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Les autorités du tennis sont-elles tombées sur la tête ?

Le règlement a subi deux changements importants en vue de la saison 2006. Le circuit féminin d’une part et les doubles messieurs d’autre part sont concernés. La WTA a en effet décidé de supprimer les points bonus alors que l’ATP entend réduire la durée des matches de double.

La WTA a décidé de suivre l’exemple de l’ATP, en n’octroyant plus de points pour une victoire contre une joueuse classée dans le Top 500. L’ATP avait fin au système de points bonus en 2000. Lors des 6 premières semaines de 2006, l’entry-list des tournois se basera encore sur le classement WTA comprenant les points bonus. A partir de la septième semaine, ils appartiendront définitivement au passé. Ce délai s’explique par le fait que les entry-lists se basent sur le classement établi 6 semaines avant le début du tournoi et que les joueuses vont s’inscrire en fonction de l’ancien système classement.

Bien évidemment, ce changement va faciliter la compréhension du classement par le grand public. En effet, finis les comptes d’apothicaire pour déterminer les chances d’une joueuse d’accéder à la première place à condition de battre telle autre. Le classement d’une joueuse sera simplement basé sur sa progression dans un tournoi et plus sur les hasards du tirage au sort.

Il y a tout de même une objection à émettre. Est-il normal qu’une joueuse qui remporte un $10.000 sans avoir affronté une seule adversaire du Top 500 obtienne autant de points qu’une autre ayant gagné le même type de tournoi en venant à bout de la 240e et de la 270e mondiale ? Une joueuse n’a dès lors plus aucun intérêt à choisir un tournoi relevé en espérant décrocher quelques points bonus. Les joueuses qui disputent le circuit ITF (tournois dotés de $10.000 à $75.000) s’inscrivent généralement à plusieurs tournois la même semaine et choisissent au dernier moment lequel elles vont disputer en fonction des forces en présence. Elles opteront désormais bien souvent pour le tournoi le plus faible.

Le double dénaturé

En ce qui concerne le double masculin, c’est une véritable révolution qui a été imposée, unilatéralement, par l’ATP. Officiellement, il s’agit de rendre le jeu plus attractif. La règle du no-ad a été adoptée, le premier point gagné après 40-40 permettant de remporter le jeu.
A l’instar de ce qui se passe en double mixte, le troisième set est remplacé par un super tie-break (premier à 10).

Le raccourcissement des parties est sensé attirer à nouveau les joueurs de simple vers la compétition de double. Selon l’ATP, la longueur des matches est un frein à leur participation. Or, les spécialistes du double ont pris contact avec les 10 meilleurs joueurs de simple et ceux-ci leur ont affirmé que cette décision ne les inciterait pas plus à pratiquer le double.

Si l’on ne peut nier le malaise actuel du double, les spectateurs quittent en effet très souvent le court après le dernier simple, est-ce pour autant en bafouant l’esprit même du tennis que l’on va redonner vie au double? On assistera en outre à un système à deux vitesses puisque l’ITF et la WTA conservent les règles actuelles. Cela signifie donc que lors des Grands-Chelems et de la Coupe Davis, ainsi que lors des tournois satellites et futures, on jouera toujours selon la formule actuelle. Les femmes continueront à jouer comme avant.

L’ATP va même plus loin dans ses réformes puisqu’en 2008, c’est un classement combiné simple / double qui déterminera l’entry-list du double. Néanmoins, un joueur n’étant pas dans le tableau de simple ne pourra pas participer au double. Seules deux wild-cards seront octroyées par les organisateurs, et encore, aux joueurs possédant le meilleur classement combiné. Dès lors, les meilleurs spécialistes du double, tels les frères Bryan ou les Indiens Paes et Bhupathi, risquent d’être exclus des compétitions. On imagine assez facilement leur réaction et, d’ailleurs, ils se sont regroupés afin de défendre au mieux leurs intérêts face à l‘ATP. Par contre, les organisateurs de tournois se frottent les mains car les frais d ‘hébergement des joueurs seront nettement diminués.

Les vraies raisons du désintérêt du grand public ne sont-elles pas à rechercher du côté de l’absence totale de promotion du côté de l’ATP? Alors que l’lTF a récemment créé un classement combiné chez les juniors afin de les pousser à jouer en double, l’ATP prend le contre-pied et envoie aux jeunes le message suivant : « le double n’a pas d’avenir, consacrez-vous au simple » . Si le double n’est pas très populaire, est-ce pour autant parce que la qualité du jeu y est médiocre ? Ou est-ce parce que les doubles ne sont presque jamais télévisés ? A part la finale de Roland-Garros 2004 avec Olivier Rochus et Xavier Malisse et les matches de Coupe Davis, combien de doubles ont reçu les honneurs de la retransmission ? La programmation des tournois n’est-elle pas également responsable de cet état de fait lorsqu’elle relègue les demi-finales du double sur un court bis ou lorsqu’elle fait jouer la finale trois heures avant celle du simple ? Associer les joueurs de doubles aux clinics et aux autres événements de promotion du tournoi n’aiderait-il pas à les faire connaître du grand public ? Voilà autant de questions que l’ATP semble ne pas s’être posées, préférant agir sans consulter les principaux concernés : les spécialistes du double.