premier tournoi de la saison à Brisbane en dominant Thiem, Raonic et Nishikori. Par la suite, il réussit un superbe parcours à l’Open d’Australie pour atteindre sa deuxième demi-finale en Grand-Chelem. Il passe même tout près de la finale puisqu’il ne s’incline qu’au cinquième set d’un match acharné contre Rafael Nadal. Dès son retour en Europe, il remporte un deuxième titre devant son public de Sofia. La suite de sa première partie de saison est plus compliquée. Il n’y atteint qu’un quart (Rotterdam) et ne dispute qu’un huitième dans un gros tournoi (Madrid) avant d’être battu au troisième tour de Roland-Garros. Il subit surtout plusieurs défaites d’entrée dans les plus grosses épreuves du circuit comme Miami, Monte-Carlo ou Rome.

Il se refait une santé sur gazon, une surface qui lui a toujours réussi. Après une demi-finale au Queen’s, il se hisse en huitième à Wimbledon où il n’est arrêté que par Roger Federer. Huitième de finaliste à Washington et Montréal, il remporte son premier Masters 1000, il est vrai dans un tableau décimé, à Cincinnati. Malheureusement, cette belle série est arrêtée à l’US Open où il est surpris au deuxième tour par le jeune Russe Rublev. Sa fin de saison est globalement très bonne. Il atteint une demi à Pékin et un quart à Shanghai avant de disputer une nouvelle finale à Stockholm. Mais c’est évidemment son parcours au Masters qui lui permet de terminer la saison à la troisième place. Son parcours est plutôt atypique puisqu’il a certes battu Thiem n°4 lors de son premier match, mais n’a ensuite plus affronté que les 8e, 9e et 10e mondiaux pour s’imposer. Remporter le Masters sans battre de joueurs du Top 3, c’est rare (c’est en fait arrivé une seule fois depuis l’instauration des poules en 1986 : Novak Djokovic l’a fait lors de l’édition 2008). Y parvenir en ne battant qu’un seul Top 5, c’est carrément inédit.

Et c’est là ce qui explique le gouffre au classement entre Dimitrov et ses deux prédécesseurs (qui l’ont battu quatre fois sur quatre cette année). Le Bulgare peine encore à remporter les tout gros matchs. Il a retrouvé de la régularité face aux joueurs du subtop mais ne parvient à remporter des gros titres qu’en l’absence de Nadal et Federer (et de Djokovic et Murray). A 26 ans, il lui reste donc une marge de progression face à ces joueurs-là, un plafond de verre qu’il s’évertuera à faire sauter en 2018.

4. Alexander Zverev (ALL), n°24 fin 2016, 20 ans :

Il s’en est fallu de peu pour que la troisième place mondiale ne revienne à un des plus jeunes joueurs du Top 100, Alexander Zverev. Le prodige Allemand d’origine russe réalise néanmoins une saison exceptionnelle qui le place sur les traces des tout grands. En atteignant le Top 10 à 20 ans et 1 mois, il est le 4e plus jeune à y parvenir dans les joueurs en activité. Derrière Nadal, Murray et Djokovic, à égalité avec Del Potro mais devant Federer !

Vingt-quatrième en début de saison, il est contraint d’affronter Rafael Nadal à l’Open d’Australie dès le troisième tour. Il sort battu mais démontre encore son énorme potentiel en menant 2 sets à 1. Après un week-end cauchemardesque contre la Belgique en Coupe Davis, il se reprend bien pour remporter le deuxième titre de sa carrière à Montpellier. Après deux défaites d’entrée en indoor, il est sorti des deux premiers Masters 1000 de la saison, à Indian Wells et Miami, au troisième tour et en quart, par le même joueur : Nick Kyrgios. La rivalité entre ses deux joueurs pourrait bien être un classique dans les années qui viennent. S’il perd largement contre Nadal en huitième à Monte-Carlo, il réalise une superbe saison sur terre avec un titre à Munich, un quart à Madrid et surtout une première victoire en Masters 1000 à Rome où il neutralise Novak Djokovic en finale. Pointé alors comme favori pour Roland-Garros, il déçoit en s’inclinant d’entrée contre Verdasco.

Il prouve que son jeu s’adapte également très bien au gazon en atteignant les demi-finales à Rosmalen et la finale à Halle, seulement battu par Federer. A Wimbledon, il se hisse en huitième mais s’incline en cinq sets contre Raonic. Durant l’été, il remporte deux nouveaux titres et non des moindres, à Washington et surtout à Montréal pour un deuxième succès en Masters 1000. Mais il n’arrive de nouveau pas à enchaîner et s’incline d’entrée à Cincinnati et au deuxième tour de l’US Open. Sa fin de saison est d’ailleurs nettement moins bonne. Il n’atteint qu’une demi, à Pékin, et ne gagne qu’un seul match (et encore, sur abandon) lors des deux derniers Masters 1000 de la saison. Aux Masters de Londres, malgré une victoire sur Cilic et une belle résistance face à Federer, il quitte le tournoi dès les poules.

