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Rencontre avec Kimberley Zimmermann

Kimberley Zimmermann a eu la chance exceptionnelle pour une jeune fille de 15 ans de partir s'entrainer aux Etats-Unis durant deux ans. De retour en Belgique, elle nous a reçu après son entrainement à l'Académie 6e sens de Justine Hénin, à Limelette.

A quel âge as-tu commencé le tennis ?

J'ai véritablement commencé vers 5 ans et demi, 6 ans, à raison d'une demi-heure par semaine. C'était au Royal Laeken TC, à Wemmel, près de chez moi. J'y suis resté un an. Puis, comme mon entraineur partait au Chalet, je l'ai suivi.

Tu viens d'une famille de sportif, est-ce que ça a également eu une importance dans le fait que tu t'impliques autant dans la pratique d'un sport ?

Oui, mes parents étaient de très bons athlètes (Ndlr : Michel Zimmermann a disputé la finale olympique du 400 mètres haies à Los Angeles et Corinne De Vrye a été championne de Belgique du saut en longueur) et mes cousins aussi font du sport à un très bon niveau. Après leurs carrières, mes parents sont devenus entraîneurs et je les ai très souvent suivis au stade. Je suis donc baignée dans le sport depuis ma naissance.

Pourquoi avoir choisi le tennis et pas l'athlétisme ?

En fait, tout est parti d'un jeu de jardin avec une balle en mousse que ma maman m'a offert quand j'étais toute petite. J'ai vite adoré ça et j'ai donc voulu me mettre au vrai tennis. Et puis il y avait aussi ma cousine (ndlr : Florence De Vrye) qui est une très bonne joueuse.

Est-ce que tu as rapidement été une des meilleures de ta génération ?

Mmmh, pas immédiatement. J'étais forte mais il y avait toujours certaines joueuses que je ne parvenais pas à battre comme Valentine Grandjean. C'est vers 8 ans que j'ai commencé à battre aussi ces filles-là.

Quel a été la suite de ton parcours ?

J'ai été repérée par l'AFT lors du critérium national. Je suis alors entrée dans leur structure et y suis restée de 8 à 13 ans. A 11 ans, ils m'ont proposé d'y poursuivre mon parcours en internat mais je n'étais pas prête à franchir ce cap. Deux ans plus tard, ils m'ont refait la même proposition mais c'était, cette fois, à prendre ou à laisser.

Et quelle a été ta décision ?

Je n'ai pas hésité très longtemps. William Froidville, qui me suivait à l'AFT, est devenu manager du Club Justine N1 à Limelette et m'a proposé au même moment de partir en internat aux Etats-Unis pour le compte de l'Académie 6e Sens. Comme j'avais confiance en lui, ainsi qu'en Michaël Dermience, le nouveau responsable de l'académie en Floride, j'ai décidé de partir.

Pourquoi cette proposition de partir directement là-bas ?

J'avais, à l'époque, un gros point faible émotionnel. En m'éloignant de mes parents, ils voulaient me faire gagner en autonomie et en maturité.

C'est un énorme changement. Ca n'a pas dû être facile. Tu parlais anglais ?

Pas du tout. J'avais fait du néerlandais en deuxième langue ici et je ne parlais pas un mot d'anglais. L'adaptation n'a donc pas été facile mais je n'avais pas le choix.

Et être éloignée de tes parents n'était-il pas trop dur ?

Au début, si. Heureusement, il existe maintenant des moyens de communication comme Skype qui permettent de rester en contact. Et puis, on apprend à se détacher. En fait, j'étais accueillie dans la famille de Michaël Dermience qui a deux filles dont une de mon âge. Je n'étais donc pas totalement abandonnée.

Comment se passe la vie d'une jeune fille de 15 ans en Floride ? Est-ce très différent d'ici ?

Vu que j'étais donc partie là-bas avec d'autres Belges, je parlais encore français la plupart du temps. Ma vie n'était pas très différente d'ici. Le week-end, on essayait de se distraire en allant au "Mall" ou dans les parcs d'attraction.

Au niveau des études, tu suivais les cours en anglais ?

Non, non, je suis le programme d'étude par correspondance de la Communauté Française. J'ai presque terminé mon deuxième degré, l'équivalent de la quatrième année secondaire donc.

A quoi ressemble une journée type à l'académie 6e Sens ?

On joue trois heures de tennis par jour, du lundi au vendredi. Et deux heures le samedi. Et il y a en plus une heure trente de physique tous les jours.

L'accent est mis sur le physique ?

On est suivi par l'équipe de Pat Etcheberry. Tous les jours, on entrainait un aspect différent : la force, la coordination, l'endurance, la vitesse,... Et puis il y avait parfois des entrainements spécifiques selon le joueur.

Qu'as-tu travaillé le plus depuis que tu es partie en Floride ?

Au début, on a pas mal travaillé mon coup droit. Mais c'est surtout au point de vue mental que j'ai beaucoup appris. Je parviens mieux à me prendre en main aujourd'hui.

