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Historique !


© J.C.Guerault

 

On en rêvait depuis que la petite Kim et la petite Justine ont réalisé leurs premiers exploits dans les compétitions de jeunes mais aujourd'hui, le rêve est devenu réalité. Oui, Mademoiselle Clijsters et Madame Hénin-Hardenne se disputeront ce samedi 7 juin 2003 la finale de Roland-Garros et oui, une Belge remportera un titre du Grand Chelem !

Dans la "journée belge" de Roland-Garros, ce fut d'abord la Limbourgeoise qui s'illustra face à Nadia Petrova, une joueuse qu'elle connaît bien pour l'avoir côtoyée dans les tournois juniors (la Russe a un an, jour pour jour, de plus que son adversaire). A la surprise générale, c'est la joueuse la moins expérimentée qui paraît la plus relâchée. Kim, elle, est tendue et assez inconstante, surtout en coup droit. Au fil des jeux, la tension monte chez la Belge et, à 4/4, l'agressivité de Petrova est récompensée par un break.

La Russe sert alors pour le set et se détache à 40/15 grâce à son excellent service. La première balle de set est sauvée avec une sacrée dose de chance quand l'amortie de Kim s'écrase sur la bande du filet et retombe, injouable, du côté de Petrova. Dès cet instant, Kim va se relâcher, devenir plus régulière, sauver la deuxième balle de set et débreaker directement. La Russe accuse le coup, ralentit le jeu et se fait dépasser par la Belge qui gagne un deuxième break et le set sur une accélération de coup droit.

Malgré deux balles de break dans le premier jeu, Petrova, émoussée physiquement, ne fera plus jamais illusion et c'est sur une amortie que Clijsters conclut le set (6/1) et le match. La fille de Leï atteint sa deuxième finale en Grand Chelem, deux ans après ce match exceptionnel perdu face à Capriati.

Comme à Charleston

Mais le plus beau reste à vivre pour les nombreux fans belges qui remplissent le central. Justine Hénin-Hardenne reste sur une victoire contre Serena Williams à Charleston mais la numéro 1 mondiale a fait tellement forte impression lors de son quart de finale face à Mauresmo qu'il est impensable de placer la Belge comme favorite de la rencontre.

D'emblée pourtant, la Rochefortoise paraît très concentrée sur sa technique et, surtout, sur sa tactique. Comme à Charleston elle varie énormément entre les longues balles très liftées et les balles basses très slicées, sans jamais oublier de prendre sa chance à chaque fois qu'une occasion se présente. Et, comme à Charleston, ce schéma de jeu gêne considérablement Williams qui commet beaucoup d'erreurs. Elle perd une première fois son service, puis une deuxième et notre compatriote mène déjà 3/0. Serena reviendra bien à 3/2 sur un sursaut d'orgueil mais Justine serre le jeu et séduit le public par ses accélérations. Elle conclut ce set parfait sur un ace (6/2).

Dans la deuxième manche, le match s'équilibre. Williams ajuste ses frappes et Juju est de plus en plus sur la défensive. Elle obtient pourtant deux balles de break au troisième jeu mais Serena les sauve brillamment. Les joueuses conservent leurs engagements jusqu'au huitième jeu où Justine se détache 40/15 mais montre les premiers signes de fébrilité qui permettent à l'Américaine de revenir. Celle-ci fait le break et sert pour le set à 5/3. A nouveau à l'attaque, la Belge prend le service de Serena mais reperd directement son engagement et le set (6/4).

L'apothéose

On croit alors que Justine a laissé passer sa chance, d'autant que l'Américaine devient de plus en plus précise et que la Belge semble marquer le pas physiquement. Serena mène vite 3/1, puis 4/2 mais ce septième jeu va être un tournant. Plusieurs décisions d'arbitrage sont contestées par Williams qui obtient gain de cause à chaque fois. A juste titre d'ailleurs comme le prouvent les ralentis. Mais il n'en faut pas plus pour que le public prenne en grippe l'Américaine et acclame notre compatriote. Désormais, chaque faute de Williams sera ponctuée par une volée de sifflet et c'est dans une ambiance digne de la Coupe Davis que Justine fait le contre-break et va se rasseoir au moment où commence une holà.

Galvanisée par les encouragements, la Rochefortoise gagne son service avec autorité et fait à nouveau le break sur un passing de revers gagnant. Elle mène 5/4 et va servir pour le match.

Comme à son habitude, Justine tremble au moment de conclure. Elle commet deux doubles fautes et perd son jeu blanc. Mais, alors qu'il y a un an une telle défaillance lui aurait été fatale, elle se reprend immédiatement et remporte un nouveau break.

Cette fois-ci, elle ne va plus laisser passer sa chance et se montre même extrêmement solide en terminant sur trois services gagnants. Serena quitte le court sous les huées après une poignée de main très froide mais il en faut plus pour gâcher la joie de Justine qui va réaliser son rêve d'enfance : jouer la finale de Roland-Garros.

Fête nationale

Cette édition du tournoi parisien marque décidément la fin d'une époque. D'abord parce qu'aucune des Williams n'est en finale (elles avaient trusté les huit dernières places de finaliste) et parce que Serena restait sur une série de 33 matchs gagnés dans les tournois majeurs. Ensuite parce que le tournoi ne sera pas remporté par une Américaine.

Il faut en effet remonter à la victoire de Mary Pierce au même endroit en 2000 pour retrouver une "non Américaine" au palmarès d'un Grand Chelem. Si l'on considère que la Française est à moitié Américaine (elle avait la double nationalité jusqu'à ses 18 ans) il faut encore remonter à l'année précédente et la victoire de Steffi Graf face à Martina Hingis. Quatre ans, soit 15 titres majeurs d'affilée ont donc été remportés par l'Oncle Sam. Ce Roland-Garros 2003 marque donc la fin d'un règne.

Si l'Amérique pleure, c'est la Belgique qui sourit. Samedi, elle fêtera la première victoire toutes catégories (à part chez les juniors) d'un de ses représentants en Grand Chelem. Entre Justine la Wallonne et Kim la Flamande, le cœur du pays va balancer mais une seule maxime prévaudra à l'heure de déboucher le champagne : "Que la meilleure gagne !".