De la fameuse génération « NextGen » mise en avant par l’ATP depuis deux ans, Alexander « Sacha » Zverev est donc le premier à atteindre le pus haut niveau. Il sera sans nul doute suivi par d’autres tant ces jeunes semblent pétris de talent. Mais c’est tout de même l’opposition entre Zverev et l’Australien Kyrgios qui devrait s’imposer, avec un avantage certain au niveau du mental pour l’Allemand. Il lui reste encore un cap à franchir pour être dans la cour des grands : briller en rand-Chelem.

5. Dominic Thiem (AUT), n°8 fin 2016, 24 ans :

A 24 ans, Dominic Thiem a déjà franchi ce cap en atteignant les demi-finales de Roland-Garros en 2016. Nettement plus âgé que Zverev, il n’en reste pas moins le deuxième plus jeune joueur de ce Top 10. Après une première moitié de saison franchement emballante, sur sa lancée de 2016, il a sérieusement marqué le pas en fin d’année.

Il débute sa saison par deux quarts à Brisbane et à Sydney, puis se hisse en huitième de l’Open d’Australie où il bute contre David Goffin. Sa saison démarre réellement sur la terre-battue de Rio de Janeiro pour un ATP 500 qu’il remporte en battant quelques spécialistes de la surface comme Pablo Carreno Busta. Il enchaîne avec un bon quart à Indian Wells mais est surpris par le jeune Borna Coric lors de son premier match à Miami. S’il perd encore contre David Goffin en huitièmes de finale à Monte-Carlo, le reste de sa tournée sur terre est exceptionnel. Il ne perd qu’en finale et seulement face au roi Rafael Nadal à Barcelone et surtout, à Madrid (c’est donc sa première finale en Masters 1000. A Rome, il parvient enfin à battre le Majorquin mais s’effondre complètement contre Djokovic le lendemain. Pointé comme un des grands favoris à Roland-Garros, il ne déçoit pas et y atteint à nouveau les demis sans perdre le moindre set et en écœurant Djokovic, le tenant du titre. Dans le dernier carré, il est toutefois impuissant face à Nadal.

Moins à l’aise sur gazon, il ne remporte qu’un match de préparation à Wimbledon. Lors du Grand-Chelem londonien, il se hisse tout de même en huitième et n’est battu qu’en cinq sets par Tomas Berdych. Son été est nettement moins bon avec seulement un quart à Cincinnati comme résultat digne de son niveau. Il réagit toutefois à nouveau à l’US Open où il franchit les trois premiers tours. En huitième, il prend sèchement les deux premiers sets contre Juan Martin Del Potro avant que l’Argentin ne renverse la situation non sans avoir sauvé deux balles de match. La fin de saison de Thiem est vraiment très mauvaise et il ne parvient plus à remporter deux matchs de suite. Bien que leader de son groupe après le retrait de Rafael Nadal des Masters, il ne parvient à y battre que le remplaçant et est éliminé en poules.

Malgré cette mauvaise série, Thiem grimpe à la 4e place au début du mois de novembre et termine dans le Top 5. C’est donc sa régularité en Grand-Chelem qui lui permet de s’accrocher aux meilleurs bien qu’il n’ait pas atteint la moindre demi-finale sur le circuit depuis Roland-Garros. Il lui faudra rapidement retrouver son niveau du printemps s’il veut rester dans le peloton de tête.

6. Marin Cilic (CRO), n°6 fin 2016, 29 ans :

Derrière le « Big Four », très sérieusement écorché cette saison, il y avait une série de joueurs qui étaient devenus des piliers du Top 10 ces dernières années. Parmi eux, citons Tomas Berdych, Kei Nishikori, Stan Wawrinka, David Ferrer ou Marin Cilic. A l’exception de ce dernier (présent dans le Top 10 de fin de saison pour la 3e fois en quatre ans), ils ont tous souffert cette saison.

Cilic est donc le seul à s’être vraiment maintenu dans ce « subtop ». Pourtant, son début de saison a été vraiment compliqué. Battu au deuxième tour de l’Open d’Australie il peine à aligner des victoires lors de ses premiers matchs. Il se reprend un peu à Rotterdam où il atteint un quart, puis à Acapulco où il se hisse en demi. Mais il rechute lourdement à Indian Wells et Miami où il perd à chaque fois d’entrée. C’est sur terre-battue qu’il retrouve son jeu puisqu’il atteint les quarts à Monte-Carlo et Rome et qu’il s’impose à Istanbul. Il réalise le plus beau parcours de sa carrière à Roland-Garros où il ne s’arrête qu’en quart, il est vrai dans une partie de tableau assez dégagée.