Tu montes assez souvent au filet, ce qui est rare chez les filles. Est-ce quelque chose que tu travailles spécifiquement ?

Pas vraiment, non. On fait parfois des jeux de service-volée à l'entrainement mais pas souvent. Mais c'est un coup que j'aime bien.

Quand retournes-tu en Floride ?

Je n'y retourne pas. Je devais normalement y passer encore un mois avant de partir en Asie pour débuter la saison par trois Grades 1. Mais Michaël Dermience a remis sa démission et je n'ai pas d'autre choix que de revenir vivre ici. Je continue à m'entraîner à l'Académie jusqu'à la fin de mon contrat, en août. Après, on verra ce qu'ils me proposeront.

L'académie commence à avoir une très bonne réputation. Tu y as croisé des joueurs professionnels ?

Oui, Daniela Hantuchova est passée. Il y a eu aussi des joueurs ATP que je ne connaissais pas. Des Mexicains.

As-tu eu l'occasion de taper la balle avec eux ?

Non, pas vraiment.

Et avec Justine ?

Elle est passée en Floride mais j'étais malade à ce moment-là. Mais j'ai déjà pu jouer avec elle une ou deux fois ici, à Limelette.

Elle vient d'annoncer son retrait de la compétition. Quel est ton sentiment à ce sujet ?

C'est vraiment dommage pour le tennis féminin belge. Je suis triste pour elle. Elle a vraiment tout donné pour revenir à son meilleur niveau. C'est dur.

Quel regard portes-tu sur sa carrière ?

C'est formidable. Elle a quasiment tout gagné. Sept Grand-Chelems, le Masters... Il ne lui a manqué que Wimbledon. Elle a atteint presque tous ses objectifs.

C'est un modèle pour toi ?

Certainement. C'est un exemple à suivre. Elle s'implique tellement dans tout ce qu'elle fait.

Ces dernières années, tu as pris l'habitude de prendre part à des tournois au-dessus de ta catégorie. A 14 ans, tu jouais déjà en junior et l'année passée, tu as disputé tes premiers tournois pros. Est-ce un choix personnel ou la philosophie de l'académie ?

Un peu les deux. C'est vrai qu'en 16 ans et moins, il n'y a pas grand monde qui joue. J'ai disputé trois tournois dans cette catégorie, quand j'avais 13 ans, et j'étais déjà environ 125e. On a donc fait le choix, avec Michaël Dermience, de disputer déjà des tournois professionnels. C'est aussi un choix financier parce que les déplacements vers les tournois internationaux coûtent cher.

Heureusement, tu as pu obtenir des wild-cards.

Oui, c'est l'AFT qui me les a procurées. C'est une chance parce que les qualifications dans ces tournois sont très difficiles. Il y a trois voire quatre matchs dont certains sont plus durs que dans le tableau final. Quand on en sort, on a parfois la chance de jouer face à une adversaire qu'on doit battre mais on est trop fatiguée. Et pourtant, c'est le match le plus important, le seul qui rapporte un point WTA.

Quel est ton meilleur souvenir dans tous les tournois que tu as disputé ?

Depuis mes premiers tournois, je dirais mon titre de Championne de Belgique chez les 10 ans, en 2005. Même si ça remonte à longtemps, c'était vraiment marquant parce que c'est chez soi. Et toute la famille est dans le public. En fait, à ce niveau-là, la famille est le public. Sinon, il y a aussi mon titre dans un Grade 4 à la Barbade. Déjà, le coin était très sympa. Et puis l'organisation était excellente. Tous les gens étaient très accueillants et d'une grande aide.

Et lors de tes premiers pas sur le grand circuit, l'été dernier ?

Le Charles-Quint, bien sûr. D'abord, c'est aussi très bien organisé et puis j'y ai gagné mon premier point WTA. C'était un peu un challenge pour moi d'en gagner un durant l'été et y parvenir dès le premier tournoi, c'était super.

As-tu aussi connu des moments plus difficiles ?

Les moments difficiles, ce sont tous les matchs que j'ai perdus alors que je tenais la rencontre en main avant de perdre le fil. Mais le plus dur, ce sont les blessures et les longues périodes où on ne peut pas jouer qui en découlent. Heureusement, je n'en ai pas trop eu jusqu'ici.

Quels sont tes objectifs cette saison ?

Là, j'ai déjà deux points WTA. J'aimerais bien en avoir un troisième rapidement pour pouvoir éviter les qualifications durant l'été. L'idéal serait de recevoir une invitation dans un $25.000 d'ici là. Au classement ITF, j'aimerais bien terminer la saison dans le Top 100. Mais le plus important, c'est surtout de continuer à progresser comme je l'ai fait depuis deux ans.

Et dans un futur plus lointain, où te vois-tu arriver ?

Comme tout le monde qui rêve de devenir professionnel, j'espère atteindre au moins le Top 50. Mais pour ça, il va falloir encore beaucoup travailler.