Remis sur de bons rails, il cartonne sur herbe, sa surface de prédilection. Il se hisse en demi à Rosmalen puis en finale au Queen’s. Mais c’est évidemment à Wimbledon qu’il réalise le plus beau tournoi de sa saison puisqu’il y atteint la finale. Malheureusement, en raison d’ampoules (et de son adversaire, Federer), il y est largement dominé. Blessé aux adducteurs, il doit faire l’impasse sur les tournois d’été mais il est de retour pour l’US Open où il perd au troisième tour. Sa fin de saison est plutôt bonne. Il enchaîne ainsi des demis à Tokyo, Shanghai et Bâle puis un quart à Paris.

Par contre, il est éliminé en poules lors des Masters, non sans combattre puisqu’il perd ses trois rencontres en trois sets. Joueur qui ne déchaîne pas vraiment les foules de par son jeu solide mais peu spectaculaire, Marin Cilic reste dans l’ombre des stars. Pourtant, son palmarès commence a être bien fourni. Et son classement, vu qu’il n’a pas beaucoup de points à défendre avant fin avril, pourrait rapidement remonter à la 4e place qu’il occupait encore mi-octobre.

7. David Goffin (BEL), n°11 fin 2016, 27 ans :

Déjà entré dans l’histoire du tennis belge depuis un bout de temps, David Goffin est en train de se faire une place au panthéon du sport belge et du tennis tout court. Sa saison est absolument exceptionnelle et aurait pu l’être encore plus sans une blessure encourue à Roland-Garros. Son parcours sera détaillé lors de l’article sur le Top 10 belge.

8. Jack Sock (USA), n°23 fin 2016, 25 ans :

La surprise de ce Top 10 est sans doute la consécration de Jack Sock et son arrivée parmi l’élite. Bien installé dans le Top 30 depuis deux ans, l’Américain a énormément progressé en 2017. Sa très bonne fin de saison 2016 avec un huitième de finale à l'US Open et des quarts aux Masters 1000 de Shanghai et de Paris avaient déjà donné le ton.

Sur sa lancée, Sock remporte le titre à Auckland dès son premier tournoi de l'année. Il atteint ensuite le troisième tour de l'Open d'Australie. Fin février, il s'adjuge un deuxième titre à Delray Beach grâce au forfait de Raonic avant la finale. Il obtient un résultat plus convainquant encore le mois suivant en se hissant en demi-finale d'un Masters 1000 pour la première fois à Indian Wells. Sur son parcours, il s'offre les scalps de Dimitrov et Nishikori. Il enchaine avec un nouveau quart à Miami puis une demi-finale dans le tournoi plus modeste de Houston. Sa saison sur terre-battue est moins brillante puisqu'il perd d'entrée à Madrid et à Roland-Garros.

Encore peu à l'aise sur gazon, il ne dispute que Wimbledon et en est sorti au deuxième tour par un qualifié. On le retrouve en meilleure forme sur dur avec un quart à Atlanta et une demi à Washington mais il passe à côté des plus grosses épreuves, surtout à Cincinnati et à l'US Open où il est battu d'entrée par des joueurs nettement moins bien classés que lui. Sa tournée asiatique est également ratée mais il retrouve le sourire en Europe. Il atteint les quarts à Stockholm et à Bâle et, surtout, il remporte son premier Masters 1000 à Paris. Même si son tableau était particulièrement dégagé, cette victoire lui permet de faire son entrée dans le Top 10 et, surtout, de disputer le Masters.

Un Masters où il est loin de faire de la figuration alors qu'il n'avait battu qu'une seule fois l'un des 7 autres participants (Thiem, à Paris en 2016). A Londres, il bat Cilic et Zverev en poules et décroche la deuxième place de son groupe avant de n'être battu qu'en trois sets par Dimitrov en demi. Ancien très bon junior (il avait remporté l'US Open), Sock avait préféré, dans un premier temps, opter pour des études universitaires. Un bon choix puisqu'il a remporté le titre national quatre fois avec un ratio de 80 victoires pour aucune défaite. Un choix à son image, celle d'un joueur qui semble ne pas ressentir la pression du circuit et aime faire le show mais qui peut aussi se montrer diablement efficace, en simple comme en double. Il a en effet atteint la 6e place dans cette discipline et s'était imposé à Wimbledon en 2014.

9. Stanislas Wawrinka (SUI), n°4 fin 2016, 32 ans :

Stanislas Wawrinka aurait normalement dû être le 8e homme des Masters, à la place de Jack Sock. Présent à Londres ces quatre dernières saisons, le Suisse avait presque réussi à se hisser au niveau du « Big 4 » en remportant trois titres du Grand-Chelem (soit autant que Murray !). Mais une blessure a ruiné sa saison qu'il termine malgré tout dans le Top 10.

Wawrinka débute plutôt bien l’année avec une demi-finale à Brisbane (battu par Nishikori) et surtout à l'Open d'Australie. A Melbourne, où il s'était imposé en 2014, il bat Tsonga et ne cède qu'en cinq sets face à un Roger Federer pourtant sur un nuage. Gêné par une douleur au genou, il s'incline au premier tour à Dubai mais il revient fort à Indian Wells où il atteint la finale. Sur sa route, il bat Nishioka en huitième et Thiem en quart à chaque fois au tie-break du dernier set. C'est à nouveau Federer qui met fin à son parcours. A Miami, il se hisse en huitième où il est surpris par Alexander Zverev.

Le début de sa saison sur terre-battue est assez difficile. Il perd au troisième tour à Monte-Carlo et à Rome et dès son entrée à Madrid. Il demande alors une wild-card pour le tournoi de Genève où il s'impose sans avoir à rencontrer de joueur du Top 20. Sur sa lancée, il réussit un très beau parcours à Roland-Garros où il aligne des victoires sur Monfils, Cilic et Murray (en cinq sets contre ce dernier) pour atteindre une deuxième finale, deux ans après son titre. Mais il y est largement dominé par Nadal. Sa saison sur gazon est par contre totalement ratée puisqu'il s'incline d'entrée au Queen's et à Wimbledon.

Cette double déconvenue est due à son genou qui le fait à nouveau souffrir. Avant le début de la tournée américaine, il annonce qu'il va se faire opérer et qu'il ne jouera plus en 2017. Il manque donc l'US Open, le premier Grand-Chelem où il ne participe pas depuis Roland-Garros 2005 soit une série ininterrompue de 60 Majors. En fin d'année, il annonce sa séparation avec Magnus Norman, l’entraîneur qui l'avait aidé à arriver au sommet.

10. Pablo Carreno Busta (ESP), n°30 fin 2016, 26 ans :

En plus de Zverev, Goffin et Sock, un quatrième joueur a fait son entrée dans le Top 10 cette saison, il s'agit de Pablo Carreno Busta. Révélé en 2013, l'Espagnol avait remporté six titres consécutifs en Futures, puis atteint sa première demi-finale sur le circuit ATP. Au classement, ces performances lui avait permis de faire son entrée dans le Top 100 en juillet alors qu'il débutait 2013 à la 654e place. Il a ensuite stagné pendant trois ans avant de remporter ses deux premiers titres à Winston-Salem et à Moscou fin 2016.

Cette année, il débute par un quart à Sydney mais est surpris en cinq sets au troisième tour de l'Open d'Australie par Istomin (vainqueur de Djokovic au tour précédant). Sa tournée sud-américaine est vraiment réussie puisqu'il atteint les demi-finales à Buenos Aires et Sao Paulo et, surtout, une finale au « ATP 500 » de Rio. Mais c'est une première demi-finale en Masters 1000 à Indian Wells qui marque son début de saison. Sa préparation à Roland-Garros est mitigée. Il remporte bien le tournoi d'Estoril mais est surpris d'entrée à Madrid et au deuxième tour à Rome. Il se reprend heureusement pour le Grand-Chelem parisien où il se hisse en quart (une première pour lui en « Major ») en dominant Dimitrov et Raonic. Il est malheureusement contraint de jeter l'éponge au bout de 51 minutes contre Nadal en raison d'une blessure aux abdominaux.

Il fait ensuite l'impasse sur la saison sur gazon pour se soigner et peine à retrouver son niveau en début d'été. Il se fraye un passage dans le tableau décimé de l'US Open pour rejoindre les demi-finales où il s'incline contre Anderson en 4 sets. Cette performance lui permet de faire son entrée dans le Top 10 et le place même en position de se qualifier pour le Masters. Mais sa fin de saison est vraiment catastrophique et il ne remporte qu'un match en cinq tournois. Finalement, il se rend à Londres dans le costume de premier remplaçant et peut tout de même participer au tournoi des Maîtres après l'abandon de Nadal mais pour perdre deux matchs de plus.

Comme Jack Sock, Carreno Busta à la particularité de très bien jouer également en double comme le prouvent sa finale à l'US Open 2016 et sa demi à l'Open d'Australie cette année. Depuis plus de dix ans, les cas de joueurs qui disputent les deux disciplines avec le même succès sont devenus extrêmement rares. C'est plutôt rafraîchissant d'avoir deux Top 10 qui fréquentent régulièrement le circuit de double et ça devrait redonner de l'attrait à celui-ci.